Edito

Progressia

01 Décembre 2007

La décennie Progressia

par Djul

Progressia souffle ses dix bougies cette année ! L'occasion de revenir sur les balbutiements du bébé devenu un grand gaillard. Les mystérieux arcanes de sa création vous ouvrent leurs portes ; prenez la peine d'entrer et découvrez les moments les plus forts qui ont émaillé le parcours d'une équipe de passionnés atteints d'une mélomanie sans limites.

 

1. Les années asymétriques : 1997-2002

En 1995, alors que j'étais élève dans un collège de banlieue, François Mollier, un copain vient me voir un jour dans la cour de récré en me disant : « Faut que je te fasse écouter un truc terrible ! ». Il avait apporté avec lui un vieux Walkman dans lequel une cassette audio tournait depuis la veille. François avait pris soin d'enregistrer l'émission Rock Fort Show diffusée sur la radio Aligre FM. A l’écoute du morceau, j'ai su que le titre en question « Caught in a Web » de Dream Theater allait modifier ma perception de la musique…

Troublé et décontenancé, je lui demande comment s'appelle ce genre de musique. Il me répond : « du metal progressif ! » en me demandant si, par hasard, je connaissais un moyen de se procurer des disques gratuits et des concerts à gogo. Je voyais déjà un sombre univers de marché noir se dessiner devant moi, mes parents en deuil à l'idée de voir leur fils aîné sombrer dans des ennuis à n'en plus finir. Que nenni ! Mon camarade me répond : « On n'a qu'à monter un fanzine ! On recevra des albums, on les chroniquera, on fera des interviews et on sera invité aux concerts » ! L'idée de gravir les marches de la gloire m'a plu instinctivement ! Ainsi est né Kronika dont le slogan « Du metal, en veux-tu ? En voilà ! » résumait bien l'état d'esprit du moment…

Ma première aventure dans la jungle de la presse musicale débutait. Formé par le papa à la mise en page, financé par la belle-maman, relecture par la maman sous l'approbation du beau-papa et des parents de François, nous nous sommes attelés à débusquer les jeunes formations françaises (du grind core à l'AOR) et à démarcher des labels en récupérant leurs adresses dans nos vieux magazines de presse nationale ! Pendant ces deux ans, à l'affût de la moindre nouveauté pour notre canard, nous écoutions religieusement les émissions radio pour nous tenir au courant des nouveautés qui nous auraient échappés. Le jour de grâce arriva lorsque furent diffusés pour la première fois sur les ondes les titres « Holy Land » et « Nothing to Say » d'Angra. Déjà fan du groupe brésilien avec leur album Angels Cryqui m'avait littéralement mis sur les fesses en 1994, les voilà qui débarquaient avec le onzième commandement « A jamais Holy Land tu devras écouter » ! 

Après moult pérégrinations et changements de décors, contraint de laisser mon frère d'arme divertir les aficionados de la presse underground et conscient du très fort potentiel de la musique progressive (suite aux albums de Dream Theater et d'Angra), je décidai de monter une structure similaire à Kronika dans le but de promouvoir davantage la musique dite progressive. 

Un beau matin de 1997 sous la douche, alors que j'essayais de trouver un nom pour le futur fanzine qui allait révolutionner la face du monde, je me souvins d'une boutade de François à ce sujet : « pourquoi tu l'appellerais pas Progressia ? ». Simple, redoutable et efficace ! Voilà qui posait les bases d’une revue dédiée à cette musique « élitiste et incompréhensible ». N'ayant pas de contact avéré avec la nébuleuse progressive, je décidai d'y aller au culot. Je pris le livret de l'album Headquake du groupe italien Eldritch en recherchant le contact de Limb Schnoor (fameux manager d'Helloween époque Michael Kiske). Mon e-mail envoyé, j'attendis tout en jonglant avec mes cours de lycée. Et c'est là que je rencontrai Fanny, jeune femme aux goûts métalliques avérés, arborant fièrement ses t-shirts de Megadeth et autres Superior. La coquine m'avouera un jour son amour certain entre deux sourires timides pour le beau rouquin Dave Mustaine ainsi que ses accointances avec le groupe de Kaiserslautern ! 

L'impulsion fut immédiate lorsqu'un message fut laissé sur le répondeur de la maison par le responsable français de feu-CNR Music, qui me proposait sans questions préalables une interview avec eux ! Les anges tourbillonnaient autour de moi et un sourire jusqu'aux oreilles s'afficha en grand : c’était parti pour la grande aventure ! Cette première entrevue fut suivie de quelques autres qui allaient constituer le premier numéro de Progressia (désormais ultra-collector), sorti en novembre 1998. 

En cinq ans d’existence sur support papier et en dépit des contraintes que cela soulevait, Progressia a toujours su rebondir et repartir du bon pied. Un sacré nombre de personnes ont collaboré activement à la réussite de ce fanzine, devenu avec le temps une incontournable plateforme des musiques progressives (cf. rubrique L'Equipe). Ces personnes de tous âges et officiant dans des domaines bien précis (gestion, rédaction, maquette, promotion) ont su chacun apporter leur pierre à l'édifice et faire en sorte que le canard subsiste contre vents et marées. 

On peut distinguer trois périodes qui ont émaillé le parcours de ce petit fanzine qui a combattu avec abnégation pour se faire un nom dans le milieu. Outre une seule et unique newsletter qui faisait office de plaquette promotionnelle sortie en juin 2007, la première époque coïncide avec les trois premiers numéros mensuels annotés de la lettre A entre 1998 et 1999 (cf. rubrique Archives). La deuxième a vu le format et la publication se modifier pour devenir une newsletterbimensuelle jusqu'à ce que, « succès » oblige (sic), Progressia se transforme pour devenir un magazine trimestriel de qualité semi professionnelle avec au total, pas moins de vingt publications sorties entre 2000 et 2002. 

Nombreuses furent les anecdotes et collaborations qui parsemèrent ces années. De très fortes relations se sont nouées avec les artistes, les fans et lecteurs, les labels, la presse nationale, les radios et le milieu associatif. Des occasions se sont présentées auxquelles nous avons été invité à collaborer : co-animation des émissions Progressions (Radio Libertaire) et Electrochoc (Horizon FM), co-rédaction pour le hors série Spécial prog' metal de Hard Rock Magazine. Ajouté à cela les rencontres impromptues (Dave Mustaine et Marty Friedman de Megadeth invitant à boire un verre dans leurs loges à Bercy harassés par une journée d'interviews, Michael Romeo de Symphony X serrant la main de mes parents rencontrés fortuitement en sous-sol d'un parking de la rue de Rennes pendant une journée promo, les longues discussions « philosophiques » avec Stephan Forte pendant les concerts, j'en passe et des meilleures…). Progressia a non seulement permis de proposer un contenu sincère et de qualité à son lectorat mais nous a permis en outre d'exaucer de vieux rêves de gamins. 

Avant de laisser la main aux hommes qui ont su faire fructifier les intérêts du magazine, je tenais à saluer et remercier chaleureusement toutes les personnes ayant collaboré avec nous et qui font à jamais partie de la famille Progressia ainsi que celles du milieu professionnel, avec qui nous avons pu travailler et enrichir nos connaissances. Sans votre aide, votre engagement et votre engouement, jamais nous n'aurions pu arriver à savourer la conduite en Ferrari (sic) ! Merci à tous ! 

Je laisse la main à présent à Florian Gonfreville, qui en 2002 et fort de la diffusion qu'Internet offrait, a su opérer avec brio une énième mutation avec l'aide d'une remarquable équipe technique.

Antoine Pinaud

 

2. Les années binaires : 2002-2005

Rencontre du troisième type

Lorsqu’en 2002 Julien Weyer et Sami M., respectivement chef d’orchestre et poly-instrumentiste de l’Internet, me contactent chacun de leur côté et me parlent de Progressia, je suis assez surpris. D’abord parce que je connais un peu Progressia de nom, mais sans plus. J’ai entendu parler d’Antoine Pinaud, ayant moi-même un peu gravité autour de la scène musicale d’Ile-de-France. Mais je n’avais jamais eu un exemplaire du fanzine sous les yeux.

Ensuite parce qu’ils sont tout de même deux à m’en parler au même moment, par des canaux différents et a priori sans concertation préalable. Et comme le disait Raymond Barre (InL’Experience du Pouvoir, 2007) : « j’ai toujours saisi les opportunités ». Bref : Progressia se retrouve orphelin de son pilier-fondateur-rédac’chef-maquettiste-à-ses-heures, et après dix-neuf numéros sous divers format et un vingtième attendant la presse, il faut trouver le remplaçant d’Antoine, sachant que la barre était placée bien haut.

La rencontre de l’équipe résume assez bien l’époque : il y a ce jour-là autour de la table, Fanny Layani, indétronable secrétaire de rédaction, ce qui ne veut pas dire cafetière-manager : responsable de la bonne tenue du français dans nos pages, Fanny est là depuis la genèse. Djul, prolifique fournisseur d’analyses pointues et dénicheur de tout ce qui est tordu, malade, introuvable, génial ou, selon une expression qu’il affectionne : « complètement barré » [NDJ : on peut ajouter « diabolique », que j’ai depuis abandonné !]. Dan Tordjman lui, est l’expression même de la passion pour les disques pour laquelle il ne connait pas de demi-mesure, capable de faire mille kilomètres dans le week-end et de dormir dans la voiture pour un concert. D’autres sont venus en amis, comme François-Xavier Fillon, de guitar-heroes.com. Et bien sûr, Julien Weyer et Sami M., présents pour initier la nouvelle évolution de Progressia.

On oublie le papier, un point, c’est net.

Progressia, c’est alors un peu la Chine de Mao entamant la Longue Marche qui va nous permettre de structurer nos méthodes, fonder grâce aux efforts absolument incroyables de Julien et Sami un site internet intelligemment conçu et remonter avec les contacts des uns et des autres une équipe perpétuant nos ambitions. Fastoche quand on n’a pas un yuan devant soi. Certes, le numéro vingt contenait un peu de publicité car un journal s’autofinance difficilement sans annonceurs. Cet argent partira directement chez l’imprimeur et dans le développement du « .net ».

L’équipe s’agrandit : Julien puis Julien nous rejoignent. Changement de méthode : nous commençons à publier en ligne et… ça marche ! Les lecteurs nous retrouvent, nous en touchons de nouveaux, c’est le Grand Bond en Avant.

La Révolution Culturelle viendra avec la redéfinition du périmètre de travail de Progressia : auparavant suffisamment large pour inclure les différents courants appréciés par ses rédacteurs, Julien Weyer, Fanny et moi-même structurons une ligne et une charte éditoriale, un style d’écriture « Progressia » tentant dans le même temps de ne pas contraindre notre plume et créons trois grandes familles pour baliser le chemin de nos lecteurs (rock, metal, différent).

Dans la continuité, nous instaurons un système de notation : intérêt qui représente la durée de vie et l’impact de l’album, l'originalité - tant celle de l’album dans l’absolu que dans la carrière du groupe - et la production pour évaluer le soin porté au son de l’album. Quand soudain, c’est le drame : et pourquoi par sur cent ? et pourquoi pas une seule note ? et pourquoi une moyenne pondérée ? Et pas de note du tout ? Car en ce temps-là Progressia était une démocratie selon mon coeur. Je décidai donc à l’unanimité que tout le monde serait d’accord avec moi, et c’est ainsi que vous, lecteurs, subissez depuis quelques années un système de notation basé sur le Plan Comptable Général français 1982 corrigé 89. Et comme le pays dans lequel je me trouve aujourd’hui n’a pas de convention d’extradition avec la France, je suis hors de danger… Quoi qu’il en soit, l’affaire Nougat [NDJ : le chihuahua qui un temps et un temps seulement (!!!) fut la prog-mascotte de notre site], deux ans plus tard, montrera assez bien les limites de l’exercice dictatorial en même temps que l’effet de l’usure du pouvoir sur les grands hommes telle que théorisée par Brel dans son bref essai sur le double mandat présidentiel de Jacques Chirac. (In Grand Jacques (c’est trop facile) Oui, c’est antérieur à ce double mandat, ce qui montre bien le génie du chanteur belge qui avait tout vu venir de loin.)

Le site progressia.net va alors permettre un certain nombre de choses : de l’actualité fraîche, le passage d'un rythme trimestriel à quotidien. Pendant plusieurs mois consécutifs une nouvelle chronique sera mise en ligne chaque jour, en plus des brèves que nous allions pêcher de plus en plus loin en tant que relais de nos partenaires dans l’industrie musicale ou utilisant nos sources propres. Et quelles actualités ! Le retour d’anciens de Cynic (Aeon Spoke en 2002), des live reports signés par des plumes inhabituelles (Ed Platt d’Enchant couvrant Rush, toujours en 2002), des infos de l’intérieur (ACT, Porcupine Tree…), des contacts inaccessibles auparavant : Ange, Magma… 

L’autre possibilité désormais accordée est la capacité de donner librement un avis : pour la rédaction, certes, mais aussi pour le lecteur. De créer la polémique. D’écrire des chroniques et contre-chroniques, comme pour Octavarium de Dream Theater, ou pour Marbles de Marillion. De ne plus recevoir un coup de fil disant « Tu sais, ta note sur l’album I Have Very Low Interest de Bond & the Treasures, c’est pas sympa… peut-être que ça ne vaut plus le coup que je t’envoie nos nouvelles sorties ? » [NDJ : est-ce vraiment si sûr ?!]. De ne plus nous inquiéter quand un fan club lance l’anathème : la qualité de nos papiers, notre capacité de traitement des disques, le soin croissant porté à nos interviewsexclusives et nos accréditations auprès de festivals européens, notre lectorat qui s’étend désormais très largement hors de l’hexagone, nos articles repris par d’autres sites français, traduits en anglais, en hongrois, en japonais, contribuent à asseoir une certaine crédibilité qui affranchit Progressia de bien des obstacles. Nous comptons alors trente mille visites par mois, plus de mille lecteurs de notre lettre d’information et un forum vivant, très actif [NDJ : aujourd’hui, nous approchons les soixante mille visites mensuelles et les trois mille membres].

Dernier indice de notre bonne santé : certaines de nos informations exclusives commencent à être reprises par d’autres sans mention de source, alors que quelques lecteurs nous rapportent des discussions au sujet de Progressia parfois un peu dures tenues sur d’autres sites. En tant que rédacteur en chef, je sens alors que nous avons atteint notre but : creuser notre place dans le PIF (comme le PAF, mais pour l’Internet), passer de fanzine à magazine, puis de magazine à communauté grâce au forum et surtout de permettre l’échange et la promotion du courant progressif dans sa plus large acception par le débat d’experts, la révélation de talents, l’échange de bons tuyaux, la vulgarisation (« - Tu écoutes quoi ? - Du progressif. – Hein ? C’est quoi ? - Tu connais Pink Floyd ? – Ahhh ouais ! ») et même la polémique passionnelle.

Il reste alors deux alternatives : soit Progressia se professionnalise, franchissant de nouveaux pas, et les pistes de développement sont nombreuses : nous en avons expérimenté quelques unes en distribuant à petite échelle un album d’A.C.T, Last Epic ou en proposant quelques groupes en recherche de distributeurs à divers labels. Cela demande cependant un autre mode de fonctionnement, un engagement plus grand encore de la part de tous pour une ambition pas forcément partagée. Soit, maintenant son évolution achevée, Progressia devient un vrai lieu d’échange de passionnés, exclusivement motivés par leur intérêt commun pour des trucs barrés écrits – écrits, vraiment ? – par des types pas clairs dans leur tête. Cette orientation emporte tous les suffrages. Dans ce cas il faut que le gestionnaire passe la main au mélomane. Je prends alors ma meilleure décision à la tête de Progressia, et propose à Djul de prendre le relais au poste de rédacteur en chef [NDJ : heureusement pour le site, il y eu bien d’autres décisions plus importantes prises par Florian].

Enfin, pour ceux qui se posent la question : Nougat va bien. Après une vie bien remplie pleine d’aventures et de risques – avoir essayé de mordre le mollet de Russell Allen par exemple ou chassé Timo Tolkki d’un bar parisien, et diverses autres tentatives visant à ramener des doigts ou des chevilles de people à la maison – Antoine de Caunes il y a trois semaines – le Chihuahua le plus prog de l’hexagone prend doucement sa retraite [NDJ : par nécessité : rappelons qu’il s’agit du seul chien capable d’avoir une crise cardiaque par le seul effet de l’air déplacé par un humain passant à proximité !]. Cela devrait faciliter certaines interviews, désormais !

Je laisse maintenant à Djul - rédacteur en chef aujourd’hui encore - le soin de conter les dernières pérégrinations de Progressia.

Florian Gonfreville


3. Les années ternaires : 2005 à aujourd'hui

Avec le départ de Florian et de Julien, c’est un nouveau bureau de rédaction qu’il a fallu construire, à compter de septembre 2005, et sur la base des deux membres restants de l’ancien. Je décidai d’en reprendre les rennes, intrigué par la « matrice » de Progressia (le contrôle de l’architecture du site que je n’avais jamais expérimenté !), le goût du pouvoir et de l’argent, et surtout une volonté de continuer cette aventure commencée en 2000. En tant que membre de la « première époque », j’avais déjà eu l’occasion de connaître quelques « temps forts ». Par exemple l’organisation de ma première interview qui plaçait la barre très haut puisqu’il s’agissait d’un débat suivi d’un blind test entre Mike Portnoy et Steven Wilson (article qui sera republié sous peu) ! Ce dernier aura permis à la rencontre d’avoir lieu, allant jusqu’à chercher le journaliste dans la salle à la fin du concert ! Une marque de confiance renouvelée presque chaque année depuis par l’artiste qui a sans aucun doute été le plus interviewé par Progressia, sans compter l’immense dossier concocté par Rémy Turpault à son sujet ! Autre très bon souvenir, la convention Your Majesty (fan-club français de Dream Theater) le 19 mai 2001, dont Charlotte Meyer, Sébastien Demay et moi-même sommes des transfuges ! Un simili stand Progressia avait été érigé à l’occasion, avec les moyens qui sont ceux d’un magazine papier : flyers, formulaires d’abonnement et tentatives de ventes à la criée… comme Internet peut simplifier les choses parfois ! 

Mais revenons à ce Progressia Mark 3, une cuvée « multirégionale », avec Jean-Daniel Kleisl en Suisse, Jean-Philippe Haas à Strasbourg et Rémy Turpault à Nantes, sans compter les rédacteurs eux-mêmes éparpillés en France et ailleurs! Ici encore, le recours aux outils virtuels a tout simplement permis au site de perdurer, vu que les anciennes « réunions de bureau » sont désormais matériellement impossibles ! Une opportunité qui ne va pas sans ses défauts, la communication par courrier électronique manquant parfois cruellement de nuances, ce qui représente un vrai problème lorsqu’il faut gérer une équipe… et certains artistes ! Certains membres du bureau se rappelleront ainsi cet ombrageux guitariste et de sa non moins atteinte chargée de promotion qui ont assené la rédaction quelques messages incendiaires et anti-français (!!!) à la suite d’une chronique il est vrai, fort salée ! Un incident qui ne prit cependant pas l’ampleur de la mini crise diplomatique survenue lors de la parution de deux chroniques de la version simple de Marbles de Marillion (l’une positive et l’autre négative), durant laquelle nous avions dû batailler pour convaincre groupe, responsable promotion et distributeur de la bonne foi de Progressia et finalement obtenir le droit d’interviewer la formation. 

Depuis 2005, l’extension de la ligne éditoriale de Progressia s’est poursuivie et des liens étroits se sont noués avec des labels d’horizons très divers, à l’image des profils des rédacteurs du site. Ainsi, au-delà de nos partenariats « historiques » avec Replica Records, InsideOut Music ou encore Cuneiform Records, on peut désormais compter les français d’Orkhestra (label ô combien protéiforme qui réédite des standards du jazz, de l’industriel et qui s’occupe des artistes de celui de John Zorn : Tzadik) ou d’Active (qui promeuvent des groupes indépendants tels que Jesu, Provenance ou Blackfield), pour ne citer qu’eux. C’est ainsi que certains ont pu, au choix, s’émouvoir ou apprécier de voir des artistes aussi divers que Hacride et Kruger (metal ultra technique), Enter Shikari (« nintendo-core » !) ou Tortoise et Okay (rock indépendant) figurer dans nos pages. « Elitisme » diront certains, à la vue de ces groupes certes peu accessibles ! « Exigence » sera notre réponse, puisque c’est le point commun de ces différentes formations ! Pour parer à l’avalanche de disques et donc de chroniques qui s’est abattue sur la rédaction surtout depuis début 2007, celle-ci est désormais composée de dix-neuf personnes… une petite entreprise en somme, à l’exception près qu’elle est non lucrative !

Nous avons également mis en place d’autres projets, comme la création d’un site Myspace pour susciter un attrait auprès des artistes de cette communauté (et succomber à cette mode de « doublonner » un site internet !), ou un partenariat avec Gibert Joseph dans le quartier parisien de Saint Michel (certains clients auront ainsi pu voir l’affiche de notre site ou des stickers « recommandés par Progressia » sur certains de leurs achats). 

Que retenir des deux dernières années ? Au plan éditorial, nous sommes toujours très fiers de couvrir le Festival des Tritonales, du Prog’Sud ou du Crescendo dont les programmations concernent souvent des artistes figurant dans nos pages. Quelques articles me reviennent plus particulièrement à l’esprit : une interview des indonésiens de Discus démontrant que le prog n’a plus de frontières, une séance d’écoute inédite chez les Allemands de Vanden Plas, un entretien totalement barré avec Sir Millard Mulch ou plus récemment un reportage poignant sur Devin Townsend, dépeignant ce génie musical comme une personne assez incomprise. Artistiquement, les référendums des années 2005 et 2006 ont consacré certains groupes : Kayo Dot, Zaar, Pure Reason Revolution et ACT en 2006, Oceansize, Riverside, Miriodor ou encore Porcupine Tree en 2005. Des dizaines d’autres mériteraient bien entendu d’être cités ! Et pour les connaître, quoi de mieux que notre forum, une des forces vives de notre association, où se rencontrent, dans une ambiance décontractée et saine, des dizaines de personnes chaque jour ! Barbecues, réunions pré et post concerts, et même recrutement de rédacteurs, ce village virtuel le devient de moins en moins !

A l’heure des bilans, l’équipe actuelle peut aussi se prévaloir, grâce aux efforts de chaque personne ayant contribuée depuis 1997 à Progressia, de plus de soixante mille visites mensuelles et bientôt trois mille membres inscrits ! D’ailleurs, tout récemment, notre ex-rédacteur en chef Antoine est revenu au bercail, démontrant combien il est difficile de se détacher définitivement de cette association ! Un héritage que la rédaction a à cœur de faire perdurer encore dix années et même plus !

Commentaires 

#1 hi 31-05-2018 02:11
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#2 hi 31-05-2018 02:11
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