Live Report

The Watch

19 Décembre 2015

Watcher of the Skies

par Thierry de Haro

La vie réserve des moments dont on dit qu’ils n’ont pas de prix : par exemple, boire une bière en manches courtes en terrasse - comme en été, alors que nous sommes début Novembre. A fortiori, lorsque cet endroit se nomme ‘Le Triton’ et que l’on vient d’assister à deux heures de musique intense ! Vous l’aurez compris (ne serait-ce parce que vous avez lu le titre), les Italiens de The Watch étaient de passage à Paris pour délivrer leur show annuel, tant le public se délecte à cette occasion de la réinterprétation des standards du Genesis des années 1970 à 1976.

Mais cette année, la donne a quelque peu changé : arrivés au bord de la falaise de l’époque bénie du groupe anglais, la question était de savoir si la bande de Simone Rossetti devait oser le pas en avant, au risque de tomber dans les affres d’une période plus commerciale. Ou si au contraire, elle devait essayer d’extraire la ‘substantifique moelle’ d’un répertoire appauvri - mais où subsistaient néanmoins quelques perles – en y ajoutant les contributions solo du chanteur originel. Avouons-le, ce choix aurait pu être plus ardu pour The Watch, si la carrière de Peter Gabriel n’avait été aussi flamboyante. Ainsi, le show proposé se divisera en deux parties : une première couvrant les quatre premiers albums du leader charismatique du Genesis des seventies. Puis une seconde, reprenant le meilleur de Duke pour commencer, puis remonter le temps au gré des albums de l’un des groupes phare du rock progressif.

Identiquement aux concerts de Peter à l’époque, celui-ci débute sous les coups de butoir de l’envoûtant « Rhythm Of The Heat ». L’enchaînement de ce morceau tribal avec « Not One Of Us » transcende déjà un public conquis par ce nouveau répertoire. L’ambiance surchauffée par une température ayant largement dépassé les anormales saisonnières continue de monter crescendo – d’abord sur « I Don’t Remember », ensuite sur « Shock The Monkey », l’un des ‘tubes’ du maître Gabriel. Même si la salle n’est pas tout à fait remplie (disons un peu plus des deux tiers), elle donne l’impression d’être comble à l’applaudimètre ! Le sommet de cette première partie sera probablement « San Jacinto », œuvre majeure du Gab, qui n’a pas vieilli d’un pouce depuis plus de trente cinq ans. Le premier set se termine sur un « On The Air » puissant et aérien. Public et musiciens peuvent alors sortir se rafraîchir pour une quinzaine de minutes, le thermomètre venant de franchir une étape supplémentaire vers la déshydratation.

La deuxième partie démarre par la partie introductive de Duke, rappelant à l’assistance que le trio Collins-Banks-Rutherford a su également composer quelques joyaux, même s’ils furent assez clairsemés dans l’ère Genesis des années quatre-vingts. Ce qui était à prendre sur Duke ayant été pris – en particulier l’exceptionnel final de l’album (« Duke’s Travel »), The Watch peut alors se laisser aller à piocher à nouveau dans le répertoire de la période Gabriel … et commence de la meilleure des manières, avec une interprétation magistrale de « Firth Of Fifth ». Valerio De Vittorio aux claviers transporte l’auditoire dans un état extatique et ce ne sont pas les premières notes de l’excellent « In The Cage » qui vont contribuer à apaiser ce sentiment de jouissance musicale. Le meilleur vient de passer … et le meilleur est à venir : une reprise de « Cinema Show », sublimée par le talent des Italiens et portée par un public décidément très présent … et heureux d’être là.

Il est évident que la soirée ne peut s’arrêter ainsi, et le retour des musiciens permet de découvrir une de leurs futures compositions – puis en guise de bouquet final, un extrait, «  Apocalypse In 9/8 » de l’inégalable et inégalé « Supper’s Ready ».

Une fois encore, nous aurons vécu un concert magnifique, dans un répertoire qui n’était pas évident au départ – combiner la carrière solo de Peter Gabriel à celle de Genesis à travers les âges. The Watch s’en est remarquablement bien sorti. On pourra juste regretter que les compositions propres au groupe ne soient pas plus mises en avant – seulement deux jouées en public en cette soirée. Et pourtant des albums comme Vacuum, Planet Earth ou Timeless méritent, non seulement un détour mais en plus un arrêt pique-nique où les mets les plus délicieux pourraient être servis. Il suffit d’ailleurs de se référer à « Shining Bald Heads » - ou le sublime « Hills » lors des tournées précédentes – tous deux issus de l’excellent Vacuum pour en être convaincu. Et le premier titre joué en rappel (« Devil’s / Ivory ») laisse augurer d’une mouture 2016 une nouvelle fois particulièrement raffinée. Qui combinée à une tournée faisant la part belle à Trespass et Nursery Cryme … promet déjà une soirée étoilée et pleine de rêves.

Concert du 07.11.15 / Le Triton (Paris)
http://www.thewatchmusic.net/

Setlist

Part 1 – Peter Gabriel Years : Rhythm Of The Heat / Not One Of Us - I Don’t Remember – Shock The Monkey – Family Snapshot – D.I.Y. – San Jacinto – Shining Bald Heads (The Watch) – On The Air - Part 2 – Genesis Years : Behind The Lines – Duchess / Guide Vocal – Duke’s Travel – Firth Of Fifth – In The Cage – The Cinema Show - Encore : Devil’s / Ivory (The Watch) – Apocalypse In 9/8 (Extract from ‘Supper’s Ready)

Galerie

Photos par Thierry de Haro

Commentaires 

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