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26 Avril 2011

TesseracT

One

par Renaud Besse Bourdier

Entièrement noire et ornée d’un sobre hypercube, la pochette du premier LP de TesseracT laisse présager une musique froide et calculée, un concentré de riffs mathématiques à la sauce Meshuggah. Et pourtant, il n’en est rien. Formé en 2003, ce groupe britannique a su se faire remarquer au sein du courant « djent » grâce à son identité sonore atypique, très axée sur l’émotion.

Dès les deux premiers morceaux, « Lament » et « Nascent », le quintet annonce la couleur en alternant sans concession les nappes atmosphériques et les charges de riffs en furie. Le tout est mis en valeur par une excellente section rythmique, particulièrement expressive dans les passages planants, grâce à une batterie bien groovy et à une basse au slap discret mais efficace.

La piste suivante est en réalité une suite en six parties, déjà connue de certains puisqu’il s’agit de l’EP du groupe sorti en 2010, Concealing Fate. Pièce maîtresse de l’album, elle raconte le long voyage de la vie, à travers les émotions ressenties par tout un chacun. C’est ici que la formation révèle vraiment sa trinité musicale ; les passages aériens (« Acceptance »), les trips orientaux (« The Impossible ») et les attaques de guitares acerbes (« Epiphany ») réalisent une gigue endiablée, une valse à trois dirigée par la voix magistrale de Daniel Tompkins. Car c’est en effet le chant qui mène la danse ; tantôt mordant, tantôt passionné, il participe tout autant à la construction sonore du groupe.

« Sunrise », qui fait suite à la longue pièce, est le morceau le plus violent de One, et sans doute le moins intéressant. En revanche, « April » marque le pas, tant l’agressivité apathique de la guitare saturée est mise en retrait, derrière l’exaltation vocale du chanteur. Le break, sans doute le meilleur passage du LP, en fera bondir plus d’un, et les musiciens en herbe pourront s’arracher les cheveux en essayant de reproduire ce son de guitare complètement surréaliste. « Eden » clôt l’album, nous rappelant en neuf minutes les thématiques soulevées tout au long de l’opus ; rien d’exceptionnel, mais terriblement efficace tout de même.

TesseracT est peut-être à ce jour le groupe de djent le plus abouti ; malgré un côté répétitif typique dans ce milieu, il parvient à se forger une identité originale et plaisante. Plus qu’une musique mécanique, les britanniques ont construit un octachore exaltant et empathique… en somme, une science humaine.

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