:|
03 Avril 2012

Amoeba Split

Dances of the Goodbyes

par Renaud Besse Bourdier

Dances of the Goodbyes est le premier album d'une bande d'allumés du bocal. Amoeba Split nous arrive tout droit d'Espagne et sent bon le climat de la Galice : la musique est chaude et sujette aux coups de vents inattendus. Cette joyeuse bande espagnole mélange les influences de grands noms du rock progressif et de la musique Canterbury, et ce pour le plus grand bonheur de nos oreilles.

Le disque est composé de six pistes - dont la durée varie de cinquante-trois secondes à presque vingt-quatre minutes - qui mêlent habilement de longs délires instrumentaux avec des passages vocaux (en anglais) généralement plus calmes et contrastés. Le chant est malheureusement le point faible de Dances of the Goodbyes ; la chanteuse d'Amoeba Split a une voix très particulière (à laquelle s'ajoute un léger accent assez déroutant mais plutôt plaisant), parfois criarde, parfois un peu fausse dans les aigus. On s'y fait cependant au fil des écoutes, et les notes très haut perchées finissent par gagner un certain charme.

Mais la véritable force de cette œuvre est sans doute sa richesse et sa complexité musicale. C'est bien simple, les Espagnols parviennent à concilier l'imprévisible et le cohérent ; en d'autres termes, la déconstruction de l'harmonie est très habilement construite. La section rythmique irréprochable entraîne en son sillage une bande de flûtes et de saxophones déchaînés dans un style qui n'est pas sans rappeler Soft Machine (notamment sur « Blessed Water ». Les claviers et les guitares quant à eux ont une sacrée touche Robert Fripp version In The Court Of The Crimson King (« Perfurmed Garden »), ce qui n'est pas pour déplaire, bien au contraire.

Oscillant entre jazz et rock sans jamais vraiment se décider, Amoeba Split propose une musique à la fois chaleureuse et technique ; un petit plaisir pour le cœur et le cerveau. Que demander de plus ?

Poster un commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir