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27 Janvier 2012

Vedres Csaba

Notes From Silence

par Renaud Besse Bourdier

En Italie, il y a Ludovico Einaudi ; en France, Yann Tiersen ; aux Etats-Unis, le grand Philip Glass, au Japon, Joe Hisaishi, et en Hongrie, le moins connu Vedres Csaba. Cet énergumène est un savant mélange de parents profs de piano et de jeunesse rythmée par les folies de Frank Zappa et King Crimson. Après quelques albums avec la fameuse formation After Crying, qu'il avait lui-même fondée, il se lance dans une carrière solo relativement fructueuse, et son dernier disque se nomme Notes From Silence.

Et alors, à quoi cela ressemble-t-il, Vedres Csaba ? La première chose que l'on remarque, c'est l'ambiance calme et mélancolique qui se dégage de l'ensemble. Les notes semblent effectivement sortir du silence, tant la musique est épurée. Certains morceaux ne comportent que du piano, d'autres du chant, voire des chœurs à la tonalité religio-épique (certains textes sont d'ailleurs directement tirés des Psaumes).

Le tout est frais, et surtout assez varié pour éviter l'ennui tout au long de l'écoute des seize pistes qui structurent le disque. En effet, comme c'est souvent le cas, le terme d'album « solo » est trompeur, puisque Vedres Csaba est accompagné par de nombreux chanteurs et chanteuses, musiciens et musiciennes. La musique reste tout de même très épurée, car il y a rarement plus de deux instruments par titre, ce qui n'empêche pas l’artiste hongrois d'offrir un spectre mélodique assez large. Ainsi, si certains morceaux rappellent la légèreté tristounette de Yann Tiersen, d'autres tendent carrément vers Aranis. Le chant est sans doute l'élément le plus surprenant : d'une part parce que l'on n'a pas forcément l'habitude d'entendre du hongrois, et d'autre part parce qu'il est très maîtrisé, aussi doux que le reste de la musique..

Cet aspect apaisé et relativement minimaliste de Notes From Silence déplaira sans aucun doute à certains ; d’autres trouveront l'album trop plat, et il est vrai que le disque manque de variations en terme d'intensité. Cependant il serait criminel de passer à côté d'une production aussi originale. Mine de rien, Vedres Csaba, ça fait plutôt du bien par où ça passe.

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