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15 Novembre 2011

Danger Mouse & Daniele Luppi

Rome

par Jean-Philippe Haas

Il aura fallu quelques années au producteur et DJ Brian Burton, alias Danger Mouse, pour concrétiser, en association avec le compositeur Daniele Luppi, ce projet d’album dédié à la musique de film italienne des années soixante-dix. Rome n’est pas en effet une œuvre conceptuelle dotée de thèmes récurrents et d'une trame narrative cohérente, mais un hommage aussi simple que sincère à un genre à la fois pompeux et délicieusement raffiné, voire novateur en son temps, largement popularisé par le cinéma transalpin de l’époque.

Le thème d’ouverture nous propulse d’emblée dans un western spaghetti dont Ennio Morricone aurait composé la bande originale. Car Daniele Luppi, s’il est bien moins connu que son aîné, ne cache pas ses influences et reprend scrupuleusement tous les ingrédients qui ont donné ses lettres de noblesse à cette déclinaison latine du film score : un habile mélange de musique classique, de pop gentille et de chœurs un peu kitsch où le célesta, les effets de guitare vintage et une basse chaude et ronde se taillent la part du lion. De belles mélodies, nostalgiques à souhait, beaucoup de soleil, de douceur et une production magnifiquement désuète encadrent les voix contrastées et complémentaires de Jack White et Norah Jones, qui apportent le piquant sans lequel une telle entreprise, aussi soigneusement orchestrée soit-elle, pourrait vite relever d'un vain exercice de style.

A l'heure où de nombreux artistes se tournent vers l'Âge d'Or des années soixante-dix, Rome choisit d'en honorer un fragment bien particulier, et remplit son contrat avec une aisance crâne. Si la durée de vie d'un tel disque reste encore à évaluer, il dispensera de nombreuses heures d'un plaisir passablement suranné et totalement assumé par ceux qui s'en délecteront.

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