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21 Octobre 2011

Accordo dei Contrari

Kublai

par Aleksandr Lézy

Pas étonnant d’avoir attendu quatre longues années avant de pouvoir poser à nouveau l’oreille sur un album d’Accordo dei Contrari. Ce groupe italien formé en 2001 à Bologne avait grandement surpris en 2007 avec la sortie de son premier album Kinesis, un petit bijou de rock progressif finement joué et arrangé aux accents de Canterbury et de jazz-rock. Signé dans un premier temps chez AltRock Records, Kublai retourne à l’état d’autoproduction et cela ne semble en rien jouer sur la qualité de ce tout nouvel effort.

Accordo dei Contrari joue la carte du dynamisme mais aussi celle du mystère. Tantôt explosif dans la mise en avant de riffs de haute voltige, le quartet n’est pas en reste en ce qui concerne les ambiances voluptueuses comme sur « Arabesques », souvenirs d’Afrique du Nord avec l’utilisation du oud, instrument typique de cette région du globe et ses gammes orientales. La formation présente deux facettes musicales bien distinctes dans tous les registres. Suivant l’auteur des compositions, principalement Marco Marzo à la guitare ou Giovanni Parmeggiani à l’orgue Hammond, au Moog ou au piano électrique voire acoustique, les qualités mises en avant fluctuent d’un morceau à l’autre : la technique et le rythme pour le premier, la richesse des harmonies et l’emphase pour le second.

Sur un album presque purement instrumental, les Italiens se permettent les services de Richard Sinclair, premier bassiste de Caravan. L’Anglais vient pousser la chansonnette sur « L’Ombra di un Sogno », seul morceau chanté du disque. Ce titre fait office de véritable perle de rock progressif alliant sophistication, harmonie et lien avec le passé dans son exécution. Les aficionados de Magma y trouveront même leur compte. Antonio Cupertino réalise un enregistrement de haute voltige mettant en avant chaque subtilité du jeu des musiciens, tout en retranscrivant parfaitement l’osmose qui règne entre eux.

Ce qui caractérise Accordo dei Contrari, c’est cette propension à la rigueur. Rien n’est laissé au hasard, malgré un enregistrement en direct qui aurait pu s’avérer difficile et la complexité des harmonies et des textures de sons employées. Les arrangements sont tout simplement d’une rare intelligence. En seulement deux albums et six morceaux de plus à son actif, Accordo dei Contrari confirme sa réputation comme ses compatriotes de Deus Ex Machina l’avaient fait en leur temps. Bravissimo !

Commentaires 

#1 jeepax 21-10-2011 13:27
Excellent album, peut-être plus accessible que le précédent.
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