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08 Avril 2011

Blackfield

Welcome to my DNA

par Renaud Besse Bourdier

De l’infiniment petit et intime à l’étendue sans limites d’un ciel couleur mélancolie, Welcome To My DNA résume en mots et en images l’identité de Blackfield ; un spleen mélodieux, musicalement simple qui a cependant la capacité de toucher chaque auditeur. Mais Steven Wilson et Aviv Geffen ont ici un défi à relever ; comment conserver l’alchimie des deux premiers albums, sans tomber dans une répétition sans saveur ?

Une chose est sûre, Blackfield a changé. Le son est plus riche, plus fouillé que sur les albums précédents, et cela se sent dès la première piste, « Glass House » ; les cordes sont bien plus présentes qu’auparavant, et leur intégration contribue grandement à l’ambiance générale, très planante. Mais ce n’est qu’en arrivant à « Go To Hell » que le duo surprend avec une atmosphère bien plus froide et austère (ne serait-ce que dans les paroles : « Fuck you all, fuck you, I don’t care » à faire écouter aux personnes qui vous sortent par les trous de nez), avant de briser la glace dans une explosion de haine musicale. Ce n’est pas la seule nouveauté, puisque la construction classique pop tend vers le progressif sur les pistes « Dissolving With The Night » et « Zigota ». Cependant le passage le plus improbable de l’album reste sans aucun doute « Blood », sorte de métal oriental qui ne sera certainement pas au goût de tous.

Welcome To my DNA n’est cependant pas exempt de faiblesses, et certaines pistes font vraiment office de bouche-trous ; « Oxygen » par exemple, a tout de la ballade radio FM de mauvais goût, tandis que « On The Plane » manque de profondeur et est très en deçà du reste de l’album. La voilà, la répétition sans saveur, l’auto-parodie tant redoutée. Heureusement, l’autre versant est bien présent, à savoir des morceaux dans la continuité de Blackfield I et II, mais qui profitent d’une réelle originalité, comme « DNA ». Enfin, l’album vaut le détour ne serait-ce que pour l’excellent « Waving », remarquable de simplicité et d’ingéniosité à tous les niveaux ; efficace, propre, mélodieux, il symbolise avec perfection la possibilité d’une musique pop intelligente.

Paradoxalement, Welcome To my DNA gagne en richesse après plusieurs écoutes, et demande une attention certaine malgré son apparente accessibilité. Inégal, imparfait, le dernier Blackfield risque pourtant d’en toucher plus d’un, tant l’émotion qu’il dégage est communicative.

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