Live Report

Symphony X

30 Octobre 2003

Symphony X

par Greg Filibert

LIVE REPORT : SYMPHONY X

 

Artiste : Symphony X
Lieu : Paris, Elysée Montmartre
Date : 19 octobre 2003
Photos : The Eyes of Medusa (fan-club français)

Set-list : Inferno – Wicked – Evolution – Communion And The Oracle – King Of Terrors – Out Of The Ashes – The Accolade/Accolade II – Smoke And Mirrors – Sea Of Lies – Of Sins And Shadows – The Odyssey

Ça y est ! Les Américains de Symphony X ont enfin leur tournée en tête d’affiche, pour le plus grand bonheur d’un public les attendant de pied ferme ! Après s’être échauffé sur la tournée de Stratovarius en avril dernier, Symphony X a désormais tout le temps nécessaire pour offrir un spectacle digne de ce nom.

A 18h30, les aficionados commencent à envahir la salle, qui se remplira lentement mais sûrement pour atteindre les trois-quarts de la capacité de l’Elysée Montmartre, alors qu’il revient à Headline de chauffer le public. Plutôt que de concentrer sa set-list sur leur dernier album Duality, les Français ont préféré piocher dans toute leur discographie en interprétant des titres comme « Getting Down To It », « Exorcise Me », « The Time Of Lords » ou « Sad Clown ». Malheureusement, le groupe a bien du mal à convaincre l’assistance. Malgré une interprétation globale correcte, la prestation scénique semble, comme souvent chez le groupe, paradoxalement, encore en rodage. La chanteuse Sylvie Grare, à la gestuelle peu naturelle et parfois surannée, a bien du mal sur certains passages haut placés, ce qui donne lieu à quelques ratés. Quant au guitariste Didier Chesneau, ses soli sont beaucoup trop bouillons et approximatifs pour captiver. Dommage…

Une introduction façon John Williams retentit dans l’enceinte de l’Elysée : clameur de la foule, extinction des lumières, des ombres se faufilent sur scène… Pas d’erreur, c’est le sieur Romeo et sa bande qui prennent place et démarrent avec « Inferno » : Symphony X est en forme et ça se voit ! Les Parisiens, déçus de leur prestation ici même en 2000, ont pu se faire une toute autre opinion, car ce n’est plus le même groupe qui revient sur cette scène. Finis les tempos frénétiques : les Américains semblent mieux maîtriser leur ardeur au profit de l’interprétation. La montagne Russel Allen fait son entrée, harangue la foule et surtout se montre vocalement performant. Le public est déjà conquis, alors que le groupe enchaîne sur « Wicked » où lors d’un break, le frontman alignera les « She said » a cappella, à la manière d’un Robert Plant, devant des spectateurs en admiration.
La vitesse supérieure est enclenchée avec un « Evolution » très efficace, dont le refrain est repris en chœur par le public. Micheal Romeo, toujours aussi véloce et fluide dans ses soli, ne manque pas d’éblouir les nombreux guitaristes présents. À peine le temps de remercier la foule que résonnent les arpèges de « Communion and The Oracle », vite rejoints par les lignes de synthés « classieux » de Michael Pinnella. Dommage que la guitare soit un peu forte et gâche ainsi le rendu très posé du morceau. On retiendra cependant l’imposant final durant lequel la basse de Michael Lepond fait gronder tout l’Elysée.
Sur « King Of Terrors », un Russel à la voix belliqueuse soigne sa mise en scène en se composant un visage à l’expression démoniaque dans une lumière rouge qui renvoie droit aux ambiances des vieux films de la Hammer. Le chanteur avance avec la démarche de la créature de Frankenstein en lançant des « Are You Terrified ? » aux premiers rangs qui à défaut d’être vraiment terrifiés, sont certes impressionnés : le bonhomme tient sa scène et sa stature se prête au jeu.

Le spectacle continue de plus belle sur l’apocalyptique « Out Of The Ashes », où la batterie de Jason Rullo et le compresseur de son acolyte Lepond s’occupent de déblayer le terrain devant un duo Romeo/Pinnella qui s’escrime sur l’intro. Rapide et puissant, Symphony X fait encore mouche et aborde le premier gros morceau de la soirée : « The Accolade » et sa suite. Si la première partie passe comme une lettre à la poste, avec notamment un chant très maîtrisé, la seconde est en revanche entachée par des claviers noyant la voix de Russel, et surtout un tempo trop élevé. Néanmoins, le quintette reprend vite les rênes et parvient à retrouver sa vitesse de croisière.
Dernière ligne droite avec des titres devenus des classiques du groupe, « Smoke And Mirrors », « Sea Of Lies » et « Of Sins And Shadows », un triptyque d’anthologie ultra carré et ravageur que les admirateurs reçoivent avec bonheur !
Entre deux déluges de décibels, Russel nous annonce que le groupe est particulièrement heureux d’être présent ce soir à Paris, et nous remet en mémoire sa demande en mariage à sa compagne en avril dernier au sommet de la Tour Eiffel, moment magique qu’il n’oubliera jamais (NdRC : nos lecteurs se souviendront qu’une interview prévue à l’époque avait alors été annulée : c’en était l’heureuse raison).
Les Américains disparaissent de scène, mais le subterfuge ne prend évidemment pas. En rappel, Symphony X livre « The Odyssey » dans son intégralité, avec une parfaite maîtrise durant les vingt minutes du titre! Les arrangements classiques sont présents et bien rendus sur l’ouverture, et si Allen se montre encore une fois excellent, c’est en particulier sur « Journey to Ithaca » qu’il charmera de sa voix mélodieuse (NdRC : qui aurait pu penser qu’un jour ce terme, « charmer », serait employé pour un tel gabarit ?), malgré un effet d’écho trop envahissant. Notons que les chœurs assurés par Romeo, Pinnella et Lepond sont de très bonne facture, et le son général est très bien équilibré sur la seconde moitié de la pièce.

C’est sur un vibrant « Champion of Ithaca » que s’achève ce concert, sous les acclamations du public. Il y a néanmoins quelques bémols à ajouter : une heure trente de concert, c’est encore trop court pour satisfaire l’appétit d’un public avide ! De plus, le son était de qualité assez variable suivant les titres, même s’il peut être considéré dans l’ensemble comme relativement satisfaisant, et les oreilles expertes auront décelés quelques flottements de tempo ici et là. Enfin, un jeu de scène plus actif de la part de Romeo et Lepond aurait été un plus. Cependant les progrès sont bien là, et Symphony X a balayé les doutes des uns et confirmé pour les autres qu’il pouvait faire jeu égal avec les meilleurs et méritait sa tête d’affiche. Quant aux absents, ils peuvent d’ores et déjà se mordre les doigts car les Américains ne repasseront vraisemblablement pas en France avant 2006 !

Greg Filibert

site web : http://www.symphonyx.com/fr

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