:|
25 Février 2003

Conscience

Bereavement Before Dawn

par Florian Gonfreville

Conscience est un groupe francilien bien connu de nos services. Nous avons vu ce groupe évoluer depuis l’équipe des débuts et la sortie de leur démo, Bereavement Before Dawn, enregistrée par les soins du groupe et de Sébastien de Castro, est une bonne occasion pour se pencher sur leur musique.

On situe dès les premières secondes la ligne de cœur des cinq musiciens : oscillant clairement entre Pain of Salvation et Dream Theater, elle n’hésite pas à se détourner vers certaines périodes de Symphony X dans leurs moments calmes et de Metallica post-Black Album, impression amplifiée par nombre d’intonations du chant et de riffs de guitare, notamment sur « When It’s Over ». On eut pu choisir plus mauvaise voie, tout comme on eut pu choisir aussi plus mauvaise voix aussi tant il est vrai que Matthieu Gerbin, guitariste-chanteur, se débrouille plutôt bien, malgré une interprétation manquant de variété et – classique français - un accent à travailler.
Et au niveau musical, il n’est pas le seul à tenir son rang : malgré des longueurs assez flagrantes dans les titres, renforcées par une production claire mais plate et dépersonnalisée, le clavier de Gérald Tanty apporte régulièrement une touche dynamique bienvenue qui rappelle l’attention égarée de l’auditeur. Car les morceaux sont longs et linéaires, il faut le reconnaître, et tant de pistes ne sont pas explorées, pourtant promises à mi-mot ! Admettons cependant que rares sont les groupes qui ont triomphé sans blessure dans l’exercice du morceau de plus de dix minutes. Alors que deux titres de Bereavement… dépassent cette durée et qu’un troisième en fait plus de huit, l’utilité comme l’enchaînement naturel de nombre de passages ne sautent pas aux oreilles, donnant autant d’occasions à des écarts de mise en place. Les risques pris ne paient pas toujours, mais Conscience est un groupe qui a travaillé - cela s’entend - et initié un processus de maturation que l’on sent en cours.

Un peu de concision et paradoxalement de libération et d’exploration dans la créativité, et sans doute serons-nous en présence d’un groupe qui sait annoncer ce qu’il a à dire. Bereavement…est une première démo et en ce sens, un bon commencement. Il est rare de tout réussir du premier coup : si « science sans conscience n’est que ruine de l’âme », Conscience sans science aurait pu n'être que vulgaire. Ce n’est pas le cas : il ne faut surtout pas laisser tomber.

Poster un commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir