Interview

Ellipsis

16 Avril 2003

Ellipsis

par Djul

INTERVIEW : ELLIPSIS

 

Origine : France
Style : Metal Progressif
Formé en : 1993
Line-up :
Emmanuelson – chant, claviers
Fla Eklektika – basse, claviers
Man X - batterie
Phil Arms’s - guitare
Khallys – claviers
Dernier album : Comastory (2003)

Rencontre avec Ellipsis, groupe dont nous avons chroniqué le dernier album, Comastory, et dont nous vous avons rapporté la prestation lors de son passage à la Locomotive en compagnie d’Opeth. L’occasion pour nous de revenir sur la musique originale du groupe et sa longue histoire.

Progressia : Pouvez-vous brièvement rappeler à nos lecteurs votre parcours, en studio et sur scène?
Emmanuelson :
Nous avons sorti deux démos, l’une en 1995, Water’s Peacemaker et Immortal Pleasure en 1997. En 1999 est sorti Build The Nation, un quatre-titres qui nous a permis de sortir de l’anonymat par des réactions positives et abondantes de la presse. Scéniquement, nous avons fait beaucoup de petits concert en France, mais rien de fabuleux jusqu’à cette tournée en ouverture d’Opeth.

Comastory, votre nouvel album, s’apparente à un concept, mais il est difficile d’en saisir la teneur. Pouvez-vous nous en donner les grandes lignes ?
Effectivement, Comastory est un concept-album. Il retrace la vie d’un homme ordinaire qui, après un accident de la route, va plonger dans un coma profond dans lequel il vit une sorte d’aventure intérieure, dans sa conscience et son inconscience. Il va rencontrer un guide, Fortuna, qui lui fait découvrir le monde des « Bio-Dream » et des « Invisibles », deux peuples qui vraisemblablement s’affrontent pour se nourrir du coma des hommes. Il va malheureusement goûter à la torture mentale et aux désillusions de ce monde… Il s’apercevra au final qu’il n’a été qu’un vulgaire sujet d’expérience, un cobaye pour deux peuples qui n’en sont finalement qu’un. Voilà une brève description de l’histoire de Comastory. Le traitement textuel tient pour une certaine partie de l’abstrait, mais n’est pas sans rapport avec les grandes lignes directrices de notre société.

Musicalement, les influences d’Ellipsis sont très variées : on pense tour à tour à Faith No More, Queensrÿche ou Symphony X. Quelles sont vos réactions quand on cite de tels groupes ? Avez- vous d’autres groupes en tête dont vous revendiquez l’influence ?
Nos réactions sont très positives car ces derniers sont des groupes que nous adorons. De plus, ils ont, du moins pour les deux premiers (Faith No More et Queensryche), été des pionniers musicalement parlant, ils ont pris des risques commerciaux en sortant des sentiers battus et se sont imposés comme deux des plus grands groupes jamais créés. Pour ce qui est des autres influences : Dream Theater, Mr Bungle, Devin Townsend, Tool, Pain Of Salvation, Nevermore, Type O Negative, Waltari, Praxis, Buckethead, Arcturus, Voivod… en sont quelques-unes.

On trouve pourtant sur Comastory une certaine homogénéité dans les titres (mid-tempo, chant très en avant, rythmique solide), et il semble qu’Ellipsis cherche avant tout un style bien à lui…
Il est vraiment important de se démarquer des autres groupes quand on voit à quel point le marché du disque est saturé. Nous n’avons pas pour autant fait de compromis musical et nous suivrons toujours nos propres vibrations. Quant à l’homogénéité des titres, il est vrai que nous avons fait attention à obtenir des titres variés mais avec un feeling qui se devait d’être unique. Il est toujours très dur quand un album se termine, d’avoir le recul nécessaire pour voir si ce dernier ne s’éparpille pas trop de titres en titres, surtout quand tu veux exploiter plusieurs facettes musicales. Nous sommes satisfaits du résultat final, même si tout n’est pas parfait, notamment au niveau de la production.

Comastory contient de nombreux passages épiques, comme sur « Mechanic Ellipse » ou « Bio Dream Generation ». Est-ce aussi une des marques de fabrique d’Ellipsis ?
Tout à fait : nous aimons ces marques musicales grandiloquentes et insaisissables, nous aimons surprendre l’auditeur, le faire voyager dans des empreintes sonores inhabituelles et effectivement épiques…

Les claviers sont assez en retrait, au profit des guitares, ce qui peut paraître étonnant puisque votre musique sonne assez moderne. Allez-vous plus explorer cet instrument dans le futur ?
Je ne trouve pas que les claviers soient en retrait, du moins pour les titres où ils sont le plus utilisés. Sur d’autres titres, ils apparaissent en tant qu’arrangements et pas en tant qu’instrument à part entière donc ils sont là, plus en arrière pour laisser l’avantage aux guitares. Nous allons, avec Khallys, notre nouveau membre et clavier à part entière, pouvoir utiliser une facette différente du clavier, avec un vrai musicien et son instrument, ce qui n’était pas mon cas. De plus, Khallys est un fan d’electro-metal et nous pensons déjà utiliser quelques arrangements avec samples et boucles.

Le chant a une grande importance chez Ellipsis, que ce soit en studio ou en live. C’est un aspect que vous travaillez particulièrement ?
Non, pas particulièrement, d’autant plus que j’avais pour le studio des claviers à faire, quelques basses et des guitares. Je n’ai d’ailleurs pas pu travailler le chant comme je le voulais, j’avais bien trop de choses à penser et nous avions peu de temps en studio. Cela m’a contraint à ne faire pratiquement que des premières prises vocales et j’ai dû travailler les autres voix (les arrangements de ces dernières) un peu trop vite. Je veux en tout cas me rattraper pour le prochain album. Pour ce qui est du live, le feeling et la rage sont mes deux leitmotivs.

Un des reproches faits à Comastory est sa production, pas toujours à la hauteur de vos ambitions. Pensez-vous pouvoir y remédier dans le futur, grâce à de nouveaux moyens ou à une expérience plus approfondie en ce domaine ?
Il est clair que nous voulons une production digne de ce nom pour le prochain album, nous avons d’ailleurs déjà quelques idées mais à voir… La production de Comastory a été réalisée dans un studio grenoblois compétent, mais avec un matériel peut-être trop limité. Nous n’avons du coup pas pu masteriser où nous voulions. Du début à la fin nous avons travaillé dans l’urgence. Or nous devions enregistrer près de chez nous pour gagner le temps des distances et les inconvénients de ces dernières. Donc au final, nous avons un son moyen mais qui nous a permis de mûrir et de ne pas faire les mêmes erreurs pour le prochain opus. Mais ceci dit, certain membres du groupe apprécient tout particulièrement ce petit côté « roots ».

A ce propos, quels sont les plans pour 2003-2004 ? Doit-on s’attendre à une longue période de mise en veille du groupe, comme entre fin 1999 et 2002 ?
Contrairement au laps de temps entre Build The Nation et Comastory, le prochain album sera sûrement aussi conceptuel. Il est intitulé pour l’instant « From Beyond » et verra le jour début ou milieu 2004. Nous ne voulons pas perdre de temps et il est très important pour nous de présenter un autre album rapidement.

Pouvez-vous nous parler de la formidable opportunité qui vous a été offerte d’ouvrir pour Opeth, et des réactions recueillies lors de cette mini tournée ?
Nous avons été enchantés de faire cette mini-tournée avec Opeth et Madder Mortem, deux groupes talentueux et originaux. Nos premières dates, notamment Paris et Lyon ont été dures pour nous, car il est toujours stressant de jouer devant un public qui ne connaît pas ta musique. De plus, scéniquement parlant nous manquions un peu d’expérience et le trajet de Grenoble à Paris nous a tués. Mais au final, nous ne sommes pas mécontents, nous avons été surpris de l’accueil positif du public. De plus les trois autres dates ont été excellentes, avec une organisation et un public inespéré. Les musiciens de Madder Mortem sont des gens gentils, discrets et talentueux et ceux Opeth de vrais babs. Notre plus grand compliment d’ailleurs réside dans le fait que le batteur d’Opeth est venu nous demander un CD et nous a proposé de faire dans le futur d’autres dates avec eux. Mikael Akerfeldt est aussi venu nous voir pour nous féliciter et nous a dit qu’il appréciait particulièrement Ellipsis. Venant d’un tel musicien, nous sommes particulièrement motivés pour faire encore mieux dans le futur…

Propos recueillis par Djul

site web : http://www.ellipsis-music.com

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