Live Report

Adagio

22 Février 2004

Adagio

par Greg Filibert

LIVE REPORT : ADAGIO

 

Artiste : Adagio
Lieu : Paris, Elysée Montmartre
Date : 17 février 2004
Photos : François-Xavier Fillion - guitar-heroes.com.


Set-list : Introïtus/Second Sight – Chosen – Panem et Circenses – The Stringless Violin – From My Sleep – Promise – Seven Lands Of Sin – The Mirror Stage. Rappels : Immigrant Song – Underworld – In Nomine .

Il fallait bien que Stephan Forte et ses musiciens foulent les planches de la scène afin de promouvoir leur nouvel album, Underworld, et satisfaire une demande de fans de plus en plus nombreux. Le voeu de ces derniers vient d'être exaucé : Adagio entame sa première tournée et fait une escale obligée par la capitale !

L’Elysée Montmartre, bien connue des chevelus en tous genres, accueillait ce mardi 17 février trois groupes de metal français, dont les prodiges d’Adagio. Du côté du stand merchandising, entre les t-shirts et cd, on peut trouver un DVD pédagogique de Stephan Forte dans lequel le ‘guitare-herault’ explique en détail les soli du nouvel album Underworld. Un autre DVD devrait suivre prochainement, dédié à Sanctus Ignis : voilà qui réjouira les fans du bonhomme et de shred en général.

C’est devant une salle réduite de moitié par une tenture, et aux trois quarts pleine que Malédiction ouvre le bal à 18:30 précises. Les quatre Français assènent joyeusement leur metal lourd très années quatre-vingt, servi par un son très correct. Les compositions ne sont pas originales pour un sou, le chant criard en français irrite quelques paires d’oreilles et les poses démodées du guitariste soliste prêtent à sourire, mais l’interprétation générale est satisfaisante et une partie de l’assistance semble apprécier.

19 heures 30 voient arriver le groupe Manigance. Il faut dire que le metal mélodique progressif des « vétérans » est particulièrement redoutable sur scène ! Pendant un peu plus d’une heure, les six musiciens enchaînent sans temps mort les titres de leur nouvel album D’un Autre Sang (« Empire Virtuel », « Mourir En Héros », « Mémoire », « Maudits » etc.) mais aussi de Ange Et Démon et Signe De Vie.
Le chanteur Didier Delsaux joue parfaitement son rôle de frontman et se montre très à l’aise dans ses vocaux. La mise en place est sans faille, les guitares sont imposantes, le duo basse/batterie impeccable de propreté et les synthés donnent l’ampleur adéquate à l’ensemble. Manigance assure le spectacle, et le public le lui rend bien en chantant les refrains (« Maudits », « Intégrité ») et l’acclamant de plus en plus ! Les Français finissent sur le percutant « En Mon Nom » et remportent tous les suffrages d’une foule conquise et bien chauffée pour la suite des festivités.

Les lumières s’éteignent aux alentours de 21 heures 10 et l’introduction retentit le temps que les vedettes de la soirée prennent place sur la scène : le coup d’envoi est donné sur « Second Sight » !
Premier constat : le son général est brouillon, avec une guitare écrasée par une basse trop imposante. Cela se poursuivra hélas ainsi pendant une bonne partie du concert. Dommage car on apprendra plus tard de la bouche du chanteur que le concert est enregistré pour un futur disque live ! (NdRC : cela confirme ce que Progressia vous insiquait depuis quelques jours déjà dans les actualités : les concerts de Paris et Strasbourg donneront naissance à un album en scène pour les trois groupes. Sur un seul ou différents disques, cela n’a pas été encore été précisé).

Quoiqu’il en soit, le groupe a le sourire et l’air franchement motivé. David Readman se montre plutôt en forme et en voix, même s’il ne semble pas vouloir s’aventurer dans les extrêmes aigus. Stephan Forte ne tient pas en place, balance riffs et soli avec aisance et excitation. Le jeune Kevin Codfert pianote ses synthés avec une très grande dextérité, tandis que la basse tonitruante de Franck Hermanny est bien calée sur la batterie d’Eric Bailly, lui-même très concentré sur le clic des séquences.

Le concert se poursuit et Adagio aligne les titres de ses deux albums, mais un manque de dynamisme se fait ressentir : la majeure partie des morceaux, de par leur complexité et leur richesse, passe difficilement l’épreuve de la scène. La mise en place est en béton armé, mais la « timidité » des séquences (due en partie à une balance médiocre) et l’absence d’une seconde guitare rythmique sur certains passages rendent la musique un peu vide par rapport aux versions studio, ainsi que nous en avions évoqué le risque avec Stefan lui-même il y a quelques temps lors d’une interview exclusive. Les quelques longs passages purement orchestraux (« Seven Lands Of Sin » par exemple) tendent à casser le rythme du concert et certains choix, comme celui de placer un solo de basse, absolument hallucinant techniquement mais légèrement décalé avec l’ambiance générale, ne sont pas non plus forcément judicieux. Enfin, même si cela permet aux musiciens d’aller chercher les guitares acoustiques pour enchaîner sur un « Promise » joliment interprété, caser une ballade au moment où le concert commençait à décoller est un peu frustrant pour le public.

Après cette brève « pause », le son s’améliore enfin et l’impressionnant « Seven Lands Of Sin » démontre une fois de plus la maîtrise technique d’Adagio. C’est ensuite au tour du sieur Stephan de s’adonner à l’exercice du solo de guitare. Rien à dire, le virtuose connaît parfaitement son instrument, déballant tout son savoir-faire dont un long démanché en staccato spectaculaire. Après cette démonstration, si le DVD ne se vend pas ! « The Mirror Stage » secoue enfin l’Elysée de ses rythmiques pachydermiques, avant que le rideau ne se ferme une première fois.

Adagio offre en rappel pas moins de trois titres ! La reprise de Led Zeppelin, « Immigrant Song » (chantée pour l’occasion), permet à David de présenter les musiciens et de s’amuser avec le public. S’ensuit
« Underworld », le gros morceau de l’album du même nom où la rythmique, soutenant le solo de guitare, adopte une touche latine des plus surprenantes mais agréable ! Le concert s’achève sur le nerveux « In Nomine » qui fait volontiers remuer les têtes parmi les premiers rangs.
Malgré quelques erreurs de « jeunesse », Adagio fait tout de même des débuts scéniques encourageants. On regrettera que certains titres n’aient pas eu ce soir là l’impact escompté en situation live. Mais avec plus d’expérience et un meilleur son, les futures prestations seront à la hauteur de leur musique, à n’en point douter.

Greg Filibert

site web : http://www.adagio-online.com

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