Dossier

Oceansize

21 Novembre 2003

Oceansize

par Djul

DECOUVERTE : OCEANSIZE

 

Origine : Grande Bretagne
Style : Post Rock / progressif
Formé en : 2002
Line-up :
Mike Vennart – chant/guitares
Gambler - guitares
Jon Ellis - basse
Steve Durose – guitare/chant
Mark Heron - batterie
Dernier album : Effloresce (2003)

Afin de continuer à œuvrer pour l’ouverture d’esprit en matière musicale, Progressia vous propose un nouveau rendez-vous mensuel : la Découverte a pour objectif de donner un coup de projecteur sur un groupe qui a attiré l’attention d’un de nos rédacteurs, et qu’il souhaite faire découvrir. Pour ouvrir le bal, Julien se propose de vous initier à Oceansize, un quintette qui porte bien son nom !

On le sait depuis des années, la « hype », cette tendance si « branchée » faite de bruits de couloirs répandus par des attachés de presse de tous bords et des journalistes élogieux sur un groupe avant d’en avoir entendu la moindre note, a souvent tort. L’expérience nous indique également que lorsqu’elle vient de l’autre extrémité du tunnel sous la Manche, il faut s’en méfier encore plus. Depuis trente ans en effet, les Anglais ont la fâcheuse tendance d’étiqueter « meilleur groupe de rock de l’année » une … dizaine de groupes de leur pays, comme pour oublier que leurs cousins américains ont, au moins en terme de notoriété, deux tubes d’avance depuis les années 80. Le tout en pure perte : la plupart de ces formations disparaissent corps et âmes après un, voire deux albums.

L’amateur consciencieux est donc quelque peu circonspect quand on lui présente Oceansize, groupe mancunien, comme le dernier d’une longue lignée d’artistes révolutionnaires. Et pour une fois, il aurait tort de ne pas y croire… Formé en 2002, et déjà auteur de quelques EPs et de tournées dans leur pluvieux pays, les cinq musiciens - dont trois guitaristes - ont signé un contrat avec Beggars Banquet, la maison-mère de nombre d’artistes indépendants prestigieux, de Bauhaus à Dead Can Dance (sur 4AD) ou des Tinderstincks à Swell. Oceansize s’intègre parfaitement à cette lignée de groupes non-conformistes, avec des influences des plus variées : Pink Floyd, Black Sabbath, Can, Jane's Addiction, The Beach Boys et Tortoise. Tout un programme donc, à haute teneur progressive, d’ailleurs revendiquée par le groupe.

C’est en septembre 2003 que sort Effloresce, un album long et sombre de soixante-quinze minutes pour douze titres. Dès la première écoute, on pense à Tool, avec des riffs ravageurs (« Catalyst ») et un son particulièrement âpre, concocté par Chris Sheldon (Foo Fighters). La voix de Mike Vennart sonne parfois comme celle de Maynard, même si on y décèle aussi du Jeff Buckley (en moins impressionnant) ou du Thom Yorke (Radiohead). Musicalement, Oceansize reste également proche de groupes comme Mogwaï, avec un goût prononcé pour les instrumentaux psychédéliques (« I am the Morning ») et les voix vocodées (le ravageur « One day all this could be yours »).

Mais comment ne pas souligner les moments purement progressifs de ce disque : « Massive Bereavement » est un pavé de dix minutes en forme d’hommage à peine caché à King Crimson et ses entrelacements à trois guitares, tandis que les autres titres épiques du quintette (« Women who love men who love drugs » et « Saturday morning breakfast show ») proposent des arrangements à cordes, des chœurs féminins, et surtout des surprises à chaque écoute ! Le reste de Effloresce n’est pas en retrait, avec des compositions soit efficaces (le surpuissant « Amputee ») soit calmes (« Rinsed », très Sigur Ros, « Unravel », avec son sample de… Maurice sur fond de Massive Attack !). C’est bien simple, il n’y a rien à jeter, pourvu que l’on soit ouvert aux nouvelles tendances des musiques indépendantes !

Ce qui différencie sans aucun doute Oceansize des Muse, Radiohead et consorts, c’est surtout l’absence de bride. Quand le groupe joue fort, c’est un vrai mur de son, tandis sur les passages plus planants, il offre une instrumentation riche et des titres complexes (n’attendez pas cependant des solos de toute part !). Les mélodies et la cohérence d’ensemble - l’album est très sombre - font le reste.

Il est étonnant et rare de trouver un groupe qui a tant à dire, et qui le dit de manière si personnelle et construite, dès son premier album. En ce sens, le mot « révélation » n’est en aucun cas galvaudé pour qualifier Oceansize, qui mérite amplement l’attention portée sur lui en ce moment. Il est aussi rassurant de voir se manifester des groupes purement rock qui, sans claviers, sans technologie ou gimmicks, arrivent encore à surprendre et à atteindre ce niveau de qualité.

On espère qu’Oceansize aura également l’occasion de franchir la Manche pour proposer ses titres sur scène, la réputation du groupe étant là encore dithyrambique, même si, comme pour Effloresce, il faudra l’entendre pour le croire !

Djul

site web : http://www.sizeofanocean.com

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