Live Report

Oceansize

21 Octobre 2005

Oceansize

par Djul

CONCERT : OCEANSIZE

 

Artiste : Oceansize
Lieu : Paris, le Nouveau Casino
Date : 14 octobre 2005
Photos : Claire Cottreau


Attendus au tournant après deux premiers albums anthologiques, les mancuniens d’Oceansize n’ont pas raté leur rendez-vous avec le public parisien qu’ils ont noyé sous un déluge de décibels délivrés à trois guitares !

Set-list Millionaire : Champagne – Love Is A Sickness– Street Life – Rise N’ Fall – For A Maid – Face That Doesn’t Fit – Butts – I’m On a High – Wake Up The Children

Set-list Oceansize : The Charm Offensive– One Out Of None – Amputee – Meredith – Rinsed – A Homage To A Shame – Massive Bereavement – Heaven Alive – You Can’t Keep A Bad Man Down – Music For A Nurse

Millionaire a été désigné pour faire la première partie d’Oceansize (et non l’inverse, contrairement à ce que Mike Vennart a pu croire pendant quelques jours). Inconnu jusqu’à leur premier album, produit par Josh Homme (Monsieur Kyuss et QOTSA), ces quatre garçons font du rock stoner selon une formule bien connue et peu originale. Malgré quelques bons passages en début de concert (le facétieux « Champagne », et les plus mélodiques « Street Life » et « Rise N’Fall »), l’ensemble devient vite rébarbatif, et les riffs peu inspirés joués jusqu’à l’écoeurement auront eu raison de notre patience. A noter également que le chanteur-guitariste a beaucoup de mal en live et que sa voix était même difficilement audible, ce qui n’a pas aidé à rentrer dans le « trip » Millionaire.

Les choses sérieuses commencent donc avec Oceansize, et ce, dès l’installation du matériel des Anglais, puisqu’on est vite ébahi devant les plateformes de pédales de distorsion des trois guitaristes. Pas étonnant que le groupe n’ait besoin d’aucun clavier pour restituer les sonorités originales de ses albums. Et c’est tout au long d’un concert d’une heure et demie environ que les mancuniens vont confirmer qu’ils sont aujourd’hui l’une des formations les plus ahurissantes à évoluer sur scène. Après l’introduction toute en percussions et baignée de lumières bleues de « The Charm Offensive », la mise en route de ce morceau, avec la voix enjôleuse de Mike Vennart, séduit d’emblée. « One Out Of None », tiré de leur EP Music For Nurses, suit, dans une version qui dépasse de loin son pendant studio : les passages vocaux à la Mike Patton sont assurés par Vennart via un micro au son distordu, tandis que les chœurs prenants de la fin sont chantés par le guitariste Steve Durose. Pour le reste, la cohésion d’ensemble est remarquable, Mark Heron faisant parler sa double grosse caisse, asphyxiant le public par la même occasion! Augmenté d’une planante et nouvelle introduction, « Amputee » reste le titre le plus accrocheur jamais écrit par le groupe, et l’un des seuls joués ce 14 octobre tirés du premier album, Effloresce (mais où étaient donc « One Day… » et autres « Women Who Love Men… » ??!!).

Après un « Meredith » témoin des titres les plus calmes de Everyone Into Position, un souci de retour-oreillette pour Mike interrompt le concert, et la basse ronde de Jon Ellis prend le relais, suivie par tout le groupe, pour un « Rinsed » improvisé qui remplacera « Paper Champion » prévu initialement. Et pour se faire pardonner, c’est « A Homage To A Shame » qui déboule, un des meilleurs titres du dernier album et celui qui, sur scène, permet au mieux de se rendre compte de l’apport de chacun des trois guitaristes, avec Gambler sur des sonorités des plus éloignées d’une six-cordes, les mélodies étant le plus souvent jouées par Durose et les rythmiques doublées par Vennart. L’enchaînement avec « Massive Bereavement » constitue le sommet de la soirée : ce long et complexe morceau est deux fois plus puissant sur scène que l’original (ceux qui connaissent Effloresce auront du mal à nous croire) et le passage instrumental totalement fou et porté par un Heron atomique nous a laissé bouche bée. Le planant et groovy « Heaven Alive » permettra à chacun de reprendre ses esprits.

Pour terminer son concert – Oceansize ne fait jamais de rappel –, deux morceaux du dernier album sont proposés. En premier lieu, « You Can’t Keep A Bad Man Down » et ses strates de guitares telluriques rappelant le génie d’un Devin Townsend, morceau littéralement transcendé par le duo de voix atmosphériques Vennart/Durose. C’est fort à propos que « Music For A Nurse » clôt la soirée. Cette ballade rappelant Grace de Jeff Buckley pour sa voix désabusée et ses arpèges de guitares lascifs laisse un parfum de nostalgie assez inédit pour une fin de concert, après que chaque membre ait quitté la salle un à un, laissant leurs instruments tourner en boucles saturées.

Il suffit de dire qu’Oceansize est aussi impressionnant sur scène que sur disque pour donner une idée de cette heure et demie en leur compagnie. Cela est criant dans un contexte « live » : chaque membre a vraiment sa place et apporte sa sensibilité à l’ensemble, tout en étant intraitable techniquement. Probablement le concert le plus impressionnant que nous ayons vu en 2005.

Djul

site web : http://www.oceansize.co.uk

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