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24 Mai 2012

Skyharbor

Blinding White Noise: Illusion & Chaos

par Maxime Lalande

Du metal progressif indien, c’est assez rare pour ne pas passer inaperçu ; quelles sont donc les caractéristiques de cet album qui nous vient d’orient ? Skyharbor est le projet solo de Keshav Dhar, jeune multi instrumentiste de New Delhi qui s’occupe ici à peu près de tout : guitare, basse, écriture, programmation, production… Ce qui ne l’a pas empêché de s’entourer de quelques invités plus célèbres, Marty Friedman en tête.

La ligne directrice du disque est donnée par des riffs de guitare à la distorsion froide et métallique qui couvrent la quasi-totalité de l’espace sonore. Il est difficile de discriminer chaque partie instrumentale et la voix peine à se détacher de cet imbroglio. Faute de goût ou erreur de mixage ? Difficile à dire puisque Keshav semble soucieux d’installer une ambiance particulière. Souvent déchainée (« Dots », « Trayus », « Aphasia »), parfois planante (« Night »), l’atmosphère est majoritairement pesante et empreinte, sporadiquement d’un caractère éthéré, immatériel.

Mais la dynamique insufflée par des riffs percutants et une batterie incisive ne parvient pas à compenser la pauvreté de l’orchestration. En résulte une musique très cohérente, trop peut-être au point d’en devenir épuisante, la répétition est de mise et la surprise n’est pas au rendez-vous. Le concept, bien qu’intrinsèquement galvaudé, a cependant le mérite d’explorer de nouvelles perspectives et de ne pas céder aux sirènes d’un metal super technique vu et revu. Keshav Dhar ne nous sert pas ces solos éculés si répandus dans le genre qu’il investit. C'est uniquement sur « Catharsis » et « Celestial », longues de plus de sept minutes chacune qu'on aura l'occasion d'entendre la guitare prendre des allures de soliste. Et force est de constater que ces apparitions, inspirées et maitrisées, ne sont pas accessoires. A fortiori, ce sont les deux morceaux les plus aboutis de l'album.

Il demeure malgré tout à la fin de l’écoute le sentiment de s’être fait écraser par cet univers lourd et oppressant sans jamais avoir eu l’occasion d’y pénétrer… En définitive on peut donc sans regrets passer à côté de cette musique qui n’a de refuge céleste que le nom.

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