:)
17 Avril 2012

Man On Fire

Chrysalis

par Florent Canepa

Une pochette intrigante, sombre et végétale comme celle d’Emilie Simon, un nom qui enflamme, la chrysalide qui nous est offerte se transformera-t-elle donc en papillon? Sur le papier, après quinze ans d’existence, Man on fire a traversé un paysage progressif sans vraiment exploser, même si les participations du violoniste de Kansas ou encore d’Adrien Belew de King Crimson sur de précédents chapitres paraissaient subtiles. Le groupe est avant tout caractérisé par l’omnipotence d’une basse fretless profonde qui laisse traîner sur tout le disque une pulsation groove, les cuivres souvent présents (« A bedtime story »), accentuant cette topographie vintage réussie.

Ils ne sont pas du Kansas, eux, mais d’Atlanta, et semblent avoir un but précis : réconcilier en un tour de bras, fans de jazz, de soul et de rock, un peu comme y excellait à une certaine époque Dave Matthews (« In a sense »). Impossible pour celui qui a suivi King’s X de ne pas apprécier la démarche globale, dès le premier titre, à commencer par la voix du chanteur, qui n’a souvent pas à pâlir face à Doug Pinnick. Il a fallu peut être passer à six membres (une toute nouvelle formation) pour parachever ce travail, mais on sent que la patte des deux instigateurs, Jeff Hodges, aux claviers et au chant, et Eric Sands à la basse et aux guitares est révélée à chaque instant.

La particularité de leur mixture musicale heureuse est sa grande accessibilité : même si les constructions ne sont pas non plus simplettes, il se dégage de l’oeuvre une grande fluidité, un peu comme peut le proposer au gré de ses livraisons discographiques un groupe comme Yes. Mais à la froideur que l’on peut parfois percevoir chez les Anglais (et dans leur production, peut-être) se substitue quelque chose de réellement organique, comme le souligne leur label. Ce sont évidemment les poussées funk qui participent à cette ambiance, à la manière d’un Steve Vaï, dont on ressent l’influence sur la série de titres « Chrysalis ». Même si les boucles électroniques donneront la nauséeuse impression à certains de se replonger dans une époque où Japan et Duran Duran donnaient le la, leur introduction dans un univers beaucoup plus diversifié offre un nouveau sens à l’ensemble.

Au fil des écoutes, les fans de Rush retrouveront évidemment dans Chrysalis la saveur du groupe canadien, la basse surmixée n’y étant bien sûr pas étrangère. Mais ce qui est plus fort encore, c’est cette impression que l’album ne fait que s’étoffer tout au long des neuf pistes qui le composent. « The projectionist », à cet égard, incluant voix féminines et lignes de violon, en est un bel exemple, de même que le titre de clôture, un peu plus long, qui propose un joyeux mélange (sa version instrumentale étant, elle, sûrement redondante). Bref, un album chroniqué un peu tard mais qui mérite définitivement toute notre attention !

Poster un commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir