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26 Mai 2008

Caer Ibormeith

Flesh and Blood

par Guillaume Beauvois

Du flower death metal de leurs débuts au heavy pop rock, il y avait un grand pas qu'ont allègrement franchi les Savoyards de Caer Ibormeith. Mais quel est donc le rapport entre une divinité du folklore irlandais (la déesse du sommeil et des rêves) et la Savoie ? Aucun, au premier regard, si ce n'est un certain goût pour les plats au fromage fondu.

Les débuts du groupe sont tumultueux : les membres sont forgés au metal extrême et proposent une démo en 2004, alliant esprit flower power et death metal. Après moultes années de déboires, Alex M. (basse et chant) et Kevin Pierru (guitares et chants additionnels) décident de repartir sur de nouvelles bases. De ce revirement naît Flesh and Blood, album mêlant la force du metal et la légèreté de la variété. Le groupe a donc effectué un virage à 180 degrés en nous proposant un disque de pop rock assez édulcoré. On navigue assez rapidement d'eaux calmes - certes plombées mais sans remous - à d'autres mers, lisses. L'introductif « Deepness » annonce un album assez contemplatif, mais assez mou, ce que confirme le reste de l'album. Heureusement, quelques résurgences du passé violent des membres de Caer Ibormeith viennent réveiller l'auditeur, comme sur « Just Animals ». Parfois, une bonne progression d'ambiance, assez sourde et tendue, mène à un climat plus saturé. Ainsi des titres comme « Children of The Day » ou « Flesh and Blood » démontrent une certaine démarche d'écriture, assez intéressante. Cependant les mélodies proposées sont surentendues et lassent assez rapidement.

La production est plutôt correcte pour une auto-production : la qualité sonore est même très encourageante, mais on peut noter encore quelques écarts relevant d’un certain amateurisme : le chant est peu convaincant et certaines guitares sonnent parfois faux. Voilà qui est fort dommage. Ainsi, malgré de bonnes intentions, Caer Ibormeith n'arrive pas à la hauteur des ambitions rêvées. Une certaine maîtrise se fait bel et bien entendre, mais un réel manque d'originalité alourdit l'album et risque même de provoquer le sommeil. Bref, inutile de faire tout un fromage de ce Flesh and Blood, mais on peut l'apprécier comme un plat roboratif, à défaut de faire preuve de finesse et de recherche !

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