:)
30 Avril 2012

Affector

Harmagedon

par Dan Tordjman

A moins d’avoir été cryogénisé ou d’avoir vécu dernièrement dans une grotte, vous n’êtes pas sans savoir que la fin du monde est programmée pour le vingt-et-un décembre prochain, si l’on en croit les Mayas. Dès lors, on peut se poser des questions sur le degré d’ironie d’Affector qui a intitulé, non sans humour, son premier album : Harmagedon. Mais qui se cache donc derrière le nom de cette formation ? Ce qui devait être, au départ, le projet du guitariste Daniel Fries et du batteur Collin Leijenaar (Neal Morse, Dilemma) a vite pris la tournure d’un véritable groupe avec l’arrivée de Mike LePond (Symphony X) et de Ted Leonard (Enchant, Spock’s Beard, Thought Chamber).

Comme mentionné en début d’article, il est question ici de la fin du monde. Par conséquent, on devine que les musiciens ont puisé dans la Bible, l’épuisant jusqu’à la reliure. Il faut cependant mettre les choses au clair : si Affector n’a pas pour objectif de révolutionner la musique, il a pour mérite de bien faire les choses. Les amateurs de nouvelles sensations fortes, lassés d’entendre le même plan mille fois éculé, peuvent d’ores et déjà arrêter de lire cette chronique. Les autres, que la redite ne dérange pas surtout lorsqu’elle est bien effectuée comme c’est le cas ici, embarquent pour un voyage ayant pour destination les Temps Anciens.

Passons sur le côté obsolète et « facile » du concept afin de nous attarder davantage sur la musique. Sans surprise, la durée des titres plante le décor : des sempiternels morceaux déstructurés et à tiroir. D’autre part, on appréciera la cohérence du propos sur des pièces comme « Salvation » et « The Rapture ». A l’inverse, on sera étonné du côté aérien (toutes proportions gardées) de « Falling Away & Rise Of The Beast ». Ajoutez à cela quelques coups de poker comme ce passage aux couleurs latines sur le titre éponyme, et vous obtenez une certaine dose d’inattendu sur un album destiné a priori à être descendu par la critique tant il reprend des recettes maintes fois utilisées.

Alors, pourquoi diable Chromatique attribue-t-il un huit à ce disque ? Pour plusieurs raisons. D’abord parce que la sincérité première du propos relaté y a incité le rédacteur (Notez toutefois que l’abus de la religion et de ses références est dangereux pour la santé). Ensuite, car le CV des protagonistes présents, sans compter quelques invités inconnus comme Neal Morse, Alex Argento, Jordan Rudess et Derek Sherinian – rien que ça ! – mérite que l’on s’y penche. Enfin, pour entendre Ted Leonard chanter sur une musique bien plus heavy qu’à l’accoutumée et surtout bien mieux cousue que sur Thought Chamber. Et dire qu’il doit également enregistrer les nouveaux disques de Spock’s Beard, Thought Chamber et Enchant en cette année de supposée apocalypse ! Pour finir, disons simplement que ça fait parfois du bien d’écouter un bon album de metal progressif à l’ancienne, bien produit et bien interprété. De plus, si la prophétie maya s’avère, que la fin du monde est bel et bien proche, autant se mettre immédiatement dans le bain. Quoi de mieux qu’Harmagedon pour cela ?

Poster un commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir