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21 Mai 2012

Hyperdump

Rational Pain

par Florent Canepa

Dans la famille boucher picard, je demande le fils. Hyper dopé, hyper actif, il s’arrache les entrailles d’un geste sûr, avec deux mains ça ira plus vite. Rejetons de lacérations métalliques aux doux noms de Spiritual Dissection ou Obdurated, les membres d’Hyperdump n’ont pas oublié d’appliquer la recette immanquable de violent et d’ambient. Ceux qui ne s’essoufflent pas devant les épaisseurs les plus sépulcrales de Strapping Young Lad ou Faith No More vont être aux anges justement. Enfin, aux diables.

Incantatoire, Hyperdump ne faiblit pas sur ce tout premier album dans sa distillation d’un metal tranchant (« Working Men », à faire trembler les Red Hot Chili Peppers). Clinique, il prodigue à pleins poumons les riffs convulsifs de Messhuggah, tout en les combinant à ce qui se fait de plus évident dans le heavy metal des années quatre-vingt (« Loser ») et la fusion des années quatre-vingt-dix (« Pig song », groovy). Nihiliste, il ne cherche pas le calme : les attaques sont incessantes, sous une production qui atteint le niveau plus que satisfaisant. Ce n’est pas parfait, mais la beauté des ruptures fait oublier les approximations. Les choeurs et les acoustiques un peu faiblards d’« Urizen » sont largement compensés par le déroulement général, industriellement déjanté. Le chant est bien tenu car varié, parfois proche du grand Patton, jusque dans la mélodie et dans l’éventail, de l’aérien à l’extrême (« Breaking Life »).

Il faut écouter Hyperdump. C’est ça, le metal français. Chez Klonosphère, pas chez Universal. Hyperdump possède encore un spectre un peu large mais gageons que ses membres sauront vite toucher directement au coeur, sans avoir même à disséquer le torse.

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