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07 Novembre 2011

Neal Morse

Testimony 2: Live in Los Angeles

par David Ree

Imaginons un instant une chaîne de sandwichs XXL (format unique ‘Epic’ selon la terminologie de la maison) dont la diversité en légumes, en viande et autres ingrédients ferait que les possibilités de composition sont quasiment illimitées proportionnellement à la taille du pain. Elle s’appelle Neal Morse, comme son propriétaire. Chaque nouvelle saison voit arriver des menus inédits, parfois composés d’anciens epics remis au goût du jour et préparés quelque peu différemment. Suite à l'excessivement copieux More Is Never Enough sorti quelques semaines plus tôt sous l'enseigne Transatlantic, Morse nous sert aujourd'hui une version crue de Testimony 2 à peine plus digeste : il faut avoir sacrément faim pour s'avaler en un repas les presque trois heures qui constituent ses trois disques.

Décidément, Neal n'est pas du genre à renier ses réalisations passées. Testimony 2 se voulait déjà une suite à son premier chef d’œuvre solo ; qu’il fasse l’objet d’une relecture en direct comme son prédécesseur est moins étonnant que d'entendre ici quelques revenants issus de Lifeline, peu encensé par la critique. Le morceau éponyme et « Leviathan » ouvrent le bal, après une intro orchestrale qui n'est pas sans rappeler le final de l’Oiseau de feu tel qu’il introduit le Yessongs de Yes. Et de quelle manière ! Nulle trace de cette naïveté qu'on avait pu lui prêter à l'époque : la musique de Neal Morse prend une toute autre dimension sur scène ; le peu qu’elle perd en overdubs, elle le transcende en vitalité et en communication.

S'ensuivent quelques citations de One, puis de Sola Scriptura – on ne pioche pas impunément dans Question Mark, sans doute l'œuvre la plus homogène et la plus aboutie de l’artiste, comme on irait insérer un riff de « Smoke on the Water » entre deux séquences instrumentales en 7/8, pour le plaisir du geste. Deux disques de mise en bouche, donc, et nous voilà prêts à accueillir la suite du témoignage. Comme sur l'original, le musicien se met au service de l’homme spirituel dont toute la discographie post-Spock's Beard n’est que l'expression de sa foi. Une démarche à des années lumière de l'art pour l'art, et pourtant, l'authenticité, l'intégrité et le talent obligent l’auditeur à plier le genou. D'où viennent donc ce flot continu d’inspiration, cette force narrative et ce sens du drame, le tout exécuté de main de maître ?

Au premier abord, la recette morsienne n’a rien de secret ; on reconnaît le goût et la provenance de chaque partie suivant une analyse linéaire : un thème mélodique puissant, une variante, tiens, un violon irlandais par ci, un a capella à la Gentle Giant par là, retour du thème mais en mode mineur, quelques délires heavy à l’unisson… ce n'est pas en y ajoutant une boîte à rythme électronique à 27'33'' et en y retirant un Kyrie de moines tibétains avant le refrain final que l'on va lui donner un second souffle. Ce live est une énième occasion de percevoir l'unité de l'œuvre de Neal Morse, au-delà de la longueur caractéristique de ses epics que son auteur pond comme des petits pains.

Commentaires 

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