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10 Octobre 2011

White Willow

Terminal Twilight

par Jean-Philippe Haas

Les plus norvégophiles d’entre nous se souviennent sans aucun doute de White Willow, qui, en l’espace d’une paire d’albums majeurs sortis au milieu des années deux mille, passait du statut de groupe prometteur à celui de leader de la scène progressive scandinave. Il aura néanmoins fallu attendre cinq ans pour voir arriver le successeur de Signal To Noise. Cinq ans pendant lesquels la formation a une fois de plus été remaniée, avec notamment le retour au chant de Sylvia Skjellestad (Erichsen, du temps de Storm Season). La formation a par ailleurs pris sa destinée en main et c’est chez Termo Records, petit label monté par M. White Willow (Jacob Holm-Lupo) et Lars Fredrik Frøislie (Wobbler) que sort aujourd’hui Terminal Twilight. Une pléthore de musiciens participe à ce nouveau disque : citons Tim Browness (No-Man) au chant sur un « Kansas Regrets » très recueilli, ainsi que des membres d'Änglagård, Wobbler et Gösta Berlings Saga. Quand on vous dit que le prog scandinave est une grande famille…

S'il fallait extraire une caractéristique marquante de l’école nordique, ce serait vraisemblablement la langueur qui se dégage de la plupart des productions. Les titres, y compris celui de l’album, parlent d’eux-mêmes : White Willow se fond comme ses compatriotes dans cette description. Aussi proche de Paatos que d'Änglagård, la musique des Norvégiens conjugue un symphonisme plutôt exubérant avec des climats mélancoliques, mais conserve toutefois une composante mélodique qui tempère les idées noires. Dès que l'envie d’ouvrir le gaz ou d’avaler des cachets se fait sentir, un thème presque souriant – quand il ne s'agit pas des charmantes intonations à la Björk de Sylvia Skjellestad – vient interrompre le geste fatal. Si la flûte rend régulièrement son hommage aux sombres forêts septentrionales, les claviers (Fender Rhodes et Mellotron en tête) imposent leur domination. Ainsi, les guitares restent souvent confinées à un rôle rythmique d’arrière-plan, nonobstant quelques passages acoustiques bienvenus et une paire de solos épiques à la IQ, qui contestent parfois cette hégémonie. Courts ou plus développés, sobres ou chargés d'enluminures emphatiques, les huit titres font mouche.

Signal To Noise avait divisé par un changement de cap hésitant. Terminal Twilight fait une belle synthèse de tout ce que sait faire White Willow sans que l’ensemble ait à souffrir du manque d’unité. Avec le spleen automnal qui s’installe peu à peu, ce disque accessible et envoûtant accompagnera à merveille l’inexorable chute des feuilles…

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