Interview

Echolyn

21 Septembre 2012

Windows 7

par Jean-Philippe Haas

La dernière fois que nous évoquions le nouvel album d’Echolyn, c’était avec Brett Kull en 2009 pour feu Progressia à l’occasion de la réédition de Cowboy Poems Free. Maintenant que c’est chose faite, Chromatique revient vers le guitariste/chanteur, accompagné de Chris Buzby (claviers) pour évoquer une arlésienne qui a enfin montré le bout de son nez, sept interminables années après son prédécesseur.

Certains diraient : « enfin ! ». Le dernier disque d’Echolyn a été régulièrement retardé. Je suppose que la collaboration de Brett et de Paul (Ramsey, NdlR) avec Francis Dunnery, ainsi que l’album solo de Brett y sont pour quelque chose. Parlez-nous donc de cette lente genèse.
Chris Buzby :
Nous souhaitions qu’il se rapproche de la perfection. Comme pour la plupart de nos albums, cela a pris du temps de capturer convenablement ces moments. Malgré quelques faux départs (la date de sortie a beaucoup varié !), nous avons réussi à boucler l’album de notre vie. Chaque note, chaque mot est à sa place. Tout s’emboîte et mérite sa place. Nous sommes fiers de ce travail, car nous avons pris le temps de le faire pour nous-même d’abord, et pour le reste du monde ensuite. Pas de regrets.
Brett Kull : Je suis d’accord avec Chris. Nous sommes très pris dans d’autres projets, et bénissons le temps que nous trouvons pour faire de la musique ensemble. Cela prend du temps pour composer de la musique qui ne soit pas chiante (rires).

Ce nouvel album a-t-il été influencé par les collaborations de Brett et Paul avec The Syn et The New Progressives ?
Chris :
Chaque nouvelle oeuvre que nous écrivons et réalisons est influencée par tout ce que nous jouons, écrivons et découvrons par nous-mêmes. C’est ce qui fait qu’Echolyn est un groupe unique. Chacun de nous écoute des choses complètement différentes la plupart du temps, et ces influences composent la mosaïque musicale que nous créons quand nous nous réunissons tous les cinq pour écrire. Nous sommes la définition vivante d’une équipe hétéroclite (rires) !
Brett : Les influences que nous avons eues depuis 2005 imprègnent ces nouvelles chansons. C’est notre façon d’écrire, les expériences réelles nous affectent. Paul et moi avons travaillé avec Francis Dunnery parmi d’autres. Il nous a fait réfléchir différemment en ce qui concerne la façon de jouer et d’enregistrer.

L’album a des atmosphères nostalgiques, mélancoliques, ainsi qu’une touche symphonique, peut-être à cause des cordes et des claviers. A mon sens, il s’agit d’un disque plus calme et mélodique, quelque part entre Mei et Cowboy Poems Free. Êtes-vous d’accord avec cette analyse ?
Chris :
Pour moi, c’est un parfait mélange de nos trois derniers disques. Les histoires et les mélodies de Cowboy Poems Free, couplées avec la beauté et la profondeur de Mei, ainsi que l’esprit « roue libre » de The End Is Beautiful.
Brett : La nouvelle musique est une évolution naturelle de tout ce que nous avons écrit. Chaque projet se doit de posséder de nouveaux aspects qui nous donnent envie de continuer. Cet album, comme tout ce que nous avons écrit, explore, nous l’espérons, de nouveaux espaces de notre créativité.

Je dois avouer que je ne me suis pas encore plongé dans les paroles. Y a-t-il un concept qui sous-tend l’album ? Que représente le visuel de la pochette ? Quel est le sens de ces fenêtres opaques, sales ou cassées ?
Chris :
Pour moi, les fenêtres sont intéressantes, car elles créent et permettent une perspective. Parfois le carreau est propre et neuf, et d’autres fois, il est brisé. Certaines personnes ferment toujours leurs fenêtres, d’autres les laissent ouvertes. Certains en masquent la vue avec des rideaux, des stores ou des draperies, d’autres les laissent telles quelles, nues. Et peu importe de quel côté tu te trouves, tu peux à la fois voir regarder à l’intérieur et à l’extérieur simultanément, selon ton point de vue… Ainsi, l’image que renvoie la pochette, pour moi, est en lien étroit avec les thèmes de ses paroles et de sa musique.
Brett : L’album n’est pas conceptuel, mais il dégage des ambiances et des sensations très cohésives. C'est primordial pour moi, dans chaque projet que nous entreprenons. Les paroles sont magnifiques.

Chris a joué au NEARfest Apocalypse, avec Mike Keneally. Y êtes-vous allés ? Avec une affiche aussi impressionnante, n’est-il pas triste que le festival connaisse aujourd’hui sa fin ?
Chris :
Nous y étions tous, soit pour distribuer ou vendre notre nouvel album - Tom, Ray, Paul et moi –, soit pour travailler – Brett enregistre tout l’événement – ou pour y jouer, comme mon invitation par Mike Keneally pour tenir les claviers sur « The Dolphins Suite », tiré de son album de 1994, Boil That Dust Speck. Je ne suis pas prêt d’oublier cette occasion. Voici un lien pour y jeter un œil : http://www.youtube.com/watch?v=oZboNXNw-aU Ce fut un week end incroyable et triste à la fois, puisque le NEARfest se terminait pour de bon… Mais comme toujours, lorsqu’une porte se ferme, d’autres peuvent s’ouvrir. Le temps le dira !
Brett : J’enregistre le spectacle sur multi-pistes depuis des années maintenant et j’apprécie toujours l’expérience. Le festival a connu de beaux jours !

De nombreux autres festivals de prog’ ont disparu, et ceux qui restent connaissent des difficultés pour survivre, hormis les très gros comme le Night of the Prog Festival en Allemagne. D’après vous, quelle est la raison de ce manque de public ?
Chris :
Le rock progressif a tendance à avoir une portée, un nombre de fans et des chiffres de ventes assez limités dans le monde. Les festivals sont donc problématiques car situés dans des endroits spécifiques, qui rendent impossible le déplacement pour certaines personnes. Je pense que si les groupes prenaient plus de risques, et se mettaient à écrire leur propre musique, sans chercher à cloner les groupes du passé, la scène progressive exploserait vraiment, les anciennes et jeunes générations se sentiraient davantage concernées. Malheureusement, le genre qu’on appelle « rock progressif » a autant de connotations négatives qui l’accompagnent que de positives, car prog signifie souvent « retro ». Nous sommes un groupe qui a entrepris de redonner à cette notion sa tête et ses oreilles !
Brett : La musique dite progressive doit être plus progressiste, et fédérer plus d’une tranche d’âge, plus d’un style, ou – pour employer les grands mots – une cohorte générationnelle. En d’autres mots, elle a besoin de progresser ! Quand tu observes les festivals qui ont du succès, ils ont en général une magnifique sélection de musique de genres très différents. C’est ça, un concept progressif qui marche. Avoir une vue étroite sur la musique et une attitude élitiste ne mène à rien.

En 2005, vous avez tourné en Europe. Je suppose qu’il n’est pas simple de jouer en dehors de l’Amérique du Nord, mais envisagez-vous tout de même de revenir ?
Chris :
Nous adorerions voyager et tourner en Europe à nouveau. Ce fut une incroyable expérience pour nous. Cela va dépendre des finances, du temps et des emplois du temps de chacun. Nous avons prévu d’y réfléchir très sérieusement. En particulier avec le bon accueil qui a été réservé à l’album.
Brett : Nous espérons venir au Royaume-Uni et en Europe à nouveau, nous avons vécu une merveilleuse expérience la dernière fois que nous sommes venus. Si nous avons le temps et l’argent, nous le ferons.

En 2009, vous nous parliez d’une sortie éventuelle d’enregistrements de concerts. Est-ce toujours prévu pour un futur proche ?
Chris :
Nous avons beaucoup de musique live sur disque dur. Sortir l’un de ces enregistrements dépend toujours de deux choses : le temps, et le désir de passer du temps à mixer quelque chose d’ancien plutôt que de dépenser notre énergie à écrire quelque chose de neuf. Nous aimons tous progresser, écrire quelque chose de neuf est donc ce que nous privilégions la plupart du temps, d’où le faible nombre de sorties live. Mais il ne faut jamais dire jamais. Il y a quelques perles mixées par Brett durant ces années qui existent sur Youtube, et qui nous montrent dans différents concerts à des périodes « live » de nos vies (jeu de mots intraduisible, « live » lives, NdlR), lorsque nous tournions et jouions plus souvent.
Brett : Finalement, nous sortirons certaines prestations scéniques. Nous avons quelques beaux concerts qui doivent être mixés et sortis.

Je suppose qu’il est très cher de filmer professionnellement un concert, mais pensez-vous donner un successeur à Stars and Gardens - Volume 4 ?
Chris :
Nous avons des tas de vidéos tournées pendant la réalisation de cet album. Notre souhait est de monter ces enregistrements et de les mettre à disposition sur Youtube ou sur notre site web, pour que les fans puissent voir quels processus et évolutions ont mené ces chansons à leur place sur cet album.
Brett : J’aimerais le faire à nouveau… mais différemment, pour changer les choses légèrement.

En tant qu’artistes indépendants, vous vendez votre musique via CD Baby ou iTunes et Mp3tunes. Êtes-vous satisfaits de ces médias ? Peut-on réellement gagner de l’argent par ces moyens ?
Chris :
En réalité nous gagnons davantage aujourd’hui que nous n’en avons jamais gagné avec Sony, car avec eux, nous touchions des avances sur des profits futurs… et dans le monde des majors, tu dois vendre des centaines de milliers de disques pour rembourser l’argent touché à l’avance. Nous sommes incroyablement chanceux de pouvoir sortir de la musique qui se subvient à elle-même. Nous n’avons pas eu besoin de sortir le moindre dollar de notre poche depuis 1992 ; comme toute petite entreprise qui marche, le groupe se paie lui-même, alors nous prenons soin de lui, avec amour et une énergie positive, et ainsi il continue à se financer pour de futurs disques et projets.
Brett : Le changement dans l’industrie était nécessaire et mérité. Je suis très heureux d’être impliqué dans ce projet indépendant, et de le rendre fructueux. Internet a changé le monde dans ses moindres considérations.

Un dernier mot pour les lecteurs de Chromatique ?
Chris :
Merci pour votre soutien permanent et vos oreilles ouvertes. Pour que les musiciens et groupes puissent progresser, il faut une communauté d’auditeurs ouverts d’esprit, qui acceptent de les accompagner dans chaque nouveau voyage. Nous sommes ravis de recevoir autant de soutien pour ce nouvel album qui est le nôtre. Merci !
Brett : Comme toujours, nous ne pouvons vous remercier assez pour l’intérêt que vous portez à notre musique. C’est merveilleux de pouvoir créer de la musique et de voir des gens qui sont sincèrement passionnés.

Interview réalisée le 29 août 2012

Galerie

(D.R.)

Commentaires 

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