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22 Mai 2012

Galahad

Battle Scars

par Jean-Philippe Haas

En 2007, avec Empires Never Last Galahad opérait un virage stylistique assez net. Ce changement de cap se poursuit aujourd’hui avec Battle Scars qui éloigne encore davantage le groupe de la poussiéreuse étiquette « néo prog ». Avec une production et un propos plus agressifs, plus modernes, ce nouvel album prend ses distances avec les clichés (qui a dit « les claviers » ?) d’un genre décliné à l’excès, au profit de sonorités électroniques. Les Britanniques ont ainsi trouvé un style qui ne renie pas le passé mais en expurge les aspects lourdingues. Il ne s’agit pas là d’un simple durcissement de ton lié à l’air du temps, les musiciens adoptent une posture bien plus proche de Porcupine Tree que d’Arena, tout en conservant une spécificité développée depuis Sleepers. Efficaces (« Reach For The Sun », « Singularity », « Bitter And Twisted ») ou contrastées (« Beyond The Barbed Wire », « Seize The Day »), les compositions reposent davantage sur leurs atmosphères particulières que sur de quelconques prouesses techniques et autres envolées instrumentales. Le final « Seize The Day » représente peut-être le mieux le nouveau Galahad : la douceur côtoie la rage d’un refrain accrocheur et puissant, la finesse et le grandiose marchent aux côtés de sonorités actuelles. Cerise sur le gâteau, « Sleepers 2012 » revisite et dépoussière l’une des compositions les plus remarquables du groupe, l’une de celles qui amorcèrent son émancipation dans les années quatre-vingt-dix. Battle Scars pourrait bien donner à nos vétérans une autre dimension et leur faire connaître enfin un succès bien mérité, y compris en dehors de la sphère néo prog. C’est tout ce qu’on leur souhaite, et c’est amplement mérité.

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