Live Report

Spock's Beard

12 Juin 2013

Une nocturne bien festive

par Dan Tordjman

Ce Spock’s Beard 3.0 était attendu. Le départ de Nick D’Virgilio et l’intronisation de Ted Leonard et Jimmy Keegan pouvaient laisser perplexes les plus poilus amateurs de la Barbe. Si les doutes avaient été balayés par Brief Nocturnes & Dreamless Sleep, Paris attendait de voir sur scène cette nouvelle mouture du groupe. Et c’est la Scène Bastille qui fut le cadre de cette nouvelle réincarnation. Récit en images et en mots.

Ce 8 mai était prétexte à frayeur. Enchaînant avec le jeudi de l’Ascension, il y avait fort à parier que beaucoup de Franciliens feraient le pont afin de profiter d’un long week-end. Et pourtant, la Scène Bastille est copieusement remplie ce soir. Le timing est très serré, mais la salle est tout de même correctement pleine au moment où Sound of Contact entre en scène. Principal intérêt du groupe qui défend ici son premier-né Dimensionaut, la présence de John Wesley (Porcupine Tree) à la guitare et surtout, celle de Simon Collins (le fils de l’autre). Voir le rejeton de Phil débuter le set derrière les fûts avant d’enchaîner au chant ne peut que rappeler Genesis. D’autant que la ressemblance vocale est confondante. Néanmoins, il est difficile d’apprécier Sound Of Contact à sa juste valeur, en raison d’un son assez brouillon. Et c’est sur une belle débauche d’énergie de Simon Collins derrière le micro que le groupe quitte la scène sous les applaudissements du public.

Conséquence du planning difficile pour les trois formations, Beardfish profite de son installation... pour faire ses balances. Un set minimaliste et des réglages effectués en cinq minutes, montre en main. Mais c’est toutefois suffisant pour obtenir un son bien plus correct et percutant que Sound Of Contact. Quatre titres seulement sont joués, mais quels titres ! Dès les premières secondes de « Destined Solitaire », c’est à une véritable frénésie musicale que se livrent Rikard Sjöblom et sa bande de joyeux drilles, tout sourire à l’idée de revenir ici après un premier passage en compagnie de Pain Of Salvation. Carton plein, donc, pour Beardfish, qui place la barre un peu plus haut, avec une prestation pleine de panache et de relief, ponctuée d’un nouveau titre, « A Point Of View » et d’un « Note » dantesque, parfait pour clore cette (bien trop courte) prestation.

Arrive alors le main event de ce soir, cette troisième incarnation de Spock’s Beard, après un Brief Nocturnes & Dreamless Sleep plébiscité par les fans. C’est avec « Something’s Very Strange » que les débats sont ouverts. Comme à son habitude, Ryo Okumoto fait le show, entouré de ses claviers. Comme à son habitude, Dave Meros repique le cliché du bassiste discret mais diaboliquement efficace. On regrettera malgré tout que la guitare d’Alan Morse – littéralement déchaîné – soit injustement noyée dans le mix tout au long du concert. Reste la question principale : que donnera Ted Leonard sur scène ? Le High Voltage 2011 répondait déjà en partie positivement. Certes, il est impossible de ne pas penser à Enchant, tant la voix du Californien est reconnaissable. Mais le contexte différent nous permet de nous faire une idée sur un répertoire bien plus varié. Si « Crack The Big Sky » était somme toute parfaitement interprété, c’est « Walking On The Wind » qui recueille bien plus de suffrages. Les Américains ont manifestement cherché à équilibrer le choix des titres joués, entre ancien matériel et nouveaux morceaux, avec toutefois – couvre-feu oblige – l’obligation de faire l’impasse sur les morceaux écrits après le départ de Neal Morse.

Force est de constater que l’exercice de la scène rend justice aux nouveaux titres. Les meilleurs exemples sont « Afterthoughts », dont le canon vocal déjanté est proprement hallucinant sur scène, et le très entraînant « Waiting For Me ». On regrettera de n’avoir pu goûter à des titres comme « I Know Your Secret », « Down A Burning Road » ou « The Man You’re Afraid You Are », dont l’absence est avantageusement compensée par un « Cakewalk On Easy Street » franchement inattendu, et « The Distance To The Sun  », qui vit l’homme aux trois poumons, alias Jimmy Keegan, s’échapper de sa batterie pour une séquence émotion.

Malheureusement, les bonnes choses ont une fin, mais c’était sans compter sur la générosité de la Barbe. Avant le rappel, Ryo Okumoto s’empare du micro pour inviter sur scène Patrick Tuchais, afin de lui remettre l’un de ses claviers mis en vente à l’occasion de la campagne Indiegogo ayant permis au groupe de financer la production de Brief Nocturnes & Dreamless Sleep. Nous n’aurons, hélas, droit qu’à un seul titre en rappel, mais d’anthologie ! Cela faisait bien longtemps que nous n’avions pas entendu « Go The Way You Go » en intégralité, et la version servie par Spock’s Beard fut vraiment magique, avec un solo de piano aux accents latins de Ryo Okumoto et un solo de batterie monstrueux de Jimmy Keegan. À en faire oublier « The Light » ou « The Doorway » ! Un final d’anthologie qui donna suite à une session photos & autographes sur le coté de la salle, en guise de clôture de cette bien belle soirée. Vivement le prochain concert !

Concert du 8 mai 2013 / La Scène Bastille (Paris)
www.spocksbeard.com

Setlist

Something’s Very Strange / Crack The Big Sky / Hiding Out / Walking On The Wind / Submerged / Cakewalk On Easy Street / Afterthoughts / The Distance To The Sun / Waiting For Me// Rappel : Go The Way You Go

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