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31 Janvier 2012

Anima Mundi

The Way

par Jean-Philippe Haas

Personne ne saurait affirmer en écoutant The Way que Cuba est la mère patrie d’Anima Mundi. Il n’y a en effet aucune trace de la tradition musicale de l’île dans l’œuvre de ce quintette - quatre hommes et une femme - bien décidé à faire entendre la voix du rock progressif canonique depuis un lieu aussi inattendu que les Antilles.

Au fil des années, les compositions des Cubains se sont allongées, tant et si bien que leur troisième disque n’en compte que quatre, dont le très consistant « Spring Knocks on the Door of Men » qui, du haut de ses vingt-six minutes, étale toute sa splendeur en de multiples variations : sobriété prêchée par une guitare acoustique et une flûte ou, le plus souvent, grandiloquence assumée à base d’épaisses nappes de claviers et de longues plaintes de guitare électrique. La prégnance des six cordes de Roberto Díaz, au travers de nombreux solos fortement inspirés par Rothery, Gilmour ou Hackett, constitue d’ailleurs l’une des caractéristiques marquantes de cet album.

Au jeu des ressemblances, « Time to Understand » porte la marque des Marillion et IQ des années quatre-vingt-dix, tandis que le reste est plus typique du néo progressif actuel, comme « Cosmic Man » qui fricote avec Arena ou Ayreon dans ses passages les plus vigoureux. Le chant de Carlos Sosa, entièrement en anglais, ne peut que susciter l’unanimité. Sa voix douce et expressive, qui évoque par moment Steve Hogarth, se pose comme une plume sur des titres souvent aériens.

The Way n’a peut-être pas la richesse instrumentale de Jagannath Orbit, mais il en conserve la préciosité et la finesse. Strictement déconseillé aux partisans de la modernité, il procurera aux autres des plaisirs coupables, tel un pot de Nutella attaqué à la cuillère.

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