:)
04 Mai 2012

Torma Ferenc

I Cry Out Of The Wilderness

par Pierre Wawrzyniak

Guitariste d'After Crying, révélation progressive hongroise des années quatre-vingt-dix, Torma Ferenc resurgit des frontières du cosmos avec un album-ovni. I Cry Out Of The Wilderness est un disque très éclectique porté par une écriture, profonde et audacieuse, débridée de toute crainte de paraitre pompier à l'auditeur. Torma s'y revèle être un un multi-instrumentiste accompli : l'homme y tient magnanimement basse, guitares, claviers et orgues, s'entoure d'une quinzaine de musiciens classiques ainsi que de la voix généreuse et unique de Zold Csaba.

Conçu comme un biopic musical de la vie de Jean le Baptiste (ndlr : le type qui a annoncé la naissance de Jésus), l'aventure musicale aurait pu sombrer dans les méandres sucrés d'un christian prog poussif. Il n'en est rien. La force première de l'aventure de Torma est de mélanger des styles d'écriture et d'orchestration chevauchant l'ère médiévale, le renouveau de la musique classique du début du siècle dernier (Stravinsky en tête) et le rock progressif moderne. Doté d'une véritable science de l'arrangement, Torma procure à l'auditeur de véritables moments de vertige lorsque les boucles électroniques rejoignent les sons d'orchestre.

Il se dégage de l'album une impression viscérale de lutte et d'espoir. Par des alternances de moments crépusculaires et de montées électr(on)iques puissantes, Férenc implique son audience dans un peplum intelligent où saillies savantes et bourrées héroïques s'équilibrent mutuellement. Animé de la plus pure des intentions, 'éliminer les barrières entre les genres musicaux en faisant cohabiter rock et classique', Torma adresse une gifle puissante à tous ceux qui ne croyaient plus que le pompeux et l'expérimental puissent encore coexister.

Anti-Neal Morse par la partition, Mr Ferenc mérite amplement la reconnaissance des contre-pouvoirs du prog commercial. Un bien bel ouvrage !

Poster un commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir