Interview

Leprous

31 Août 2011

Sur la voie de la reconnaissance

par Martial Briclot

Origine : Norvège
Style : Metal Progressif
Formé en :
2001
Composition :
Einar Solberg (chant, claviers), Tor Oddmund Suhrke (guitare), Rein Blomquist (basse), Øystein Landsverk (guitare), Tobias Ørnes Andersen (batterie)
Dernier album : Bilateral (2011)

Jeunes pousses du prog-metal à tendance barré, les Norvégiens de Leprous nous ont prouvé avec Tall Poppy Syndrome que le genre pouvait encore se renouveler. Trois ans plus tard, c’est avec Bilateral qu’ils vont tenter de confirmer les espoirs placés en eux, et c’est Øystein, guitariste du groupe, qui nous en parle.

Chromatique : Tall Poppy Syndrome plaçait la barre très haut pour un jeune groupe. Avec le recul, êtes-vous satisfaits de l’accueil qui lui a été réservé?
Øystein Landsverk : Nous n’avions pas d’immenses attentes à ce sujet mais avons obtenu un certain nombre d’excellentes chroniques. C’est évidemment toujours valorisant et motivant lorsque les gens apprécient ce sur quoi tu as durement travaillé. Malgré tout, a posteriori, au regard de l’orientation qu’a pris Bilateral, nous aurions peut-être fait les choses différemment…

Pour ce deuxième album, vous avez signé chez Inside Out. Comment abordez-vous cette nouvelle étape et qu’attendez-vous de cette collaboration ?
Nous continuons simplement à faire ce que nous faisions auparavant et apprécions le fait que notre musique sera probablement disponible pour un public encore plus large. Nous attendons donc surtout une meilleure distribution et, avec un peu de chance, de plus en plus de gens entendrons parler de nous. Un plus gros label pour une plus grosse promotion en somme.

A plus d’un titre, la pochette de Bilateral est surprenante. Y a-t-il une signification derrière celle-ci, et ne craignez-vous pas que son aspect étrange crée des a priori auprès de certaines personnes ?
Si quelqu’un est sensible et étroit d’esprit au point de rejeter un album seulement pour sa pochette, je ne suis pas certain qu’il soit prêt à entendre ce que l’on propose. Et concernant sa signification, je pense que tenter de l’analyser en diminuerait l’impact, nous en laissons donc la libre interprétation ;-)

Il semble que Tall Poppy Syndrome ait subi un long process de composition, avec des modifications de dernière minute. Bilateral vous est-il venu plus spontanément, ou est-ce le fruit d’une longue réflexion ? De manière plus générale, avez-vous modifié vos méthodes de travail ?
Nos méthodes de travail n’ont pas réellement changé. Nous avons simplement continué sur la même voie, peu importe où celle-ci nous mène. Une personne apporte une idée, en ayant réfléchi ou pas aux autres instruments, et le reste du groupe s’en sert comme base de travail.

Que signifie « Bilateral » ? Y a-t-il un concept derrière ce terme ou cela symbolise-t-il simplement votre schizophrénie, cette alternance entre mélodies catchy et riffs malsains ?
Il y a un peu de ça, mais c’est un thème qui revient à la fois dans notre musique et dans nos paroles. Ce n’est pas un concept album. Cependant, un certain nombre de textes peuvent correspondre au terme « Bilateral ». De par la cohérence de ce mot avec notre musique, nous avons trouvé que c’était un nom approprié pour le disque. Cela dit, ce genre de chose et souvent plus sympa à chercher par soi-même, donc à nouveau, nous en laissons la libre interprétation ;-)

Vous semblez très concernés par le fait de briser les conventions pour respecter une démarche « prog » avant-gardiste. Cela signifie-t-il qu’aucun album de Leprous ne ressemblera au précédent ? Cela ne risque-t-il pas de vous empêcher d’avoir un style, une personnalité bien définie ?
Je pense que tu te méprends un peu. Nous n’essayons et ne nous forçons pas à casser des soi-disant « conventions », nous ne suivons pas une approche clairement définie. Les choses se font spontanément. Evidemment, nous nous efforçons de ne pas copier nos albums précédents, mais ce n’est pas réellement une règle ou un leitmotiv. Nous créons ce qui nous vient à l’esprit, tant que cela nous semble naturel, qu’il y a du groove et de l’originalité. Nous élaborons un son, donc nous n’acceptons pas tout et faisons un peu de tri ;-)

Vous utilisez la trompette sur « Thorn », Ihsahn quant à lui a intégré avec succès le saxophone à son album solo… Ces mélanges d’instruments à vent et de metal sont trop rares et dégagent une puissance étonnante. Pensez-vous pousser l’expérimentation dans ce sens dans le futur ?
Complètement. Comme je le mentionnais plus tôt, nous additionnons tout ce qui nous semble manquer à la composition. Si c’est une trompette, nous l’ajoutons. Ceci dit on essaye de ne pas trop en faire non plus, de manière à pouvoir respecter le plus possible le contenu de l’album en live. Notre musique est tellement ouverte d’esprit qu’accueillir un nouvel instrument à bord n’est jamais compliqué !

Il semble que sur cet album vous ayez mis l’accent sur les mélodies pop, les chœurs travaillés pour une musique plus directe. Si l’album conserve quelques accents noirs, il reste globalement plus positif. Etait-ce une démarche volontaire ?
Cela s’est probablement avéré être plus positif, mais ce n’était pas particulièrement notre volonté au départ. Tous ces changements furent le fruit d’une évolution naturelle en tant que groupe. Mais nous sommes aujourd’hui plus conscients de ce qui convient à une chanson, et c’est peut être cela qui a accru l’aspect pop et accrocheur des morceaux. « Waste of air » peut cependant servir de contre-exemple, dans une autre direction ;-) [Ndlr : Nous vous en laissons la surprise]

En France, vous aviez ouvert pour Therion l’année dernière. Comment décririez-vous l’expérience, le public de Therion a-t-il bien accueilli un groupe foncièrement différent et plus complexe ?
C’était une excellente expérience, sans doute la plus belle, d’autant que c’était notre toute première tournée et que le groupe a de nombreux fans. Nous avons joué sur six dates, rencontré de nombreux fans enthousiastes et avons très bien mangé. Evidemment, comme dans toute musique, certains aiment et d’autres pas. Quoiqu’il en soit, on a pris beaucoup de plaisir à faire quelque chose de très excitant et d’inédit pour nous.

Y a t-il déjà des plans pour une prochaine tournée?
Appréciant énormément de jouer en live, nous saisirons donc la moindre chance qui se présentera à nous ! Et surtout, accueillez-nous chaleureusement !

Qu’avez-vous appris sur scène aux côtés d’Ihsahn (les membres de Leprous font partie du groupe live d’Ihsahn, ndlr) ?
Nous avons eu beaucoup de bons moments en concert, à jouer sur les plus grandes scènes du coin. C’est un démarrage en trombe pour un groupe de notre taille, et c’était fantastique non seulement en terme d’apprentissage, mais également pour notre motivation. On a pris tout cela très sérieusement, dès le départ, et cela s’est avéré payant au-delà de ce que l’on imaginait.

Merci de nous avoir consacré un peu de temps, à bientôt en tournée !

Interview réalisée le 15 août 2011

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