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10 Décembre 2007

King Crimson

Beat

par Djul
Deuxième album de l’ère eighties pour King Crimson, Beat est un album de transition, extrêmement varié et qui, il faut le reconnaître n’a pas fait l’unanimité.

Les contrastes entre les morceaux « durs » et rigoristes de Fripp et ceux plus pop que peut produire le groupe maintenant qu’Adrian Belew a intégré le Crim’ sont encore plus marqués que dans Discipline. Ainsi, « Neal and Jack and Me », qui ouvre les hostilités, est l’un des seuls morceaux équilibrés du disque, avec un refrain accrocheur et habité de Belew, en opposition avec une trame musicale complexe et heurtée. « Waiting Man » est un peu dans la même lignée : une ouverture paisible où les percussions de Bruford font merveille, puis, avec l’arrivé d’un riff déglingué de Fripp, le groupe redémarre au quart de tour : très efficace.

Par la suite, le groupe propose soit des titres courts, qui pourraient facilement passer en radio, avec « Heartbeat » (probablement le morceau le plus commercial jamais enregistré par le groupe), et le très beau « Two Hands », composé par Belew et sa femme, et première vraie ballade de Krimson, qui réintégrera cette expérience dans le futur. Pour le reste, Fripp tend à s’éloigner de la marque de fabrique Red qu’il avait développé sur Discipline et s’oriente vers une musique toujours plus abstraite, comme sur la double conclusion avec le furieux « The Howler », quasi-industriel et l’évanescent et long titre qu’est « Requiem ».

Du point de vue de la production, le son du groupe devient très typé années 1980, bien plus que Discipline. Ce trait de caractère n’est d’ailleurs pas nécessairement un problème, car il contribue à la fraîcheur et la pêche des morceaux. Cet album trop court – 35 minutes à peine – est donc la transition entre le groupe de Discipline, pas encore émancipé du Krimson des années 1970 et celui de Three of a Perfect Pair, un Krimson totalement nouveau.
  • Année: 1982
  • Label: Discipline Global Mobile

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