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13 Mars 2012

RPWL

Beyond Man and Time

par Florent Canepa

Si on a longtemps cru qu’RPWL ne suivrait que studieusement les routes floydiennes de par son passé de cover-band, force est de constater qu’aujourd’hui l’héritage n’est plus un fardeau. Et les ambitions sont grandes : pour commencer, Beyond Man and Time s’inspire d’« Ainsi parlait Zarathoustra… », rien que ça. Aurait-on donc affaire à une oeuvre intellectuelle et, si oui, est-elle géniale ou pédante ? En fait, les différentes pistes ne forment pas un concept-album à proprement parler, en ce sens qu’elles suivent des personnages, des représentations et non une histoire. Si bien que sans chronologie et servi par la seule voix de Jogi Lang, l’album ne souffre jamais vraiment d’aspects ronflants.

Au contraire même, les impressions et ambiances défilent paisiblement comme aux sages heures de The Flower Kings. Si on retrouve évidemment dans la voix du chanteur des accents gilmouriens, RPWL s’émancipe en louchant intelligemment sur King Crimson (« The ugliest man in the world », « We are what we are ») et même Porcupine Tree, première période (« Beyond man and time »). A la fois introspective et généreuse, la musique propose bien sûr ce qu’il faut d’ambiances aériennes servies en toute quiétude par les guitares planantes de Kalle Wallner. Werner Taus, qui a la tâche de faire oublier le départ du bassiste Chris Postl (le P de RPWL, quand même) se fond dans cette expérience à merveille, comme on peut le constater tout le long des seize minutes que dure « The Fisherman ». Un titre, sans jeu de mot, qui fait d’ailleurs penser à ce qu’on pouvait entendre chez Marillion période Fish : un mélange de psychédélisme joyeux et d’atmosphérique. C’est peut-être le seul reproche que l’on peut faire à un album qui n’offre pas vraiment une lecture moderne du rock progressif, telle que certains l’attendraient, sauf peut-être sur l’étonnant et presque trop pop « The Shadow ». Mais, c’est comme cela, quand tout se met si bien en place, le passéisme, quelque part, se mue en intemporalité.

« A 6000 pieds par-delà l’homme et le temps » était une inscription qui fut le révélateur de toute l’idée maîtresse du livre de Nietzsche. Cette nouvelle inscription de RPWL devrait leur assurer au moins le retour perpétuel, sans aucun doute.

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