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13 Avril 2012

Meniscus

War of Currents

par Christophe Manhès

Pas de doute, les « post-rockeux » sont les nouveaux romantiques. Comme dans les poèmes symphoniques du XIXe siècle, le post-rock s’exprime par envolées lyriques et s’épanouit au travers de longues méditations d’une envergure souvent ample et dramatique. Sensibilité et mélancolie y dépassent idéalement la dimension purement humaine pour y atteindre une vison volontairement grandiose. Comme pour chaque grand mouvement musical, des formations comme Talk Talk et Godspeed You! Black Emperor hier, et Russian Circles aujourd’hui, ont su apporter quelques chefs-d'oeuvre à cette approche somme toute très esthétisante. Mais le revers naturel de ce succès — relatif — c’est le nombre de groupes lancés dans ces puissantes aspirations qui se sont trop facilement embourbés dans un sentimentalisme crispant ou dans le coït neurasthénique. Et tel est le cas des Australiens de Meniscus.

Pourtant les bons ingrédients sont là, un son propre et dynamique qui vous bouscule presque physiquement, un léger assaisonnement electro, bien dosé, et l'ambition d’une scène large et poétique. Mais War of Currents se dégonfle trop souvent pour être vraiment recommandé. Volontiers intense, l’album rate ses climax et frustre l’auditeur pourtant mis en appétit. Et quand une rondelle post-rock perd son orbite, c’est un peu comme un western spaghetti sans duels hiératiques ou un nouvel album de Scorpion sans son mega-slow : il manque quelque chose d’essentiel !

Ce premier album de Meniscus ne bouleversera donc personne. Mais mieux libérées dans leurs élans et dirigées vers plus d’absolu, les qualités biens réelles de ces Wallabies, nourris aux grands horizons, pourraient finir par nous taper en pleine gueule. Ce n’est déjà pas si mal de nous en convaincre.

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