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18 Novembre 2011

Diallèle

Cats

par Jean-Philippe Haas

En 2009, le premier disque éponyme de Diallèle promouvait un jazz-rock instrumental, vigoureux et coloré. Dans l’intervalle séparant ses deux productions, le trio originaire de Poitiers a quitté son label pour voler de ses propres ailes, donné pas mal de concerts et acquis de l’expérience au contact de la scène et d’autres artistes. La recette de Cats reste néanmoins la même : un saxophone vient égayer une redoutable section rythmique, parfois en simple mélodie d'accompagnement, parfois en pépiements hystériques.

Plus variée toutefois que précédemment, cette collection de onze titres ne laisse plus s'installer aucune hégémonie ; tout y est dialogues et unissons, prises et dons de parole. Des ambiances feutrées, mélancoliques succèdent à des passages tendus, parfois presque épileptiques où s'illustrent tour à tour les mélopées lancinantes ou incontrôlables du saxophone et les emballements fréquents de la paire guitare/batterie. Ces contrastes, particulièrement bien rendus dans la seconde moitié de l’album, et plus précisément sur le passionnant « Circus », retiennent l’attention en maintenant un certain effet de surprise.

La fraîcheur et l’immédiateté des titres doit beaucoup aux prises de son, effectuées à nouveau en live sessions sur une courte période. Si on peut supposer sans trop s'avancer que Cats est issu de jams endiablés, Diallèle ne se décide pourtant toujours pas à lâcher la bride à l’improvisation. « Impro » fait ainsi figure d'intrus, deux minutes de flottement parachutées au milieu de compositions aux structures plutôt bien définies.

Le premier album de Diallèle contenait de grandes promesses. Placé sous le signe du chat (un rapport avec le calendrier chinois ?), cette deuxième réalisation en tient quelques-unes sans concrétiser la totalité des espoirs qu'on pouvait raisonnablement placer en ce talentueux trio. Gageons qu’un futur troisième essai mette enfin tout le monde d’accord.

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