Interview

Threshold

30 Mars 2007

Threshold

par Dan Tordjman

ENTRETIEN : THRESHOLD

 

Origine : Angleterre
Style : Metal Progressif
Formé en : 1989
Line-up :
Mac - chant
Karl Groom - guitares
Richard West - claviers
Steve Anderson - basse
Johanne James - batterie
Dernier album: Dead Reckoning (2007)

Threshold, contre vents et marées, a finalement su faire son trou au sein la scène progressive européenne. Groupe souvent montré du doigt, accusé un temps d’être le plus gros plagiat de Dream Theater, les Britanniques ont réussi à imposer leur marque de fabrique mélangeant guitares en acier trempé, refrains accrocheurs et mélodies d’orfèvres. Si Subsurface était synonyme du retour en grâce de Karl Groom et sa clique, Dead Reckoning conforte un peu plus Threshold dans sa soif de reconquête : soif décuplée soit dit en passant, par la signature du groupe chez Nuclear Blast. Une fois n’est pas coutume, c’est avec Mac, habituellement peu coutumier du bavardage, que nous nous sommes entretenus sur l’actualité du groupe.

Progressia : Est-ce difficile de se remettre au travail après une période aussi faste que celle qui a suivi la sortie de Subsurface ? On irait même jusqu’à dire que vous n’avez jamais été autant occupés pour promouvoir un de vos albums ?
Mac
: (long silence, visiblement surpris de la question) Oui… et pourtant Dieu sait que nos calendriers ne sont pas faciles à synchroniser. Le reste du groupe vit en Angleterre, excepté moi qui vis en Allemagne. On ne se voit pas souvent, on ne peut répéter aussi souvent qu’on le souhaite et prévoir par exemple un concert pour le week-end prochain. Le Subsurface Tour, en termes d’objectifs, a largement dépassé nos attentes à tel point que nous étions pour ainsi dire cramés à la fin de la tournée. De plus, pas mal d’argent a été mis en jeu sur cette tournée en terme de merchandising, de promotion, etc. Je ne saurais dire pourquoi mais tous les T-shirts qu’on avait sur la tournée se sont littéralement arrachés, ce qui nous a bien entendu surpris. On n’a pas boudé notre plaisir. D’ailleurs, j’ai une petite anecdote : tout le merchandising, avait été envoyé au mauvais endroit ! C’est marrant pour moi d’en parler aujourd’hui mais sur le moment cela nous a un poil excédé.
Je me souviens de ce concert dans cette petite salle Parisienne, je crois que c’est la Maroquinerie, n’est-ce pas ? J’ai un bon souvenir de notre passage dans votre capitale. Donc oui ce fut une période faste mais on a senti le besoin de s’éloigner un peu les uns des autres. Pour ma part, j’étais occupé par mon projet Yargos. Karl, quant à lui, est occupé à produire des groupes (NdRéd. : Karl Groom est propriétaire avec Clive Nolan des Thin Ice Studios). Les gens pensent que pour nous la vie est faite de séances de studio et des tournées. Erreur fatale. Nous sommes des êtres humains avec nos vies de famille. Moi aussi je change le papier peint, je répare les portes,… (Rires).

Parlons maintenant de Dead Reckoning. Quand avez-vous vu commencé à travailler sur ce disque ?
Nous avons commencé l’été dernier. Pour ma part, j’avais commencé à composer dès mars dernier, mais ça n’a pas suffi pour que mon titre figure sur le disque. (Rires) Toutefois, je ne suis pas vexé car ma chanson ne collait pas forcément avec le reste de l’album.

Dead Reckoning est marqué par l’absence de Nick Midson, co-fondateur du groupe. Quelles sont les raisons qui ont motivé sa décision ? Est-ce que vous sentiez poindre son départ, un peu de la même manière que Jon Jeary (ancien bassiste du groupe) ?
Nick traînait un peu des pieds quand il s’agissait de partir en tournée. De plus, il prétend souffrir d’un manque de confiance en lui qui l’a vraiment handicapé. Il ne se trouve pas exceptionnel. On a essayé de le motiver en lui disant que c’était une question de plaisir, mais visiblement son complexe d’infériorité a pris le dessus. C’est triste mais c’est sa décision et nous ne pouvons que la respecter. En fait, Nick ne souhaite plus tourner. Au cours d’une discussion entre Richard (West), Karl (Groom) et moi-même, nous sommes tombés d’accord sur le fait que Threshold doit franchir un nouveau palier et par conséquent, cela représente davantage d’investissement. J’ai pour exemple cette proposition de tournée avec Saxon, ce qui pour nous était fabuleux. Nous devions rendre une réponse immédiate. Nick nous a dit : « Oui pourquoi pas, je ne sais pas trop à vrai dire ». Cette situation résumait bien son état d’esprit. Mais à l’inverse de Jon, Nick n’a pas quitté le groupe, il souhaite juste prendre du recul, se poser un peu, parce qu’il n’aime pas être loin de chez lui ce que je comprends parfaitement. Qui aime être loin de chez lui ? La vie en tournée ce n’est pas si rose que ça en a l’air. Beaucoup de gens pensent qu’on sacrifie à la sacro-sainte trilogie « Sexe, drogues et Rock ‘N’ Roll ». C’est faux en tout cas pour nous, ce n’est pas ça ! A part être sur scène au moment du concert, la vie en tournée est pénible.

Pete Morten, guitariste de Soliloquy, remplace Nick pour la tournée. Avez-vous pensé à continuer avec un seul guitariste ?
En studio, cela ne pose pas de problème. Karl a enregistré toutes les guitares donc il pourra le refaire de nouveau. En concert, j’aimerais moi-même faire de la guitare, mais je suis pas mal occupé sur scène. Cela risque donc d’être compromis. C’est Karl qui a contacté Pete pour la tournée et je suis convaincu de son choix. De plus, Pete est à l’aise aux chœurs ce qui est bien parce qu’il y a tellement de chœurs sur ce nouveau disque !
La première constatation concernant Dead Reckoning, c’est qu’il est très chargé en guitares. Qu’avait Karl en tête au moment de composer ?
Beaucoup de personnes ont pensé que nous avions levé le pied sur nos derniers albums… jusqu’à dire que nous étions un poil mous. Nous en avons donc parlé avec Karl et ce que les gens ne savent pas le concernant, c’est qu’il peut être parfois très, très, très heavy et pour Dead Reckoning, il s’est totalement lâché !

Mous ? Pour Critical Mass certes, mais pour Subsurface, je ne comprends pas qu’on puisse dire que ce disque est mou !
Je suis assez d’accord. J’ajouterais même que nous suivons une courbe : Clone était heavy, nous avons après radouci le propos et maintenant nous sommes de retour pied au plancher ! Pour ma part, je dirais que Dead Reckoning est assez proche de Clone.

Subsurface était un album in your face, si je puis dire ainsi, tandis que maintenant vous lorgnez limite vers le thrash. Est-ce une évolution pour vous ?
Ben c’est progressif non ? (Rires) C’est là le but de notre mission : nous avons « progressé » ! Bien sur que c’est une évolution. Qui veut faire le même album encore et toujours ? (NdRéd. : Iron Maiden, AC/DC, Slayer ?) Le rock progressif est un genre musical qui exige une remise en question artistique quasi automatique à chaque album. Si tu fais le même disque deux fois, c’est la fin ! Les fans oublient ton nom et ton groupe et il ne te reste plus qu’à mettre la clé sous le paillasson.

Vous avez récemment rejoint Nuclear Blast, choix qui peut paraître surprenant pour beaucoup de fans. Est-ce que ce « transfert » implique pour votre part l’acceptation d’une étiquette plus metal voire thrash que progressive ?
Non. Threshold a toujours été rattaché à la scène progressive. A travers les années, nous sommes restés dans la scène progressive mais d’un point de vue artistique notre rock progressif actuel n’a plus grand chose à voir avec celui de l’époque Damian Wilson. Je ne dirai pas que nous faisons du metal mais du hard-rock. Je sais que cela peut paraître surprenant venant de ma part. Quand j’étais jeune, il y avait le punk, le heavy et le ska. Aujourd’hui il y a trois milliards de genres et de sous-genres musicaux qu’on ne sait plus où donner de la tête. Pour en revenir à Nuclear Blast, la principale raison qui a motivé notre choix est la suivante : Threshold était très bien loti chez Inside Out. Nous aurions pu continuer comme ça notre bout de chemin, être un gros poisson parmi tant d’autres dans un petit filet. Mais comme je disais avant, nous voulions encore faire un pas en avant. Nuclear Blast souhaitait en plus creuser un peu sa filière progressive et signer chez eux est la meilleure chose qui pouvait nous arriver. Nous sentions que nous stagnions quelque peu chez Inside Out. Nous n’oublierons pas l’excellent travail qu’ils ont fait pour nous et nous leur serons éternellement reconnaissants mais, comme je le disais, il faut avancer et Nuclear Blast nous en a donné les garanties. On ne vit qu’une fois et quand une telle opportunité se profile, il faut la saisir.

Quelles sont les garanties proposées par le label ? Bénéficierez-vous, par exemple, d’une meilleure promotion ou de plus grandes chances de tourner, sans compter le fait que vous pouvez maintenant élargir votre noyau de fans ?
Exactement. Je suis extrêmement optimiste. Jusqu’à aujourd’hui et cela est dit sans arrogance, nous avons reçu d’excellents retours concernant Dead Reckoning. C’est incroyable pour qu’on soit trois membres du groupe à se partager les interviews, c’est qu’il y a un truc ! (Rires)

Toujours pour évoquer le coté heavy du disque, ces sons de clavier électroniques utilisés par Richard font penser à des groupes plus actuels comme Muse, Rammstein ou Linkin Park…
Richard est le petit jeune rocker du groupe ! (Rires). En fait, il a longtemps été bercé la new wave et la musique electro anglaise quand il était plus jeune. Il est venu tardivement au rock alors que Karl et moi on écoute du rock depuis nos premiers biberons !

Penses-tu que les groupes que j’ai cité ont eu une influence quelconque sur ce disque ?
Sans doute ! Mais je te dirais de prendre patience car Richard a encore d’autres tours dans son sac. Richard et moi avons parlé de faire un projet qui serait plus dans la lignée de Queen. Cela fait un moment qu’on en parle. Et il y a peu j’étais à me dire : « Au lieu de faire un album solo, pourquoi ne pas enregistrer un album de reprises de Queen ? » Mieux encore, pourquoi ne pas impliquer le reste de Threshold dans ce projet ? Queen revu par Threshold, ça le fait non ? De plus, j’adore Paul Rodgers que j’ai eu la chance de rencontrer et ç’est une personne très sympathique.

On n’osait pas aborder le sujet avec toi, mais beaucoup de fans de Queen et qui connaissent également Threshold…
(m’interrompant). Oui je sais ! (rires) On me le répète souvent, je vais peut-être finir par me faire une raison ! Même Richard me dit que je pourrais être un candidat au poste de chanteur. Mais, bizarrement, à chaque fois que nous avons essayé de reprendre du Queen, cela ne fonctionne pas. Ne me demande pas pourquoi mais il y a toujours un truc qui bloque. Des fois, ça passe mais en vérité je pense que ce qui bloque vient du fait qu’on n’a pas forcément le temps nécessaire pour se pencher dessus de manière plus approfondie. Mais j’aimerais vraiment que ce projet puisse voir la lumière du jour !

Restons dans le domaine des reprises : vous surprenez votre monde en reprenant « Supermassive Black Hole » de Muse. D’où vient ce choix pour le moins étonnant ?
C’est de la faute de Richard encore (rires) ! Il avait cette idée et au départ, personne n’était chaud pour reprendre ce titre. Moi-même, je ne connaissais pas cette chanson. Il m’a fait écouter une démo où il joue de la guitare dessus. Et en fait, je me suis amusé à chanter cette chanson à la façon T-Rex, très glam rock. J’ai adoré enregistrer cette reprise, on a eu des bons fous rires sur ces sessions !

On sait depuis les débuts de Threshold que Richard et Karl fournissent quatre compositions sur cinq. Qu’en est-il pour ce nouvel album ?
Tant que Karl sera dans Threshold, il composera pour Threshold ! (rires) Plus sérieusement, j’ai composé des titres pour le groupe, mais ils ne conviennent pas. Non pas parce que les autres membres n’aiment pas mais parce ces morceaux ne collent pas au « concept » de l’album.

Est-ce qu’il y a du matériel inédit qui ne figure pas sur le disque ?
Oui et pour ma part, toute ma cave est remplie de compos ! (rires) Le souci avec Threshold, c’est que nous avons un concept, je ne parle pas de concept en tant qu’histoire mais plus en termes de direction artistique… Donc, quand tu as plusieurs personnes qui proposent leurs idées, cela devient problématique car dès lors, on part dans des directions différentes. Il y a donc une part de frustration mais une part de logique aussi. Richard est le premier à être enthousiaste à l’idée que je puisse proposer des titres au groupe. Mais l’esprit de cohésion prime et ça n’est pas un problème pour moi. Il y a aussi le problème de la distance, pour moi qui vit en Allemagne, ça rend l’interaction encore plus difficile, être plus impliqué dans Threshold, je ne demande que ça ! Pour le prochain disque, Richard et moi, nous devrions nous voir quelques semaines pour composer ensemble. Je réfléchis à mettre en ligne certaines de mes chansons mais il n’y a rien de bien concret pour le moment. Ou alors, je peux mettre des vidéos en ligne sur Youtube où je fais le pitre en studio !

A quoi doit-on la présence de Dan Swanö (Nightingale, Edge Of Sanity, Star One) sur « Slipstream » et « Elusive » ? Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il était en colère ! (Rires)
Oui effectivement il était furieux ! (rires) ! Le monde de la musique est tellement petit surtout quand tu es dans ce milieu depuis un long moment. Tout le monde se connaît donc tu connais une personne qui connaît quelqu’un qui a un ami, etc. Karl n’échappe pas à la règle. Il connaît beaucoup de monde en partie grâce à son studio d’enregistrement où il produit beaucoup de groupes qui se connaissent. Le bouche à oreille aide et ouvre aussi des portes.

Y a t-il un titre sur Dead Reckoning dont tu es particulièrement fier ?
Je ne me suis jamais posé la question… Je dirais que « Pilot In The Sky Of Dreams » me rend fier. Mais résumer ma performance sur un seul titre est ridicule. Il y a des passages qui me filent des frissons ! Ma perception n’est pas objective je pense mais beaucoup de personnes qui ont écouté le disque m’ont dit : » Beau boulot, bravo ! » Ils ne se rendent pas compte que c’est un très long et très fastidieux travail. J’ai enregistré le chant en deux fois. Puis j’ai perdu ma voix et je suis revenu une semaine après pour rester 7-8 jours pour mettre le reste en boîte. Et comme par hasard, quand je suis rentré en Allemagne, Richard m’a appelé pour me dire qu’il manquait des chœurs que j’ai dû enregistrer chez moi ! Avec tout ce qu’on a trimé pour ce disque, j’espère que cela va finir par payer !

Tu mentionnais « Pilot In The Sky Of Dreams » auparavant. Vous allez enregistrer une vidéo pour ce titre. Est-ce là une autre preuve du soutien de Nuclear Blast, qui semble visiblement prêt à mettre toutes les chances de votre coté ?
Absolument. De plus, cette vidéo n’aura rien à voir avec celle que nous avions tournée pour « Pressure » où nous avions un petit budget. La compagnie qui sera chargée de réaliser le clip a déjà bossé avec Dead Soul Tribe.

Des projets de tournée sont-ils à l’étude ?
Je veux tourner partout dans le monde : France, Italie, Espagne, Pays-Bas n’importe où ! (Rires) Pour le moment rien n’est fait. Et préparer une tournée, c’est tout un travail en amont. Nous n’avons plus 25 ans. Sincèrement, j’aimerais beaucoup revenir en France car nous gardons tous d’excellents souvenirs de nos concerts dans votre pays notamment celui de 2001 ou nous partagions la scène avec Ark (sic). J’espère vraiment que ça se fera. Encore une fois, je suis sûr que cet album va nous ouvrir de nouvelles portes.

Est-ce que tu feras à nouveau le poirier sur scène ? (NDRéd. : référence à la vidéo présente sur l’album Hypothetical dans laquelle Mac pose le micro parterre sur la scène et chante en faisant le poirier)
J’ai passé l’âge (Rires) ! Plus sérieusement pourquoi pas, j’attends de voir sur notre forum si les demandes sont nombreuses et si c’est le cas, je gratifierai le public de mes « Macrobaties »

Sur un plan personnel, où en est ton projet Yargos ?
Il avance. Trois quarts de l’album sont composés.

Le mot de la fin ?
Je voudrais juste vous remercier pour avoir pris le temps de faire cette interview. C’est sincère, les commentaires et les retours sur ce nouveau disque nous motivent pour partir en tournée et donner aux fans le meilleur de nous-mêmes. J’espère vivement qu’on s’arrêtera en France et que la fête sera réussie. Téléchargez le disque, écoutez-le et si vous l’aimez, achetez-le, vous ne le regretterez pas ! Merci beaucoup ! (NDRéd. : en français dans le texte)

Dan Tordjman

site web : http://www.thresh.net

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Commentaires 

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