Live Report

VDGG

29 Juillet 2005

VDGG

par Djul

CONCERT : VAN DER GRAAF GENERATOR

 

Artiste : Van Der Graaf Generator
Lieu : Paris, Bataclan
Date : 12 juillet 2005
Photos : Herman Permentier


Set-list : Darkness - Undercover Man – Scorched Earth – Every Bloody Emperor – Lemmings – When She Comes - Masks – Pilgrims – The Sleepwalkers – Nutter Alert – Man-erg. Rappels : Refugees - Killer

En complément de notre reportage à Londres, première date d’une tournée européenne tout aussi inconcevable que le disque qu’elle promeut, Present, Progressia vous propose un retour sur le seul concert français de VDGG, à Paris, au Bataclan.

C’est dans une salle au trois quarts - seulement ! - pleine que Van Der Graaf joue son premier concert à Paris depuis près de trois décennies. Contrairement à ses compères des années soixante-dix, VDGG n’a que peu renouvelé son public : absence médiatique depuis 1978 mais aussi accessibilité moindre, en comparaison de groupes comme Yes ou Genesis, ont joué… Le prix sans doute d’une intégrité musicale et d’une indépendance totales.

Ce constat n’empêche pas le public de célébrer comme il se doit le retour de Hammill et de sa bande, par une ovation ressemblant étrangement à un rappel avant même l’extinction des lumières, annonciatrice de deux heures de pur bonheur. Une ambiance qui ne retombe pas et qui fait visiblement chaud au cœur des musiciens entrant sur scène. A l’image de sa musique sans compromission, VDGG n’est certainement pas du genre à jouer sempiternellement les mêmes titres d’une date à l’autre, et même si certains classiques du groupe n’ont pas été oubliés, le groupe propose par exemple une version agressive de « When She Comes », et modifie également le placement de certains morceaux, débutant par exemple plus opportunément par la montée en puissance de « Darkness » plutôt que par « Undercover Man ». Point de « In The Black Room », « La Rossa » ou « Theme One » par contre, des titres « saupoudrés » au gré des dates européennes.

Pendant plus de deux heures, Van Der Graaf s’est montré à la hauteur de sa légende en délivrant une prestation impressionnante et par moment réellement violente : Hugh Banton, paisible derrière ses claviers, assure soli endiablés et lignes de basse sans que cette étrange configuration ne nuise au spectacle, et Jackson régale de ses soli tous plus habités les uns que les autres, sortant parfois le grand jeu en jouant de deux sax à la fois, une fantaisie qu’il se permettait il y a trente ans déjà. Guy Evans, à la batterie, peut sembler au premier abord avoir un jeu sec, mais il suffit de regarder le public pour mieux comprendre son apport : tout le monde bouge au rythme de ses baguettes : il apparaît clairement qu’Evans insuffle autant voire plus de groove que nombre de batteurs de progressif vu en live ces dernières années, malgré la complexité de la musique. Terminons par Hammill, effectivement peu entamé par ses déboires cardiaques de l’an dernier : se déchirant sur chaque note, et offrant quelques variations toutes en finesse comme il sait si bien le faire, le Caméléon est simplement royal et se permet même quelques interventions dans un français très correct..

Le programme parisien avait visiblement pour but d’aménager un espace central à Hammill, afin que ce dernier empoigne sa guitare et participe instrumentalement à la fête. Et c’est peut être le seul regret que l’on peut avoir : « Lemmings » ou « Masks » ne sont pas des titres faciles à digérer et l’ajout d’une guitare semble parfois brouiller le son VDGG, aux subtils arrangements de claviers et de cuivres, ce qui constitue le seul moment creux du concert. Mais le reste n’est qu’apothéose sur apothéose. Les deux extraits du dernier Present sont autant acclamés que les autres, avec une mention spéciale pour le fabuleux « Nutter Alert » et son double solo de Jackson et Banton, franchement émouvant. Godbluff, qui constitue peut être le plus bel album du groupe à ce jour, reçoit un traitement de faveur, puisque les trois quarts en sont joués, avec en point d’orgue le superbe « The Sleepwalkers » : sur le passage samba-décalé, on voit même un couple entamer une valse dans le public, tandis que le final surpuissant du titre rappelle combien Hammill a pu influencer Bowie mais aussi… Sid Vicious !

Pour (seul) rappel, deux titres parmi les plus anciens du répertoire du groupe : « Refugees », morceau mélancolique assez proche des premiers Crimson, et le violent « Killers », qui achève une salle en ébullition. Visiblement comblé, Hammill semble sincère en disant qu’il s’agissait d’un « très grand soir ». Comment le contredire ? En une poignée de titres, le groupe a non seulement fait rêver ceux qui n’avaient jamais eu l’occasion de le voir sur scène, mais aussi convaincu que pour arriver à une telle émotion et une telle osmose, il fallait peut-être effectivement laisser mûrir. Pendant trois décennies ?

Djul

Site web : http://www.vandergraafgenerator.com

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