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29 Janvier 2008

Ayreon

Into the Electric Castle

par Guillaume Beauvois

Ayreon, un nom bien connu des amateurs de metal progressif et qui fleure bon l'opéra rock. Avec Ayreon nous entrons dans un monde où se côtoient le meilleur et le kitsch. Into the Electric Castle n’échappe pas à la règle.

Un disque d'Ayreon est synonyme de concept album et de grande histoire. Into the Electric Castle ne fait pas exception. Dans cet album, des personnages hétéroclites, sortes de figures emblématiques de l'histoire universelle (un romain, un barbare, un chevalier, un homme du futur, une indienne, une égyptienne, un highlander et un hippie) se retrouvent kidnappés et cherchent à comprendre les tenants et les aboutissants de tout cela. Chaque personnage se retrouve confronté à ses convictions, à ses craintes et à ses doutes. Cependant, l'"intrigue" peine un peu à démarrer. Il faut attendre « The Decision Tree » pour que les personnalités des individus s'affirment et que l'histoire pointe le bout de son nez, les chansons précédentes n'ayant servi qu'à présenter les personnages.

A l'image de la trame narrative, la musique prend vraiment toute sa dimension sur le deuxième CD. Un titre comme « The Castle Hall » (troisième titre du second disque), avec son introduction électro presque indus et son passage folk celtique, constitue l’un des points d'orgue de cet opus. Mais parallèlement, Arjen gratifie ses auditeurs de quelques moments très kitsch, telles les paroles du hippie, le refrain de « Tower of Hope » ou bien ces trompettes synthétiques, qui pourtant se voulaient épiques, sur les grunts de « Cosmic Fusion ».

Au niveau de l'écriture, on reconnaît tout de suite la patte d’Arjen Lucassen, qui brasse ses influences pour composer un ensemble très riche. On peut, au sein d'une même chanson, entendre un passage futuriste et un orgue à la Deep Purple. Par moments, nappes de claviers et arrangements font penser à un Mike Oldfield très inspiré. De même, Arjen maîtrise à la perfection le mélange entre riffs de guitare metal et séquences pop-folk mâtinées de musique celtique. Bref, il offre au progressiste assoiffé de variété un joyeux melting-pot musical illustrant une histoire aux personnages variés. Ces derniers sont interprétés par des invités de choix. On peut citer Fish (ex-Marillion) dans le rôle du Highlander, Anneke van Giersbergen (ex-Gathering) dans celui de l'Egyptienne et Sharon den Adel (Within Temptation) dans celui de l'Indienne. Chaque interprète parvient à donner du sens aux textes et à chanter de manière théâtrale et mélodique comme l'exige Ayreon. Comme à chacun de ses disques, Arjen a bien su s'entourer ! 

En définitive, Into the Electric Castle est un bon album de rock progressif qui réussit le tour de force d’étaler un concept sur deux disques. Et malgré les quelques points noirs qui parsèment l'ensemble, nous sommes en face d'un grand album !

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