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02 Mai 2012

Sonata Arctica

Unia

par Maxime Lalande

Dans l’art du power metal symphonique, voilà un groupe bien inspiré. Sonata Arctica doit ici donner suite au très plébiscité Reckoning Night, album déchaîné dont le tempo ravageur en a entraîné plus d’un. Inutile de dire qu’après cette dernière production, la formation se trouvait dans l’impasse, contrainte de prendre une nouvelle orientation au risque de perdre une partie de son public.

Unia (littéralement « des rêves » en finnois) nous immerge ici dans une ambiance chaleureuse et festive. Le tempo est plus lent que sur l’album précédent (difficile de faire plus rapide, me direz-vous) et les compositions n’en sont que plus percutantes. Les soli de guitare et de keytar (le fameux clavier à bandoulière porté par Henrik Klingenberg) sont moins présents que sur le disque précédent. Ce constat va de pair avec une nouvelle orientation qui semble délaisser ce côté démonstratif associé au power metal pour se tourner vers un travail plus mesuré. Tony Kakko explore alors de nouveaux horizons et c’est ici le travail vocal qui est placé au premier plan. A sa voix chaude, qui a tendance à saturer et à devenir un brin désagréable lorsqu’il donne un peu de puissance (ce qui s’avère gênant quand on chante du power metal), il accorde un traitement tout particulier. On la verra rarement seule dans ces registres criés et le doublement (assuré par le chanteur lui-même ou par des chœurs) donne à la musique une dynamique et une énergie extraordinaire. Et l’essentiel est là, car, qu’apprécie-t-on le plus chez Sonata Arctica si ce n’est l’énergie que dégage leur oeuvre ?

Au-delà de cette nouvelle orientation plus vocale, Unia constitue une réelle prise de risque, et les choix qui sont faits délaissent l’efficacité aux premières écoutes pour gagner en profondeur et en identité affirmée. Piano clair, violon et violoncelles, un thème magistral, un chant péchu, un jeu de batterie syncopé et c’est le feu d’artifice musical : il fallait oser, « My Dream’s But A Drop Of Fuel For A Nightmare » en est l’expression la plus brillante. Le mélange des genres n’est pas un obstacle pour un compositeur qui nous montre que sa créativité sait s’affranchir des limites imposées par l’appartenance à un style.

Unia nous livre cependant une production assez crade et c’est regrettable, au vu de la qualité de la musique par ailleurs. A leur décharge ils jouent dans un registre où la prépondérance des distorsions et la superposition de nombreuses parties instrumentales rend la tâche particulièrement difficile. C’est donc une production perfectible parmi tant d’autres. En outre l’album a de quoi faire rêver plus d’un metalleux pour peu que celui-ci ait assez d’ouverture d’esprit pour accueillir le changement avec bienveillance.

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