Edito

BILAN 2008

31 Décembre 2008

BILAN 2008

par L'équipe de Progressia.net

Cette année a confirmé à quel point le mélange des genres permet à la musique de se renouveler. Faisant fi des barrières conventionnelles inhérentes à chaque style, les artistes explosent les conventions afin de proposer des œuvres originales et uniques. Et il en faut de la bravoure pour s'extirper de ce vivier musical, où l'autoproduction se proclame comme le salut des artistes désireux de briser les chaînes du pouvoir des maisons de disques, quitte à y perdre des plumes à être noyé dans la masse.

En pleine mutation du marché du disque, la rédaction tente de faire le tri dans cette incroyable émanation d'artistes qui affichent en long, en large, et en travers, leur identité. Il s'agit donc de mettre en lumière les tenants et les aboutissants des politiques de labels indépendants et des majors, qui tentent de sauver leurs intérêts, quitte à se voiler la face devant la force destructrice que représente la « démocratisation » d'Internet. Qu'elle soit néfaste ou bénéfique aux artistes, il s'agit d'en comprendre la problématique sur le long terme. Laissons pour le moment les analystes économiques faire leur boulot, et parlons de musique. Avec autant de profusion artistique, Progressia s'est naturellement engagé à vous guider, autant que faire se peut, dans ce dédale de productions musicales tous azimuts, à travers nos chroniques et articles tout au long de cette année, qui auront reflété la richesse et la densité de l'activité musicale. Un exercice périlleux, dont le défi, nous l'espérons, a été relevé avec objectivité. L'occasion idéale de dresser une synthèse de 2008 par chacun de nos rédacteurs, qui vous souhaitent par la même occasion une très bonne année 2009 !

 


Mathieu Carré

Meilleur album de l’année :


#1 : Jannick Top – Infernal Machina
#2 : R. Leo Johnson & G. Bendian – Who Knew Charlie Shoes ?
#3 : Portishead – Third

Toujours difficile de faire le tri. La qualité fut encore au rendez-vous cette année. Un monument de la zeuhl servi brûlant, une rencontre onirique et rurale, et la confirmation du talent d’un groupe essentiel. Bref, un bon échantillon.

Baudruche de l’année : Metallica, AC/DC, etc.

Tout le monde les adore, ils nous replongent dans notre adolescence. Des albums puissants, agréables, sans surprises et des chiffres de ventes sensationnels. On regrettera juste qu’un sac US Army et un flacon de Biactol ne soient pas offerts avec.

Meilleur titre de l’année :

#1 : Michel Godard / L’Atelier du Louvre – « Archangelica » 
#2 : Jannick Top – « Part VI » 
#3 : Aucan – « Urano » 

Meilleur espoir de l’année :

Les espoirs de cette année seront-ils comblés ? On espère a priori un nouvel album d’Airelle Besson et Sylvain Rifflet qui multipliaient les miracles sur Rocking Chair. Un nouveau jazz français souffle. Il a un peu oublié le savon et les grands airs et on en veut toujours plus.

Meilleur concert de l’année :

#1 : Quelques Fiers Mongols & Guests – Niort, Festival NPAI
#2 : John Zorn Electric Masada – Paris, Cité de la Musique
#3 : Ez3kiel – Clermont Ferrand

Ez3ekiel, la machine de guerre technologique tourangelle avec son concert spectacle usiné aux petits oignons ne peut laisser indifférent, et aura fait oublier The Dillinger Escape Plan pourtant convaincants la veille. John Zorn, ses pantalons de l’armée, ses T-shirts d’étudiant et ses lunettes de geek, sa horde de fans et leurs petits classements mesquins de tous les Books of Angels... Une expérience à vivre surtout pour la musique qui, en cette soirée, a sérieusement mis à mal la concurrence. Enfin, un concert de l’étrange, des soufflants reprenant Led Zeppelin qui, sous le délire d’improvisateurs bruiteurs, cassent leurs arrangements pour en faire une œuvre profondément organique et jouissive.

Meilleur DVD de l’année : Magma – Epok 4

Pas de grande découverte cette année, et une appréhension certaine de l’objet DVD musical… Et voilà comment une valeur sûre se retrouve sur le devant du classement.

L’initiative de l’année : Les coffrets Nova reviennent !
Vingt-cinq heures de musique, excellente et variée qui plus est… Qui dit mieux pour soixante euros ? Et pour les cinéphiles, le coffret cinéma est un régal !


Brendan Rogel

Meilleur album de l’année :


#1 : Kayo Dot – Blue Lambency Downward
#2 : Extra Life –  Secular Works
#3 : Sebkha-Chott – Nigla[h]

Baudruche de l’année : Psykup – We Love You All

Baudruche, le mot reste fort. Déception serait plus approprié, puisque j'ai placé mes expectatives peut-être un brin trop haut. Il faut dire que les Toulousains ont peut-être trop voulu faire les choses en grand sur leur dernière sortie (double CD + DVD) et proposaient en avant-goût « Color Me Blood Red », un condensé de folie et de violence exacerbée. Hélas, tout ne m'a pas autant convaincu sur la suite de l'album et si on y trouve son lot de pépites (« Birdy », « My Toy My Satan »), l'ensemble paraît inégal et le meilleur aurait pu tenir sur un seul disque. Le side project Simone Choule sorti récemment est bien plus recommandable. Allez, c'est rien, Psykup, we love you too !

Meilleur titre de l’année :

#1 : Kayo Dot – « Right Hand Is the One I Want » 
#2 : Make a Rising – « Transmutation » 
#3 : Guapo – « Twisted Stems : The Heliotrope » 

Meilleur espoir de l’année : Daniel O'Sullivan

A coup sûr, ce multi instrumentiste londonien va continuer à faire parler de lui dans les années à venir. On avait déjà parlé dans le bilan précédent de Miasma & The Carousel of Headless Horses dont il est le pilote. Il continue à travailler des ambiances gothiques similaires sur le premier album de son duo avec Antti Uusimaki, Mothlite. Au début de l'année, il nous aura surtout impressionnés avec la nouvelle direction stylistique que prend Guapo (qu'il a intégré il y a quelques années). On quitte les hymnes martiaux de la zeuhl pour aller découvrir leurs influences plus orientales, non sans garder le même aspect très sombre d'auparavant. Cerises sur le gâteau, le second et le troisième album (!) d'Aethenor devraient sortir d'ici peu. Talentueux et prolifique, que demande le peuple ?

Meilleur concert de l’année :

#1 : United Colors of Sodom – Tours, Le Petit Faucheux
#2 : Thinking Plague – Les Lilas,  Le Triton
#3 : Dillinger Escape Plan – Nantes, L'Olympic

Meilleur DVD de l’année : –

Je préfère le son à l'image.

L’initiative de l’année : Panopticon

Anciennement chroniqueur chez nos confrères de Guts of Darkness, Domenico Solazzo s'est recyclé en batteur autodidacte dans son ensemble d'improvisation Panopticon. Ce projet a pour but de se rapprocher au mieux du jazz électrique du début des années soixante-dix. Le bonhomme n'a pas quitté la toile pour autant : chacun de ses concerts sont rediffusés sur son blog http://enterpanopticon.blogspot.com (pas moins de dix-huit, disponibles en cette fin d'année) légalement et gratuitement. Une prise de position idéale pour une musique libérée tant au niveau matériel qu'artistique. 


Djul

Meilleur album de l’année :


#1 : The Mars Volta – The Bedlam in Goliath
#2 : Cynic – Traced in Air
#3 : Poni Hoax – Images of Sigrid

Baudruche de l’année : Andromeda, Evergrey, Ephrat

The Immunity ZoneTorn et No One’s Word : autant de disques qu'on aurait voulu aimer mais... en fait, non ! Trois exemples de beaux ratés de la part d’artistes confirmés pour les deux premiers ou de projets impliquant des musiciens reconnus pour le troisième. Un trait commun subsiste pourtant : un potentiel présent car Andromeda possède un niveau technique hors norme, Evergrey et son chanteur-compositeur charismatique, et Ephrat qui disposait de nombreux invités pour interpréter sa musique et qui n'a, hélas, pas réussi à s’exprimer en 2008. Dommage…

Meilleur titre de l’année :

#1 : Opeth – « The Lotus Eater » 
#2 : Sigur Rós – « Gobbledigook » 
#3 : Deus Ex Machina – « La Diversità di Avere un'Anima  » 

Meilleur espoir de l’année : Demians

Une rubrique pour le moins simple à remplir : l’espoir 2008 est français, signé sur l’une des « major du progressif », et a figuré en bonne place dans nos (et d’autres) pages. Un projet personnel porté avec conviction mais humilité par Nicolas Chapel, qui inspire le respect dès son premier album, le magnifique Building an Empire. Citons encore, car ils méritent de l’être : Cog, A Mountain of One, ou encore Mimas.

Meilleur concert de l’année :

#1 : Opeth / Cynic – Paris, L'Elysée Montmartre, 
#2 : The Mars Volta – Paris, L'Olympia, 
#3 : Oceansize / Demians – Paris, Le Trabendo 

L’année 2008 a été riche en doubles affiches de qualité et, au vu du reste de ce bilan, il est fort logique de retrouver les mêmes groupes dans la rubrique concerts. Notons en particulier les premiers pas de Demians, plus hésitants qu’en studio mais très prometteurs malgré tout, la classe instrumentale de Cynic et la majesté d’Opeth, que l’on n’avait plus vu à Paris depuis trop longtemps ! Quant à The Mars Volta, pas besoin d’un autre groupe pour satisfaire son public lorsque l’on peut lui donner trois heures de déflagration cosmique non-stop ! En dehors des concerts chroniqués dans ces pages, relevons également la semaine John Zorn, avec une deuxième partie de feu à la Villette par l’Electric Masada et la somptueuse nuit Masada dans la mythique salle Pleyel.

Meilleur DVD de l’année : Within Temptation – Black Symphony

Si on m’avait dit que je parlerais, ne serait-ce qu’une fois, de ce groupe, je ne l’aurai pas cru… et pourtant ! Voulant marquer d’un grand coup une carrière en dents de scie, les Hollandais ont édité un monument du « DVD live » ! Public déchaîné, orchestre de cinquante personnes et chœur parfaitement dirigés. Même si parfois, on se demande si nous ne sommes pas en présence de la bande originale de X-Or ou d’un Gladiator sous amphétamines lors de l’incroyable « The Truth Beneath the Rose ». Leur répertoire est tout simplement transfiguré, pour ne pas dire transcendé. 

L’initiative de l’année : So 90’s !

Guns N' Roses, Metallica, AC/DC : ils sont venus, ils sont tous là !  Ressortez les vestes à patches, tous les groupes phares de la scène metal du début des années quatre-vingt-dix se sont donnés le mot pour revenir cette année. A défaut d’avoir jeté une oreille sur le dernier cité, les deux premiers s’en sortent avec les honneurs et on a hâte de voir les prestations sur scène, en espérant un spectacle aussi impressionnant que la dernière tournée d’Iron Maiden, reprenant le mythique Powerslave


Jean-Philippe Haas 

Meilleur album de l’année :


#1 : Captain Squeegee – Nothing vs Everything
#2 : Panzerballett – Starke Stücke
#3 : Secret Chiefs 3 – Xaphan

Baudruche de l’année : les « grands retours » laborieux

« Guns N’ Roses, Metallica, AC/DC : avec des albums poussifs qui auraient pu sortir dix ou quinze ans plus tôt. Les papys font de la résistance mais ce n’est malheureusement pas de leur côté qu’on trouvera quelque chose de neuf sous le soleil métallique... 

Meilleur titre de l’année :

#1 : Panzerballett – « Friede, Freude, Fußball » 
#2 : Shaolin Death Squad – « Scorpion » 
#3 : Genesis – « The Battle of Epping Forest » (remaster 2008)

Meilleur espoir de l’année : Captain Squeegee

Joie, bonheur, félicité ! Les Dieux de la Musique ne sont pas morts ! Les voici qui sortent de leur retraite pour adouber ce jeune groupe américain pétri de talent, de fraîcheur et d’enthousiasme. Du rock, du jazz, de la pop, de l’électrique, de l’acoustique, l’énergie des guitares, la chaleur des cuivres, tout est là et... c’est BON ! 

Meilleur concert de l’année :

#1 : Symphony X – Pratteln, Z7 (Suisse)
#2 : John Butler Trio – Aix-Les-Bains, Festival Musilac 
#3 : Spock’s Beard – Pratteln, Z7 (Suisse) 

Meilleur DVD de l’année : Within Temptation – Black Symphony

Rhapsody of Fire doit en rêver d’un concert pareil. Toute la démesure du metal symphonique glorieux est concentrée dans ce show qui, dans son propre genre, concurrence Manowar sur le terrain de la grandiloquence. Image et son sans défauts, interprétations mémorables, équilibre parfait. D’un revers de jabot, Within Temptation renvoie la concurrence à ses gammes. 

L’initiative de l’année : le coffret Genesis 1970-1975

La période Peter Gabriel de Genesis méritait quelque chose de définitif, un dépoussiérage, une véritable plus-value. C’est désormais chose faite avec ce merveilleux coffret qui déborde de bonus audio et vidéo. Quant au résultat obtenu par Nick Davis sur les albums originaux, il est à proprement parler ahurissant. 


Christophe Gigon

Meilleur album de l’année :


#1 : Marillion – Happiness Is the Road
#2 : Alain Bashung – Bleu Pétrole
#3 : Matthew Parmenter – Horror Express

Année riche en sorties intéressantes et difficile d'extraire de cette surproduction qualitative (Ange, Riverside, Dream Theater, Anathema, Pendragon, Neal Morse, etc.) un trio de tête. Après un décevant Somewhere Else l’an passé, Marillion revient en force avec un double album qui peut prétendre au titre d’album le plus homogène du groupe depuis l’indétrônable (détrôné ?) Afraid of Sunlight en 1995. En France, la musique exigeante de qualité n’étant représentée que par un quarteron d’artistes, il fut bien plus facile de sortir du lot le superbe Bleu Pétrole de l’émouvant Alain Bashung, album plus clair et plaisant que l’austère L’Imprudence sorti en 2003. On conclut ce palmarès par le cousin américain du grand Peter Hammill : Matthew Parmenter, ancien chanteur de Discipline, qui nous offre son second effort en solitaire. Amateurs de Van der Graaf Generator, Queen et Peter Gabriel (première époque), jetez sans plus attendre une oreille sur cet Horror Express d’excellente facture !

Baudruche de l’année : –

Meilleur titre de l’année :

#1 : Marillion – « Happiness Is the Road »
#2 : Alain Bashung – « Je t’ai manqué » 
#3 : Ange – « Les Ecluses » 

Chanson-titre du dernier album de Marillion, « Happiness Is the Road » représente la quintessence de l’alchimie du groupe : une composition émouvante, riche en atmosphères, une montée en puissance classique, le tout survolé par la voix incroyable de Steve Hogarth qui n’a peut-être jamais aussi bien chanté. « Je t’ai manqué » est le titre qui ouvre Bleu Pétrole. Une guitare acoustique cristalline, un texte superbe et la voix claire et reconnaissable entre mille du grand Bashung. Toute la magie de l’Alsacien en un seul morceau. Ange, avecSouffleurs de vers continue son travail de réinvention perpétuelle et de modernisation sans oublier la magie et la poésie qui ont fait sa réputation. A ce titre, « Les Ecluses » est une réussite. 

Meilleur espoir de l’année : L’Escouade

L’Escouade est un nouveau groupe helvète mené par l’ancien chanteur de Galaad, Pierre-Yves Theurillat. Un premier album est prévu très bientôt. Quelques morceaux très encourageants peuvent être téléchargés gratuitement sur leur site internet. Entre Alain Bashung, Noir Désir et une certaine chanson française de qualité se cache L’Escouade. Rien que pour la voix de Pierre-Yves Theurillat, ça vaut la peine de suivre cette nouvelle pousse…

Meilleur concert de l’année : Mick Pointer and Friends

Mick Pointer and Friends rejoue Script for a Jester’s Tear de Marillion. Voilà l’affiche que proposait le désormais mythique Z7 de Pratteln (Suisse) en avril de cette année. Alléché par l’idée d’écouter pour la première fois « en vrai » ces titres du Marillion de la grande époque, votre serviteur s’est tout simplement pris la plus grande claque de sa vie de concerts (plus de deux cents depuis ses dix-sept ans pourtant !). Il faut dire que Mick Pointer (premier batteur de Marillion) s’est entouré de pointures pour recréer la magie des premières années du groupe. Jugez plutôt : le guitariste de Pendragon, le claviériste de Credo, le bassiste d’Arena et l’incroyable chanteur de Carpet Crawlers (tribute band de Genesis) dans le rôle de Fish. Epoustouflant, émouvant et incroyable. Deux heures de magie à ne manquer sous aucun prétexte quand cette équipe gagnante, forte du succès de cette tournée, remettra le couvert en début 2009 !

Meilleur DVD de l’année : Neal Morse – Sola Scriptura and Beyond

Entouré d’illustres inconnus à la maestria confondante, Neal Morse nous rejoue l’album Sola Scriptura acomapgné d’autres morceaux à l’exécution non moins aisée et son lot de bonus. Le retour de l’homme-pieuvre entouré de ses poissons polymorphes. Il faut le voir pour le croire !

L’initiative de l’année 2008 : enfin, l’intégrale Genesis est terminée !

Avec le coffret de l’ère Gabriel, EMI met un terme à sa collection luxueuse de trois coffrets recouvrant l’ensemble de la carrière de la Genèse. Remastérisation impeccable des albums, son apte à combler l’audiophile le plus exigeant, bonus audio et video intéressants, inédits pour certains. Le must have pour tout fan qui se respecte. Mais quelle idée bien peu philanthropique de vendre trois coffrets séparés et non un seul définitif !


Christophe Manhès

Meilleur album de l’année :


#1 : Make a Rising – Infinite Ellipse and Head...
#2 : Setna – Cycle I
#3 : Guapo – Elixirs

Baudruche de l’année : Kayo Dot

Qui aime bien, châtie bien. Quoi que l’on en dise, l’attente, énorme, aura été déçue. Leurs deux premiers albums les avaient propulsés dans la stratosphère, près des dieux. En 2008, ils seront redescendus sur terre car avec Blue Lambency Downward, Kayo Dot s’embourbe plus qu’il ne défriche. On espère seulement que ce sera pour mieux rebondir encore. 

Meilleur titre de l’année :

#1 : Guapo – « King Lindorm » 
#2 : Rational Die – « Condemended » 
#3 : Meshuggah – « Combustion » 

Meilleur espoir de l’année : Aucan

Pas de doute, les Italiens d’Aucan ont un « truc » bien à eux qui les distingue immédiatement. D’abord une approche rythmique dépassant largement les contraintes du genre math-rock, mais surtout, fait rarissime, un clavier réellement innovant qui sait agacer nos oreilles avec ce qu’il faut de couleur et d’originalité pour créer un style totalement original. C’est peu dire que l’on attend la suite.

Meilleur concert de l’année :

#1 : Thinking Plague – Les Lilas, Le Triton 
#2 : Setna – Les Lilas, Le Triton 
#3 : Univers Zero – Les Lilas, Le Triton

L’initiative de l’année : L’intégrale de Magma

Le Kobaïen en rêvait, Vander l’a fait. Tout Magma, et plus encore… incontournable !


Dan Tordjman

Meilleur album de l’année :


#1 : Opeth – Watershed
#2 : Protest the Hero – Fortress
#3 : Rush – Snakes and Arrows Live

Baudruche de l’année : Dream Theater – Chaos in Motion

On était en droit d’attendre beaucoup de ce DVD annoncé comme extrêmement copieux. Si le documentaire qui l’accompagne est tout simplement parfait, on ne peut pas en dire autant des concerts capturés. Un James LaBrie à la ramasse, une qualité de film pour le moins déconcertante… Dream Theater divisait depuis quelques années déjà, et ça ne va pas en s'arrangeant.

Meilleur titre de l’année :

#1 : Id Guinness – « Negative »
#2 : Protest the Hero – « Sequoia Throne »
#3 : Brave – « Hold On »

Meilleur espoir de l’année : Protest the Hero

On pourrait dire que Protest the Hero ne fait même plus figure d’espoir tant la maturité présente sur Fortress est bluffante. Compositions alambiquées à souhait, niveau des musiciens impressionnant, le groupe a tout d’un futur grand. De « Bloodmeat » à « Sequoia Throne » en passant par « Spoils », c’est une distribution de baffes en rafales. Vivement la suite !

Meilleur concert de l’année :

#1 : Protest the Hero – Paris, La Locomotive
#2 : Riverside – Paris, La Scène Bastille
#3 : Symphony X – Paris, Le Bataclan

Meilleur DVD de l’année : Rush – Snakes and Arrows Live

Chaque livraison vidéo de Rush est un vrai trésor de conceptualité. Au delà du concert en lui-même, les bonus fournis prennent le fan à contrepied qui en est quitte pour une bonne crise de fou rire !

L’initiative de l’année : Le retour annoncé de Devin Townsend

Nous l’avions quitté dépressif, annonçant son retrait de la scène musicale. Heureux que nous sommes, le divin Devin a annoncé être en plein travail pour son prochain album. Hélas, rien de nouveau quant à une éventuelle tournée. Ne gâchons pas notre plaisir, c’est toujours mieux que rien !


Jean-Daniel Kleisl

Meilleur album de l’année :


#1 : Mats / Morgan Band – Heat Beats Live
#2 : Aucan – Aucan
#3 : Esbjörn Svensson Trio – Leucocyte

Baudruche de l’année : les ré-ré-ré-éditions

Ça « rééditionne » à tour de bras, y compris dans le genre rock progressif. Après lesremasters des remasters, voici les SACD et les DVD 5.1 qui écrasent lesdites rééditions qui sonnaient elles-mêmes encore mieux que les premières publications, etc. L'industrie du disque ne sait plus vraiment quoi entreprendre pour enrayer la chute de ses ventes. 

Meilleur titre de l’année :

#1 : The Evpatoria Report – « Eighteen Robins Road » 
#2 : Jeff Beck – « Goodbye Pork Pie Hat / Brush with the Blues (live) » 
#3 : Grails – « Doomsdayer’s Holiday » 

Meilleur espoir de l’année : Equus

Cette année ne fut pas celle des groupes « à chant » si l’on en croit notre bilan, et Equus ne fait pas exception. Alliant un rock progressif planant et dépressif à un post rock aux influences hardcore, les Genevois, musiciens expérimentés, en ont surpris plus d’un avec un premier album ambitieux. 

Meilleur concert de l’année :

#1 : Eric Clapton Band – Zürich, Hallenstadion, Suisse 
#2 : Dillinger Escape Plan – Fribourg, Fri-Son, Suisse 
#3 : Aucan / Marj – Berles Rock Festival, Suisse 

Meilleur DVD de l’année : –

Aucun DVD millésimé vu cette année. 

L’initiative de l’année : Les forçats de l’édition du disque

Malgré la crise économique couplée à celle dont souffre déjà le marché du disque, de petits labels gérés par des passionnés continuent de sortir des albums de qualité, envers et contre tout. Marché de niche réservé à des auditeurs tout autant passionnés, on ne peut qu’espérer que le feu sacré soit toujours présent ces prochaines années. Nous ne citerons aucun nom mais notre classement peut déjà donner quelques pistes. 


Jérôme Walczak

Meilleur album de l’année :


#1 : Sigur Rós – Með suð í eyrum við spilum endalaust
#2 : Marillion –  Happiness Is the Road
#3 : Caamora – She

Sans conteste, le souffle est cette année venu d’Islande. Sigur Rós, combo érigé aujourd’hui au rang de star, a su dans cet album imprononçable mêler leur style mélancolique traditionnel et un peu de joie, d’enthousiasme, avec des titres virevoltants, sautillants et communicatifs en diable. Avec une année sombre comme 2008, ce genre d’initiative ne pouvait qu’être saluée. Marillion, en honnête seconde position, parce que les cinq britanniques ont une bonne fois pour toutes fait taire les critiques, parfois les insultes, en publiant un double album atmosphérique, onirique, tranquille, totalement à rebours des productions précédentes. Caamora, enfin, parce que ce disque kitsch à souhait, qui ne se prend pas au sérieux, avec ses emphases, ses fougues de mélodies pétries de dithyrambes et un joli soufflet envoyé à la figure des musiques ternes, grises, sombres et globuleuses que cette morne année a connue.

Baudruche de l’année : la bonne musique n’est plus mélodique

Dieu que nous avons souffert avec tous ces disques, ces groupes sérieux qui savent certes aligner trois notes mais sans envisager une seule seconde qu’il faut que ce soit joli. Que c’était impersonnel, que c’était sombre et noir, et sans poésie. 2008 a vu triompher toutes ces âneries jazzeuses et intellos qui n’apportent aucun plaisir, qui n’engendrent que cérébralisme patenté et mornes impressions. Caftons un peu, je souhaite sincèrement que The Black Noodle Project, Vinc Project, Botch, Sebkha Chott et autres Klotet fassent une cure d’Annie Cordy et de Nana Mouskouri pour comprendre que la musique, parfois, ce n’est pas seulement pénible et professionnelle, il faut que ça apporte du rire et du bonheur. Un peu trop de dépressifs cette année, trop d’alambiqués, trop de technique et pas assez de sentiments. Au panier ! 

Meilleur titre de l’année :

#1 : Marillion – « Asylum Satellite #1 » 
#2 : Sigur Rós – « Festival » 
#3 : Ysa Ferrer – « On fait l’amour » 

Un des plus époustouflants titres de Marillion, long, progressif, sombre et beau à la fois. Un titre tranquille, mélancolique, et qui grimpe tranquillement dans ces sphères heureuses et apaisées où ce groupe est mille fois attendu. Sigur Rós, avec « Festival », nous a gratifié d’un moment simplement magique, où, lentement, le final long nous emporte et nous enivre. Il y a des fins de chansons dont on se rappelle toute sa vie, à l’instar de « Starship Trooper » de Yes ; les Islandais ont su nous offrir un titre de cette dimension, une incontestable réussite. Et puis, Ysa est revenue cette année, avec un single incroyable, remixé à partir d’un des tubes du Rondo Venezziano, et elle a fait mouche, la petite. C’est sûr, ce n’est pas cérébral et torturé, mais Ysa, on l’aime à Progressia ! Elle en a fait, du chemin, depuis Seconde B.

Meilleur espoir de l’année : Cecilia Eyes

Les petits Belges, tout jeunes et tout timides, ont publié cette année un album construit, riche et bien arrangé : Montain Tops Are Sometimes Closer to the Moon. Des ambiances tranquilles, on appelle cela le post rock, paraît-il. Ils ont des capuches, ne sourient pas et jouent bizarrement de la guitare avec des petits machins en métal qu’ils passent leur temps à frotter sur leur manche, c’est joli comme tout, assez optimiste et ils méritent d’être connus. 

Meilleur concert de l’année :

La convention du Spirit of 66 de Verviers, évidemment, parce que ces gens sublimes de ProgRésiste ont compris que tout cela n’était que de la joie, de la fête, des sourires, des regards, et pas mal de bière aussi, et que la musique ne devait plus être ennuyeuse. Alors, pour ces jours superbes, pour le violoniste de Gazpacho, le clavier de Moon Safari, le rire de Piero et de tous les autres, la Chimay bleue, les frites grasses, les assoupissements pendant Balloon, les conversations endiablées, la magie et la grâce d’Aries, la gentillesse de tous ces gens : mille mercis et à l’année prochaine !

L’initiative de l’année : Notre patronne

Vous ne le savez pas, mais à Progressia, on a une patronne extraordinaire qui se bat pour que chacun d’entre nous puisse avoir les disques qu’il souhaite, qui nous écoute, nous console, nous gâte, nous engueule, et avec un seul souci en tête : vous rendre heureux et vous faire découvrir de jolies musiques. Alors, je profite de ces pages pour remercier la patronne de ses mille conseils d’écriture, de ses engueulades parfois, j’en profite au passage pour m’excuser de mes chroniques rendues avec huit jours de retard, mes fautes de frappe, mes goûts musicaux hors-norme et je lui souhaite de rester longuement parmi nous, parce que si Progressia est le meilleur site de musique de tous les temps, c’est grâce à elle.


Antoine Pinaud 

Meilleur album de l’année :


#1 : Opeth – Watershed
#2 : Between the Buried and Me – Colors
#3 : Klimt 1918 – In Case We'll Never Meet Again

Baudruche de l’année : Plus d'égard pour la presse !

Non pas un album décevant mais un coup de gueule face à la politique des labels vis-à-vis de la presse musicale afin de contrer le phénomène du piratage : disparition du support physique au profit du piteux format MP3, disques fragmentés en quatre-vingt-dix-neuf pistes, voice-overoù des types parlent sans arrêt pour répéter inlassablement que c'est une copie promo bla bla bla et deux à trois fois par titre s'il vous plaît. Autant de pratiques perpétrées à outrance, qui rendent l'écoute d'un album insupportable pour le chroniqueur passionné et avisé. On a beau couper les têtes de cet hydre, il en repousse toujours une plus effrayante. Les maisons de disques s'affolent et les magazines en pâtissent par conséquence, pour le moment... 

Meilleur titre de l’année :

#1 : Between the Buried and Me – « Ants of the Sky » 
#2 : Von Hertzen Brothers – « Freedom Fighter » 
#3 : Sigur Rós – « Fljótavík » 

Meilleur espoir de l’année : Pin-Up Went Down

Entité bicéphale au tonus sexy et à la technique vocale impressionnante, le duo rouennais nous a pris à revers pour nous infliger une bonne fessée bien méritée ! Quand la France poursuit son éveil artistique, on est ravi de pouvoir en crier les mérites au monde entier !

Meilleur concert de l’année :

#1 : Symphony X – Paris, Le Bataclan 
#2 : Paul Gilbert – Paris, Le Trabendo 

Meilleur DVD de l’année : Opeth – The Roundhouse Tapes

Après le « léviathanique » Watershed sorti chez Roadrunner Records en juin, Peaceville fait les fonds de tiroirs et propose le DVD du fameux double live sorti l'an dernier. L'occasion de revoir sur scène un groupe à son firmament, à la classe toute scandinave et dont l'affection indéfectible de son public témoigne qu'Opeth est un groupe unique. 

L’initiative de l’année : les labels irréductibles

A contrario de la stratégie offensante pour éradiquer le piratage, il faut néanmoins saluer la tendance qu'ont certains labels à reconsidérer la question de la production artistique, en employant des efforts bienvenus en terme de marketing et de packaging pour faire émerger certains artistes qui méritent une plus grande attention.

Commentaires 

#1 valg af kniv 09-12-2018 23:21
Ꮋey there just ѡanted too give you a ƅriеf heads up and let you know a few
օff thе images aren't loading correctlу. I'm not sսre whyy
but I think itѕ a linking issue. I've tried іt in two different web browsers and both show the same outcome.


Also visit myy bloց ... valg
af kniv
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