:)
28 Mai 2012

Circus Maximus

Nine

par Dan Tordjman

Cinq ans. C’est le temps qu’il nous a fallu patienter avant de sonner clairons et trompettes. Quand Circus Maximus a annoncé la sortie de son nouvel album, l’une des plus ardentes arlésiennes a pris fin. Nine est le donc le tant attendu successeur d’Isolate encensé à sa sortie à juste titre, et permettant au groupe norvégien d’agrandir son noyau de fans lors d’une tournée et d’un concert mémorable en particulier avec Symphony X à Paris le 5 mars 2008. Cinq années se sont donc écoulées pendant lesquelles les membres du Grand Cirque, notamment Michael Eriksen et Truls Haugen, ont multiplié les projets parallèles. Grand bien leur a pris, on sent que les batteries ont été rechargées à bloc pour écrire ce nouveau chapitre.

Le piège, pour Circus Maximus, était de ne pas faire de redite. Isolate avait su parfaitement enchanter les fans, en dépit d’influences évidentes encore trop présentes. Or, on le sait, l’excitation liée à la sortie d’un nouveau disque est souvent éphémère et laisse place à la déception. Le précédent chapitre assombrissait un peu plus le canevas d’Eriksen & compagnie. On croyait que ce serait impossible mais le groupe fait un pas de plus vers la noirceur et les ténèbres. Par le biais d’une production plus grave et de morceaux lourds, mid-tempo comme « Architect of Fortune », « Reach Within » ou l’oriental « Namaste ». Des titres comme « Used » ou « I Am » font figure d’éclaircies bienvenues dans cet orage progressif. D’ailleurs, nous prenons le pari que le dernier cité sera bientôt incontournable sur scène. Tout comme « Burn After Reading » dont on ne perd une miette sur les neuf minutes et huit secondes.

La conclusion à tirer après plusieurs écoutes de Nine et de sa perle (il en fallait bien une) « Last Goodbye », est que Circus Maximus a réellement grandi. Les Norvégiens ont mis l’accent sur les ambiances. Pour eux, l’heure est à l’évolution. Finies les démonstrations (sauf pour Mats Haugen, mais bon dieu, qu’on ne s’en lasse pas !), notamment en ce qui concerne Michael Eriksen, tout en retenue et sensibilité, ce qui n’exclut toutefois pas quelques envolées bien senties. On se rend compte que ses différents projets annexes, notamment The Magnificent (merveille d’album AOR), l’ont mis plus à l’aise. A la différence d’Isolate sur lequel ses performances vocales le plaçaient au premier plan, l’artiste s’est cette fois-ci mis au même niveau que ses acolytes. Résultat : une cohésion encore plus forte et, comme Arjen Lucassen l’avait mentionné dans ces mêmes colonnes, il a bien envie de débaucher le chanteur pour le prochain Ayreon. Il aurait tort de s’en priver. Circus Maximus a su avec Nine se renouveler et mérite notre coup de chapeau, prouvant que l’attente en valait vraiment la peine. Allez, disons-le : cet album renvoie directement à Dream Theater qui avait su le faire avec Awake. Si 2012 était une boite de sucreries, Nine en serait à n’en pas douter l’un des meilleurs chocolats. Allez les gourmands, levez-la main !

Poster un commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir