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08 Décembre 2011

Flaming Row

Elinoire

par Jean-Philippe Haas

Le petit label allemand Progressive Promotion Records soutient depuis 2005 des groupes de metal progressif à l’ancienne, germaniques pour la plupart. Parmi eux, citons Toxic Smile et Seven Steps To The Green Door, des formations qui ont déjà fait leurs preuves dans la niche musicale qu’ils représentent. Flaming Row entre aujourd’hui dans cette petite famille avec Elinoire, un album ambitieux, dont le concept (vous doutiez qu’il y en eût un ?) s’articule autour des drames qui surgissent dans une famille anglaise.

Martin Schnella a réuni autour de lui une impressionnante brochette de talents. Outre les quatre membres du groupe et quelques forces vives recrutées au sein du label, Gary Wehrkamp et Brendt Allman (Shadow Gallery), Billy Sherwood (Yes) et Jimmy Keegan (Spock’s Beard) sont venus apporter leur petite pierre à l’édifice, et interpréter l’un des rôles que leur a confié Schnella. Au total, une quinzaine de chanteurs et le double de musiciens interviennent de près ou de loin dans cette œuvre imposante.

La trilogie d’ouverture « Elinoire's Theme » / « Initiation Fugato » / « Overture » laisse augurer un rock/metal de haute volée fortement influencé par Spock’s Beard et Shadow Gallery. Les inclinations de Flaming Row privilégient toutefois cette dernière référence très largement. La contribution de la paire Wehrkamp/Allman est d’ailleurs prégnante au point qu’on se retrouve parfois plongé en plein Carved in Stone (« Elinoire » confine presque au cliché), harmonies vocales et flûte comprises. Si l’album se fond scrupuleusement dans les canons du heavy prog mélodique, d’autres genres sont abordés avec plus ou moins de bonheur. La power ballad chère aux groupes à voix féminine se trouve par exemple très bien (sur-)représentée. Citons aussi des titres comme « Rage of Despair », qui va partiellement empiéter sur le territoire du death mélodique, pendant que « Do You Like Country Grandpa ? » teste les amphétamines sur le folklore irlandais. Malgré tout, inévitablement, le disque s’essouffle un peu sur la durée. On ne s’éloigne jamais bien loin des rivages sus-cités, en particulier du metal symphonique de l’école suédoise. « A Place To Revive Your Soul » est un modèle dans le genre epic final.

Le casting de luxe, allié à la variété du chant, à une production résolument moderne et à la volonté de ne pas se cantonner dans un style en particulier parviennent à maintenir Elinoire à un niveau fort honorable, à défaut de lui conférer une réelle originalité. Tout le monde s’y retrouve : le label allemand renforce son écurie avec une très jolie recrue et le fan est conforté dans l’idée que le prog metal à l’ancienne n’est (toujours) pas mort.

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