Interview

Empty Tremor

02 Avril 2004

Empty Tremor

par Julien Negro

INTERVIEW : EMPTY TREMOR

 

Origine : Italie
Style : Metal progressif
Formé en : 1994
Line-up :
Oliver Hartmann – chant
Christian Tombetti - guitare
Marco Guerrini - guitare
Daniele Liverani - claviers
Denis Randi – basse
Stefano Ruzzi - batterie
Dernier album : The Alien Inside (2004)

Longtemps qualifiés d’émules de Dream Theater, les Italiens d’Empty Tremor reviennent avec The Alien Inside , une troisième production cherchant à se démarquer de leur principale influence. C’est le claviériste Daniele Liverani qui s’est plié à l’exercice de l’interview pour éclairer ce nouveau disque et présenter le groupe à ceux qui ne le connaîtraient pas encore.

Comme beaucoup de groupes italiens, Empty Tremor est malheureusement peu connu en France. Pourrais-tu présenter le groupe à nos lecteurs ?
Daniele Liverani :
L’histoire d’Empty Tremor débute en 1994 en Italie. Je ne faisais pas encore partie du groupe qui s’appelait alors Noise Pollution. Les musiciens avaient entre 12 et 16 ans et reprenaient des titres de Metallica, Gun’s and Roses, Pink Floyd, Led Zeppelin et même Dream Theater. En 1995, ils changent de patronyme pour Empty Tremor, modifiant la composition du groupe par la même occasion.
Agé de 24 ans à l’époque, je les ai remarqués lors d’un concert local et leur ai proposé de les rejoindre en tant que claviériste. Le premier chanteur, Davide De Paoli quitta alors le groupe, et fut remplacé par Matteo Babini. Je les ai ensuite poussés, vers la fin de l’été, à enregistrer une démo professionnelle, la première version de Apocolokyntosys qui, malgré un bon accueil, ne permit pas de décrocher un contrat. Les morceaux figurant sur cette démo avaient des arrangements différents ainsi que des paroles et des lignes mélodiques composées par Matteo Babini.
En 1996, nous avons donc retravaillé sur Apocolokyntosys et changé de chanteur lorsque Matteo est parti. Nous avons ensuite auto-produit cette deuxième version qui nous a permis de signer avec Pickup Records pour l’Italie et Rising Sun pour l’Europe. Le groupe était alors qualifié de “relève du metal progressif”, suivant les traces de Dream Theater, Shadow Gallery, Lemur Voice ou encore Superior. Nous avons ensuite participé à plusieurs festivals courant 1997, ouvrant même pour Royal Hunt.
« The Eyes of Universe », notre fan club officiel, basé en Allemagne, est créé en janvier 1998, alors que nous continuons à composer pour le nouvel album.
Eros and Thanatos sort début 2000 sur le label Elevate Records, avant que Giovanni DeLuigi ne décide de quitter le groupe à l’automne pour poursuivre sa carrière solo. Nous signons ensuite avec Frontiers Records, tout en continuant à travailler sur nos prochaines compositions, et c’est lors de l’enregistrement de Genius : A rock opera que je fais la connaissance d’Oliver Hartmann (ex At-Vance) qui deviendra le chanteur d’Empty Tremor sur The Alien Inside. Voilà dans les grandes lignes l’histoire du groupe.

Il vous a fallu plus de quatre ans pour réaliser votre nouvel album. Est-ce le départ de Giovanni qui est à l’origine de ce délai ?
C’est évidemment le premier problème que nous avons rencontré : il n’est pas facile de trouver un chanteur qui nous corresponde et qui soit efficace dans le style que nous pratiquons. Cela nécessite un registre de voix étendu, de l’expression et un timbre approprié. J’ai de plus été très occupé par mes projets personnels. Mais comme tu peux le voir, Empty Tremor est toujours resté actif.

La voix d’Oliver est vraiment très proche de celle de votre ancien chanteur. Cela a-t-il été un facteur décisif de son intégration ou quelque chose de totalement involontaire ? Penses-tu que cela favorise la cohésion du groupe ?
Il y a certes des similitudes, mais la voix d’Oliver est selon moi plus agressive, moins mélodique que celle de Giovanni, et colle donc parfaitement à l’aspect metal de notre répertoire. En fait, c’est Oliver qui a décidé d’intégrer le groupe après avoir écouté nos nouvelles compositions. Après notre rencontre pendant les sessions de Genius, nous sommes devenus amis et avons tout de suite pensé que cette collaboration serait bénéfique à Empty Tremor.

L’Italie a longtemps été un véritable vivier en matière de groupe de metal progressif, avec notamment Zen, Arkhè ou encore Evil Wings et Moon of Steel. Aujourd’hui, seul Empty Tremor semble encore actif, fêtant ses dix années de bons et loyaux services. Quels sont selon toi les atouts qui vous ont permis une telle longévité ?
Nous avons bien entendu toujours eu des hauts et des bas, mais nous n’avons jamais perdu notre fil conducteur… Nous sommes tous très proches et je pense que c’est cela qui nous a gardé en vie. Après tant d’années, nous avons eu besoin de faire des pauses, mais nous n’avons jamais baissé les bras. Cela n’aurait pas eu de sens… La passion pour la musique est la clé de voûte du groupe, et nous a permis de garder le cap même dans les moments les plus difficiles.

Comment vois-tu la scène progressive italienne aujourd’hui ? Alors que les années 90 ont permis le développement du style, penses-tu que cette scène a su garder son énergie ou que son avenir reste très incertain ? Quelles-ont été les difficultés que vous avez rencontrées, aussi bien sur le plan national qu’international ?
Je pense que c’est aujourd’hui le monde de la musique en général, tous styles confondus, qui est en crise [NdRC : difficile de savoir si D.L. fait ici référence au fléchissement de la créativité, point souvent relevé dans l’industrie musicale, ou à la vente d’albums]. Nous avons toujours su rester fidèles à nous-même et avons proposé au fil des albums une musique sincère. La musique restera toujours la seule passion qui nous anime, le reste vient bien après. Nous sommes surtout contents aujourd’hui d’avoir le soutient de Frontiers Records, car leur aide nous permet de garder le moral.

Eros and Thanatos faisait tout de suite penser à Dream Theater. Votre collaboration à un album hommage consacré au groupe américain confirmait également vos affinités avec celui-ci. Aujourd’hui, la comparaison vous semble-t-elle toujours flatteuse ou êtes-vous agacés d’être qualifiés de “Dream Theater italien” ? Pensez-vous vous être éloignés de l’influence de ces pionniers du metal progressif sur ce nouvel album ?
Je suis convaincu que nous avons réussi à mettre notre personnalité en avant sur The Alien Inside. Les chœurs, notamment, nous rapprochent un peu plus d’un rock plus traditionnel de type AOR (Adult/Album Oriented Rock), et la voix d’Oliver a également apporté quelque chose de plus personnel, de plus charismatique. The Alien Inside possède une bonne dose d’originalité et s’éloigne selon moi des stéréotypes metal progressif à la Dream Theater.

Quels sont les groupes que vous affectionnez aujourd’hui ? Ont-ils une influences sur la musique d’Empty Tremor ? “Stay” ou encore “I found you” témoignent d’une volonté de vous démarquer du carcan progressif traditionnel. Comptez-vous poursuivre dans cette voie ou préférez-vous limiter les expérimentations ?
Nous écoutons énormément de choses, et les influences seraient impossibles à énumérer. Chacune de nos écoutes a son impact en quelque sorte. Concernant les deux titres dont tu parles, nous avons effectivement voulu approfondir mélodie et musicalité. Mais je crois également que, sur les autres titres, nous n’avons pas négligé l’expérimentation, notamment sur les arrangements de “I found you”.

Empty Tremor propose une configuration assez atypique dans le milieu du metal progressif : il est assez rare en effet de voir deux guitaristes au sein d’un groupe de ce style. D’où vous est venue l’idée d’une telle formation ?
[image4]Le groupe est né avec deux guitaristes, et il n’y a donc aucune raison préétablie. Comme je le disais au début, c’est également une histoire d’amitié plus qu’autre chose. D’un point de vue musical, cela présente cependant des avantages : les deux guitares nous permettent d’explorer des harmonisations plus atypiques, et cela améliore le rendu en concert. Comme tu as pu le remarquer sur de nombreux disques du style, les rythmiques sont souvent doublées, ce qui pose parfois problème en live. Chez nous, tout cela se fait donc de façon naturelle.

Pouvons-nous espérer voir un jour Empty Tremor jouer dans notre pays ? Quels sont actuellement les prochains plans du groupe ?
Nous espérons vraiment pouvoir le faire, cela dépendra principalement des ventes de The Alien Inside. En tous les cas, nous avons la ferme intention de défendre cet album en concert. Espérons que des promoteurs soient du même avis que nous…

Propos recueillis par Julien Negro

site web : http://www.emptytremor.com/

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