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19 Avril 2012

Landscape

Outside of Nowhere

par Renaud Besse Bourdier

Derrière une pochette outrageusement kitsch (et donc, outrageusement prog diront les mauvaises langues) se cache le premier effort d'une bande de Polonais prêt à se lancer dans le monde de la musique. Formé selon le site du groupe aux alentours de 2008 à Varsovie, Landscape sort en 2011 son premier album intitulé Outside Of Nowhere.

La musique est tout de suite très accessible. Ici, point de longues pièces instrumentales, de solos aussi longs qu'un Chatelet-Bagneux ni d'expérimentations à la John Zorn. Landscape va à l'essentiel : des mélodies riches et colorées, agrémentées de riffs qui sont toujours là pour servir la musique, et non l'inverse. Le groupe semble s'inspirer du Dream Theater de l'époque Images And Words (la piste éponyme rappelle « Take The Time »). Cependant Outside Of Nowhere est bien plus épurée, bien moins technique dans son résultat ; en somme, bien plus une musique pour le cœur qu'une musique pour le cerveau. S'il fallait choisir deux éléments au sein de l'album qui ont de quoi séduire, ce serait la voix du chanteur, un peu rauque mais toujours juste, et la qualité du jeu de batterie qui accompagne les passages les plus calmes.

Cependant, si l'ensemble reste convaincant, Landscape n'échappe tout de même pas à quelques fautes de goûts ; certaines pistes sont encore trop pleines de clichées (« Trail of Memories », « Circles ») et les solos manquent globalement d'intérêt. Par ailleurs, le mixage des instruments et de la voix est loin d'être parfait et étouffe malheureusement les nuances de la musique.

D'ici à sa prochaine sortie, le groupe a donc de quoi progresser. Toujours est-il que Landscape a du potentiel et montre à son tour qu'en Europe de l'est, le rock progressif n'est pas une nature morte.

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