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04 Février 2008

Depressive Art

Bye Bye Dear Everything

par Christophe Gigon
Depressive Art est une entité musicale suédoise créée en 2003 et signée en 2006 sur le label Wonderland Records. Le nom même du groupe reflète sa musique, plutôt sombre et mélancolique sans être jamais ennuyeuse ni pesante. L’ambiance générale de cet album inaugural, certes peu susceptible d’animer une soirée de mariage, reste tout de même très agréable et extrêmement mélodieuse. L’amateur éclairé pensera ipso facto aux atmosphères « mélancolicolugubres » tissées sur le magnifique album Let love in de Nick Cave et ses mauvaises graines. Une pochette désuète à souhaits, au mauvais goût assumé, achèvera de dégoûter le fan potentiel de Patrick Sébastien et de titiller les autres.

La musique proposée par la formation scandinave est fortement ancrée dans les sixties, terreau fertile s’il en est de la musique anglo-saxonne de qualité. C’est donc dans cet amalgame réussi entre mélodies mélancoliques et énergie « garage » très marquée chronologiquement que vient se nicher l’alchimie de Depressive Art. Et c’est aussi ce en quoi la musique proposée est progressive, dans son acception étymologique. Certes, le ton général pourrait sembler rétrograde vu la peine que se donne le sextette pour « sonner 60’s ». Mais la modernité de l’entreprise réside bel et bien dans cette tentative de réappropriation d’une époque révolue, pour en offrir une synthèse contemporaine incorporant divers éléments anachroniques : une production plus « eighties » qu’autre chose, et une voix assez détonante, à mi-chemin entre un Elvis malade et le chanteur à banane de la défunte Affaire Luis Trio, fleuron d’une certaine variété esthétisante franco-française (NdR : c’est l’Helvète qui s’exprime ici !).

Cependant, si la relecture du genre est appréciable, les influences restent encore bien palpables. Citons en vrac Les Rolling Stones, MC5, les Kinks, les Who, les Byrds, Love ou même l’immanquable Led Zeppelin. Des orgues très ancestraux servent de socle à cette voix de crooner fatigué, une section rythmique jamais à la traîne, des guitares incisives et des mélodies immédiatement mémorisables, voilà la recette de Depressive Art pour éviter... la dépression. Et ça marche ! Leur art ne plonge pas l’auditeur dans la torpeur mais, au contraire, lui donne un bon coup de pied aux fesses, réparateur en ces périodes de musiques aseptisées (qui n’ont naturellement pas droit de cité sur notre joli site).
  • Année: 2007
  • Label: Wonderland Records

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