Interview

Pete Trewavas

03 Novembre 2003

Pete Trewavas

par Julien Negro

INTERVIEW : PETE TREWAVAS

 

Derniers albums :
Marillion - Anoraknophobia (2002)
Transatlantic - Live in Europe (2003)


Alors que Marillion est en plein enregistrement de Marbles, son prochain disque prévu pour début 2004, et qu’un DVD de Transatlantic est en cours de sortie, Pete Trewavas, bassiste des deux formations, s’est échappé du studio pour nous livrer quelques nouvelles fraîches. Le gentleman nous révèle quelques exclusivités sur ses prochains albums et notamment sur un projet récent qui risque de faire parler de lui...

Progressia : Où en est actuellement l’enregistrement de Marbles ? Avez-vous déjà tout enregistré et comment cela se passe-t-il ?
Pete Trewavas :
Tout ce passe très bien ! Nous avons enregistré tous les « backing tracks » (ndlr : version « démo » de chaque morceau enregistrée « live » par le groupe en studio) et nous avons donc les structures de tous les titres. J’aime beaucoup enregistrer de cette manière car cela permet de capturer quelque chose de vraiment spécial avec le groupe au complet. Nous sommes actuellement en train de tout réécouter sur cassette, ou plutôt sur disque dur puisque nous enregistrons tout grâce à Pro Tools (ndlr : logiciel d’enregistrement pointu), comme la plupart des groupes aujourd’hui. On a également utilisé des instruments et des amplis excellents ce qui nous a permis d’avoir un son chaud de bonne qualité. Nous avons racheté à Roger Taylor (ndlr : batteur du groupe Queen) une ancienne table de mixage qui nous aide énormément pour le mixage de l’album. J’ai encore écouté les morceaux hier alors que je venais enregistrer quelques parties de guitares et ils sonnent vraiment bien.

Tu t’es aussi chargé de la guitare sur l’album ?
Oui ! Hier, alors que j’étais venu pour enregistrer quelques parties de basse, Dave (ndlr : Meegan, producteur de plusieurs albums Marillion depuis bientôt dix ans) était en train d’éditer les structures des morceaux. Nous avons enregistré plusieurs prises pour chaque morceau, et il ne garde que les meilleurs passages. Il essaye plusieurs enchaînements et garde ce qui lui semble le plus intéressant. On fait également ce travail à la maison, chacun de notre côté, et c’est à ce moment que j’ai pensé ajouter quelques passages de guitare, notamment sur le titre « Fantastic place ».

A quoi doivent s’attendre les fans avec cet album ?
A tout ! (rires) Nous nous sommes vraiment diversifiés en ce qui concerne l’écriture. Il y aura à la fois des titres courts, simples mais qui n’auraient pas pu sonner autrement (rires), et des titres plus longs, plus « épiques » comme on dit dans le jargon. Musicalement, je pense que nous sommes revenus vers une atmosphère proche de This strange engine. Le fait que cet album soit un double nous a permis beaucoup plus de libertés, nous avons pour ainsi dire laissé couler la musique et ne nous sommes pas restreints à couper telle ou telle partie de guitare trop longue par exemple. Il y a également un concept derrière tout ça mais il faudra que les fans le devinent par eux-mêmes ! (rires). Honnêtement, les morceaux et les mélodies sont vraiment très fortes, et ceux qui ont aimé Marillion.com ou Anorakophobia sauront l’apprécier.

Votre collaboration avec Dave Meegan est une véritable histoire d’amour ! Depuis quel album est-il à vos côtés ?
Depuis Fugazi en fait ! Nous avons tout de suite aimé sa manière de travailler à l’époque, alors qu’il n’était pas encore producteur. Quelques années plus tard, quand s’est dessiné le projet de Brave, on nous a suggéré de reprendre contact avec lui. Il faut dire qu’au départ, Brave était censé être enregistré rapidement, en deux semaines tout au plus. Comme nous nous sommes trompés ! (ndlr : l’album a finalement été enregistré en France, dans le château périgourdin de Marouatte, prêté au groupe par le propriétaire de l’époque). Et Dave nous a suivis dans cette aventure. Quand nous nous sommes revus à ce moment, il était clair que c’était avec lui que nous avions toujours rêvé de travailler. Il aime accorder l’attention qu’il faut à différentes choses, même si cela doit lui coûter du temps ou de l’argent. Il fait preuve de beaucoup de professionnalisme et c’est vraiment important.

Vous avez, semble-t-il, prévu les choses en grand pour cet album. Une date de sortie est-elle déjà prévue et allez-vous effectuer quelques concerts en France ?
Oui, maintenant que nous avons notre propre label, tout est beaucoup plus simple. Cela nous à permis notamment de planifier un double album. La version limitée ne sera pas vendue avec un livret, mais avec un livre dans lequel figureront tous les noms des fans ayant pré-commandé le disque. La sortie est programmée pour avril 2004 et nous entamerons ensuite une tournée, avec vraisemblablement trois ou quatre dates en France : Paris, Lyon et peut-être Marseille ou Toulouse. Rien n’est encore très précis.

Vous êtes effectivement depuis quelques temps maintenant à la tête de votre propre maison de disque, Racket Records. Quels sont les avantages et les inconvénients d’une telle démarche ? Comment gérez-vous parallèlement le côté « business » et le côté artistique du groupe ?
Cela représente évidemment beaucoup de travail et énormément de choses à prendre en compte : l’enregistrement de l’album, la promotion, la planification de la tournée, etc. Mais cela reste très enrichissant de pouvoir trouver nous-mêmes des solutions sans attendre que le patron de notre maison de disque vienne nous voir en nous disant « désolé les gars, on ne pourra pas faire ça » (rires). C’est un peu ce qui s’est passé pour nous ces dix dernières années. Il y avait toujours une bonne raison pour que quelque chose cloche pour Marillion. Cela nous a démoralisé, nous étions vraiment fatigués de toutes ces excuses.
Tout ça nous prend vraiment beaucoup de temps, et le plus dur a été de trouver un moment pour se réunir et composer l’album. Heureusement, Racket est désormais une petite entreprise, et plusieurs personnes nous aident à gérer le quotidien.

Quand avez-vous finalement décidé de prendre les choses en main ?
Lorsque notre accord avec Castle a pris fin, juste après la sortie de Radiation en 1997. A ce moment, nous voulions vraiment savoir ce que valait Marillion pour les fans, où ils se trouvaient dans le monde et comment on pourrait entrer en contact avec eux. C’est de là qu’est venue l’idée de Marillion.com. Cela nous a permis de monter une gigantesque base de données et, crois-le ou non, Marillion possède maintenant un des plus gros fan-clubs qui soit ! Même Robbie Williams a un fan club plus petit que le nôtre ! (rires) Nous voulons vraiment essayer de rester proche de nos fans, comme une grande famille.

C’est d’ailleurs ce qui a permis de mettre votre tournée américaine sur pied cette même année...
Oui, c’était vraiment incroyable ! (ndlr : le groupe ne pouvant se permettre de tourner aux Etats-Unis pour d’évidentes questions budgétaires, les fans ont réuni plus de 60.000 $ et ont organisé l’intégralité de la tournée nord américaine). Nous n’y avons vraiment pas cru, même lorsque nous avons reçu le courrier d’un fan nous expliquant l’organisation de la tournée et que toutes les dates avaient été bouclées ! Cette expérience nous a vraiment fait réfléchir et est un peu à l’origine du concept de Marbles (ndlr : les personnes intéressées peuvent précommander l’album sur le site du groupe afin de les aider à financer son enregistrement. En échange, leur nom figurera dans le livre vendu avec l’édition limitée).

Une dernière question concernant Marillion : il semble que de nombreux groupes retrouvent leurs chanteurs d’origines ces temps-ci. Bruce Dickinson est revenu dans Iron Maiden, Rob Halford a rejoint Judas Priest, est-ce que le retour de Fish au sein de Marillion est également programmé ? Plus sérieusement, comment appréhendez-vous les rumeurs constantes entourant son retour ?
En tous les cas, rien n’est prévu dans un futur proche ! Je ne suis pas contre son retour dans Marillion, mais une chose est certaine, il ne devrait sûrement pas être question d’argent. Dans le cadre d’une célébration, par exemple, il n’y aurait certainement aucun inconvénient. D’un autre côté, les rumeurs vont et viennent et seront toujours là, il faut obligatoirement faire avec. Nous sommes très fiers de ce que nous avons accompli avec Steve (ndlr : Hogarth, le chanteur actuel du groupe) et les rumeurs n’y changeront rien.

Transatlantic va bientôt sortir un « live » en CD et DVD. Pourquoi cette sortie alors que le groupe ne possède que deux albums studio à son actif ?
Dès l’enregistrement de Bridge across forever, il était certain que nous allions enregistrer un témoignage de la tournée. La précédente vidéo n’était pas vraiment bien distribuée et celle-ci permettra aux fans qui ne nous ont jamais vus en concert de voir un autre aspect du groupe. Le concert filmé est celui de Tillburg (Hollande) en 2001, qui fut une excellente expérience. Si tu écoutes le pirate de ce concert, tu verra d’ailleurs qu’il y a quelques erreurs que nous avons du corriger (rires), mais ce « live » reste tout de même authentique à 99% !

Neal Morse nous confiait, il y a quelques temps, quitter non seulement Spock’s Beard mais également Transatlantic, et Mike Portnoy semblait définitivement vouloir ne pas continuer sans lui. L’histoire du groupe est-elle belle et bien finie aujourd’hui, ou seriez-vous tous prêts à reprendre le flambeau avec quelqu’un d’autre ?
Oh non, je ne pense vraiment pas. Pour tout te dire, je ne me sentirais vraiment à l’aise qu’avec la formation telle qu’elle a toujours été, Neal, Roine, et même Daniel ! (ndlr : Gildenlöw, chanteur et guitariste du groupe suédois Pain of Salvation, qui avait participé à la dernière tournée de Transatlantic en tant que guitariste, percussionniste et choriste). J’ai vraiment beaucoup apprécié sa présence. Nous avions vraiment besoin de quelqu’un sur la tournée, il y avait tellement de musique sur cet album ! C’est un garçon vraiment adorable et très apprécié du public. Mais pour en revenir à ta question, je crois que les fans ne devraient pas trop compter sur le retour du groupe (rires).

En 1996, tu as collaboré au projet IRIS mené par Sylvain Gouvernaire (ex-Arakeen). Un nouvel album est-il prévu, ou as-tu actuellement d’autres projets en dehors de Marillion ?
Non... Non ! (ndlr : cela lui était visiblement sorti de l’esprit et Pete semble alors très surpris de ne pas avoir de nouvelles concernant Iris). J’ai parlé à Sylvain il y a quelque temps, et il m’a proposé de faire à nouveau partie de son projet, mais depuis je n’ai plus de nouvelles ! (rires). Actuellement, je travaille sur un nouveau groupe avec John Mitchell (guitariste d’Arena), John Beck (clavier du groupe It Bites) et Chris Maitland (ancien batteur de Porcupine Tree). Nous sommes en train de composer et d’enregistrer les démos de quelques titres. J’espère que ce groupe deviendra un vrai projet et pas seulement un petit groupe parallèle. L’album devrait sortir en début d’année.

Le groupe a-t-il déjà un nom ?
Un nom plus ou moins officiel que nous a donné le site silhobbit.co.uk : The Arm Band. Ils proposent deux extraits sur leur site, qu’ils nous ont pour ainsi dire subtilisés ! (ndlr : alors que John Mitchell était parti faire un tour aux toilettes, un journaliste du site à « volé » ces deux morceaux sur son ordinateur !). Nous étions vraiment énervés au début, mais la réaction des fans a été excellente et ça nous a calmé un peu (rires). (ndlr : ces fameux extraits sont disponibles ici – cherchez bien dans la page !). Il y a une excellente alchimie entre nous et les morceaux sonnent vraiment bien.

As-tu quelques choses à ajouter pour les fans de Marillion et Transatlantic ?
Oui ! Attendez Marbles de pied ferme, car il va être vraiment excellent ! (rires) A bientôt !

Propos recueillis par Julien Negro

sites web :
http://www.marillion.com - http://www.transatlanticweb.com

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