Live Report

Equus

08 Mai 2008

Equus

par Christophe Gigon

CONCERT : EQUUS

  Lieu : Le Moultipass, La Chaux-du-Milieu (Suisse)
Date : 11 avril 2008
Photos : Christophe Gigon et Jean-Daniel Kleisl

C’est dans une petite salle de type « café-concert », lovée dans les sapins de la Sibérie helvétique, que Equus, jeune formation genevoise de post-rock progressif instrumental, est venue nous faire voyager. Malheureusement, force est de constater que trop peu de curieux ont daigné se présenter à la porte d’embarcation. Dommage pour eux !

Setlist : Hyracotherium – Orrorin Tugenensis

C’est dans un Moultipass quasi désert que Callahan, jeune auteur-compositeur-interprète de la région, est venu nous présenter son travail : une musique essentiellement acoustique inspirée du « folk songwriting » américain, avec une touche de modernité bienvenue, grâce entre autres choses à l’utilisation (peu évidente) de la fameuse pédale Loop Station qui permet d’enregistrer en direct des boucles mélodiques tout en rejouant de nouvelles pistes par-dessus. L’usage très couru de cet effet permet aux artistes seuls sur scène d’étoffer un peu leur son, tout en respectant une certaine intégrité artistique puisque tout est véritablement créé en face du public. La musique proposée par Callahan, ajoutée à l’emploi du matériel cité, est à rapprocher de ce que faisait John Wesley (Porcupine Tree, Fish) dans ses concerts acoustiques en première partie de Marillion au milieu des années quatre-vingt-dix même si leurs voix n’ont rien en commun. Il faut souligner d’ailleurs que Callahan chante divinement bien. Un moment bien agréable en somme.

Equus succède à Callahan sans que la salle ne se soit davantage remplie pour autant, au grand dam des courageux organisateurs de cette excellente soirée. Mais que font les mélomanes romands ? Tous devant leur télévision ?

Equus entre en scène au son du premier (magnifique) titre de leur premier album (Eutheria), « Hyracotherium ». L’ambiance est, d’emblée, chargée et magique. Le son est excellent et les atmosphères tissées transportent bien vite le quarteron d’auditeurs passionnés. Le guitariste possède un son cristallin en diable (grâce, entre autres, au tandem magique Fender Twin + Fender Stratocaster) et le batteur frappe avec une rare énergie sans jamais perdre de cette finesse essentielle dans ce style de musique bien plus complexe qu’il n’y paraît.

Sans transition, le second titre de Eutheria succède à « Hyracotherium ». Là encore, la machine marche à plein rendement et ça décolle vite et haut. Un seul bémol : le mellotron magique très présent sur disque est bien plus discret sur scène. La faute à un instrument séquencé joué aux pieds par le bassiste polyvalent qui ne parvient pas toujours, et on ne saurait lui en tenir rigueur, à tisser les nappes finement ciselées des trois titres de leur album. A noter qu’Equus est en recherche d’un claviériste. A bon entendeur !

A l’issue de ces deux titres d’une durée totale de plus de cinquante minutes tout-de-même, Equus quitte la scène, exténué mais heureux d’avoir pu offrir ce moment de félicité au public. Aucun rappel. Il n’y en avait nul besoin. La messe était dite.

Si l’on ne peut que regretter le manque d’enthousiasme pour ce genre de projets, on ne peut que remercier les organisateurs de cette sympathique petite salle de se démener pour offrir au public neuchâtelois autre chose que la sempiternelle chanson « dite » française. Chapeau bas.

Christophe Gigon

site web : http://www.myspace.com/eqsmusic

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