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25 Mai 2012

Alexander Von Hagke

Fusion Nouvelle

par Jean-Philippe Haas

Jouer du saxophone avec Panzerballett est un sérieux gage d’ouverture d’esprit. On peut donc raisonnablement supposer qu’Alexander Von Hagke, pour son album solo, décide de sortir des sentiers battus. Loin des ardeurs métalliques de nos sidérurgistes d’Outre Rhin, Fusion Nouvelle s’emploie pourtant, malgré quelques audaces, à rester dans les clous de la prestigieuse maison ESC (Joe Zawinul, Maceo Parker,…). Un surcroît de vitalité et de généreuses touches de funk et de rock donnent toutefois à ce disque sorti tout droit de l’école jazz-fusion de belles couleurs modernes. Les premiers titres s’affairent certes à ne pas maltraiter les canons du genre. Avec la fraîcheur de sa jeunesse, Von Hagke revisite ainsi un style aux nombreuses déclinaisons. Mais dès « Mad Eye », le garçon desserre son nœud de cravate et prend une certaine distance avec les codes en vigueur, laissant parfois toute la puissance du rock s’engouffrer à sa suite (« Not in Wayne »). La guitare de Peter O’Mara va même jusqu’à injecter à « Skåne » des influences blues-rock et country. Il est ainsi une qualité qu’il faut reconnaître au jeune musicien allemand : il sait composer pour un groupe. En effet, tout au long du disque, les trilles de son saxophone (et occasionnellement de sa clarinette et de sa flûte) ne coupent jamais la parole à ceux qui l’accompagnent, dont certains ne sont autres que ses camarades de jeu de Panzerballett (Jan Zehrfeld à la guitare et Heiko Jung à la basse). Chacun de ces messieurs a toute latitude pour s’exprimer et y aller de son petit solo, sans que cela ne tourne à l’exercice gratuit, excepté peut-être sur le titre « je présente mes musiciens » (« Me and the Mike and the Music »). En définitive, si la fusion en question n’est pas si nouvelle que cela, elle balaie néanmoins un spectre suffisamment large pour combler n’importe quel amateur de Weather Report ou d’Herbie Hancock.

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